‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 64 sur 194 · I. A.MOIU. — II. MAUlMiL. - LA MATKUMTK. OUI · texte numérisé non relu

I. A.MOIU. — II. MAUlMiL. - LA MATKUMTK. OUI

iIesî>ons, sur lo clianno irainier ou d'être aimé, et encore sur le désir de plaire, parce que ce sont des juges très-éclairés sur nue partie des choses qui constilueut le mérite [)ersonnel. Ce désir général de plaire produit la galanterie, qui n'est point l'amour, mais le délicat, mais le léger, mais le perpétuel mensonge de Tainour.

J. .1. Rousseau protesta à son tour :

SB Jai peine à concevoir, dit-il, comment on rend assez, peu d'honneur aux l'eunnes, pour leur oser adresser sans cesse ces fades propos galants, ces compliments insultants et moqueurs, auxquels on ne daigne |)as même donner un air de lionne loi ; les outrager par ces évidents mensonges, n'est-ce pas leur déclarer assez nettement qu'on ne trouve aucune vérité obligeante à leur dire? Que lamour se fasse illusion sur les qualités de ce qu'on aime, cela n'arrive que tro[) souvent : mais est-il (piestion d'amour dans tout ce maussade jargon"/ deux ménie qui s'en servent, ne s'en servent-ils pas également pour toutes les femmes, et ne seraient-ils pas an désespoir qu'on les crût sérieusement amoureux d'une seule? Qu'ils ne s'inquiètent pas. 11 faudrait avoir d'étranges idées de l'amour pour les en croire capables, et rien n'est plus éloigné de son ton que celui de la galanterie,

® Rien n'était si gênant autrefois, dit madame de Puisieux, que la galanterie et la politesse. Les hommes s'en sont défaits; les femmes se sont habituées peu à peu à une liberté qui n'est pas fort respectueuse, mais dont elles s'accommodent faute de mieux. On ne dit plus en tremblant à une fennne qu'on l'aime ; cet aven ne fâche plus, et souvent on leur manque de respect avant qu'elles se soient aperçues qu'on les aimait. Je ne m'étonne plus de la longueur des liaisons, et de la façon dont elles finissent.

Ailleurs, le même auteur dit encore :

® L'art de parler linement galanterie, ou de dire des choses obligeantes û une fennne, n'est que celui de paUier un mauvais dessein.

ut LA JALOUSIE.

® Un dit que la jalousie est amour; je le nie, car, quoique l'amour en sorte comme la cendre fait du feu, il est certain néanmoins que la jalousie éteint l'amour comme les cendres éteignent le feu. Margueuite dl Navakhe.

502 LKS I I M.MKS I» AI'UKS |J;S AUTELUS ll'iA.NÇAlS

^ La jalousie t'sl clo toutes les maladies d'esprit celle à (|iii |)lus de cliose: servcut d'aliment, et moins de choses de remède. Momaigine.

^ Un jaloux trouve toujours plus (pi'il ne clierclie. .M"" ni; Scudéui.

^ La jalousie est un accident iuséparahle et l'ortuit de Tamour.

Vorrif.i:.

F^ ... La jalousie... eiileiuis-tii hicii, Georgetlc'.'

Lsl une chose... là... (pii ihit (iiiou s'inquièle, Lt (jui chasse les gens d'aiilour (rmic maison. Je m'en vais te hailler une com[)araison, Afin de concevoir la chose davantage.

Dis-moi, n'esl-il pas vrai, ({uand tu tiens ton potage. Que, si quelque affamé venait pour en manger, Tu serais en colère et voudrais le chargei?

... C'est justement tout comme.

La fenmie est, en effet, le potage de l'homme; Et, quand un homme voit d'autres hommes parfois Qui veulent dans sa soupe aller ti'emper les doigts, 11 en montre aussitôt une colère extrême.

® Partout la jalousie est un monstre odieux, Rien n'en peut adoucir les traits injurieux, Et, plus l'amour est cher (pii lui donne naissance, Plus on doit ressentir les couits de cette offensi3.

^ C'est aimer iioidement que n'être point jaloux.

E^ ... Témoigner de l'omhi'age.

C'est jouer en amour un mauvais pi^rsonnage, Et se rendre, après tout, misérahie à crédit.

^ ... L'amour des jaloux est fait comme la haine.

^ En tous temps, en tous lieux et de toutes façons, Un jaloux, malgré lui, déouvre ses soupçons.

MOLIÈRK.

Oui.NAUi/r.

g3 La jalousie est le pUis grand de tous les maux, et celui (|iii l'ait le moins de j)ilié aux |tersounes qui le causent.

£83 11 y a dans la jalousie |dus d'aunnu-piopre (pic d'annuir.

®î La jalousie liait toujours avec ramour ; mais elle ne meurt pas toujours avec lui. I-a |{oi;iii:i'oi'(;Ari.i).

E8j La jalousie est raliinenl et le poiscui de rainoui. C'est elle ipii l'ail l<'^ é|)oux délicats (il les épouses emjjortéi's. (Jiiaiid elle est douce et uiod(''iée, ou ne l'eii- U'Au\ se plaimlre (juavec rcleiiiK!, on ne la \oil >oup(;oiuier ipi'avec pircautiiui.

L AMOIR. - LK MARIACK. — LA MMKUMTK. 505

Aussi enfant quo rAinoiir, elle >(> jour avtr lui cl le (onijic en l);uliuanl; c'est sous cette forme, c'est sous ces traits qu'il faut Tadmeltre dans un commerce tendre. Fuyez-la (juand, sur les pas des Furies, elle se précipite un poignard à la main; ipiaïul elle L;éiui(, quand elle hurle auprès du tombeau qu'elle a creusé, et qu'elle mêle son sang avec celui qu'elle a fait répandre. Astrée inquiète est bien plus aimable cpie Mêdée furieuse. Il faut être délicat et jamais jaloux ; la délicatesse est toujours tendre; la jalousie est souvent cruelle. Ue Heums.

^ La jalousie est une passion qu'on peut avoir, mais qu'on doit taire.

MONTESQUIECT.

£«3 Fn homme n'est jamais plus disposé à pester contre les femmes en général, (pie lorsqu'il sait que celle qu'il aime écoute agréablement les douceurs que d'autres lui disent; qu'elle s'engage volontiers à un léte-à-téte; qu'elle se divertit fort bien où il n'est pas. Il voudrait que, dès qu'une femme a lié avec lui une intrigue d'amour, elle regardât de haut en bas tons les autres hommes, et rejetât dédaigneusement toutes leurs cajoleries, et devhit, ta leur égal, chagrine, incivile, farouche, brutale; et quand il voit tout le contraire, comme cela lui arrive assez souvent, il se dépite, et il s'emporte avec si peu d'équité, qu'il faut que tout le -beau sexe en pâtisse. Il se déchaîne contre toutes les femmes; il les accuse toutes d'être coquettes essentiellement; et, s'il faisait alors une logique et qu'il en fût au traité des Universoux^ il donnerait la coquetterie pour le proprhim quarto modo du sexe féminin... C'est donc la jalousie qui le fait tant déclamer, nonseulement sur la femme infidèle, mais aussi sur toutes les femmes en général, comme si la coquetterie en était inséparable. Bayi.e.

^ La jalousie en tous les cœurs domine !

L'homme est jaloux dès qu'il peut s'enflammer; La femme l'est, même avant que d'aimer. Fn jeune objet, beau, doux, discret, sincère, A tout son sexe est bien sûr de déplaire.

Voltaire.

^ On croit que la jalousie marque beaucoup d'amour; mais l'expérience prouve t^ue l'amour le plus violent est ordinairement le moins soupçonneux. La jalousie ne prouve qu'un amour faible, un sot orgueil, le sentiment forcé de son peu de mérite, et quelquefois un mauvais cœur. L'amour, chez les hommes, ne vit que d'amour-propre, il n'y a que des jaloux d'orgueil. Duci.os.

® Quelle passion ! ({uelle triste et cruelle passion que celle de la jalousie ! I)'abord ressemblant à l'amour, dont elle a reçu la naissance, elle est douce, tendre et timide; honteuse d'elle-même, elle se cache et dévore en secret le fiel qui la consume. Mais tout à coup elle se dresse et s'élance, comme un serpent gonflé de son propre venin. Et qu'est-ce qui l'irrite? bien souvent on l'ignore. D'autant plus redoutable que l'appaience la plus faible et l'indice le plus léger en est le germe le plus imperceptible, et cpriine fois jeté dans l'âme, ce germe empoisonné change tout en poison. Marmoîstei.;-:

rm LES FTMMKS D'APHÈS LES AUTEURS FRANÇAIS

^ La jalousie est une passion furieuse, qui ne laisse ni repos, ni tran(|uillité à ceux qui en sont possédés, et qui fait à coup sûr le malheur au moins de deux personnes. C'est le poison de l'amour : elle met le désordre dans une famille, elle rend injuste, vindicatif, cruel. Quand une fois une personne est jalouse, elle n'agit plus que comme une insensée; toutes ses démarches, tout ce tprelle dit, tout ce (ju'elle fait s<' sent du dérangement de sa tète. L'amour n'a jamais subsisté sans un peu de jalousie, mais il faut savoir la cacher; en montrer à ce (pie l'on aime, c'est lui marquer peu de confiance; l'on n'a jamais conservé les cœurs avec de la mauvaise humeur. M'"" de Puisikux.

^ La jalousie, qui semble n'avoir pour objet que la personne qu'on aime, prouve cependant mieux que toutes les autres passions que l'on n'aime que soimême.

® La jalousie semble annoncer sans cesse qu'elle veut cacher un trésor qu'on peut enlever avec facilité. Et. Cœnilhé.

^ La jalousie tient plus à la vanité qu'à l'amour. M'"" de Staël.

^ La jalousie est parmi les passions ce qu'est parmi les maladies la rage : la plus inconcevable dans son principe, la plus difficile à guérir, là plus funeste dans ses effets.

Ce n'est que d'un extrême amour que peut naitre une extrême jalousie. L'homme qui aime ainsi abandonne à l'objet qu'il adore toutes les affections, toutes les facultés, tout le bonheur de son être. Le soupçon ou la certitude, poui" lui, c'est la même chose; le soupçon qui lui ravit cet objet l'arrache à lui-même, et par le plus profond, le plus sensible de tous les déchirements. La vengeance de Nessus, le supplice de Prométhée eu otTr(Mit à peine une assez vive image.

DiDEKOT.

e^ Pour cette inquiète passion qui s'appelle jalousie, qui n'est que la crainte d'être aimé moins, je soutiens qu'il n'y a qu'un faible amour <|ui en soil exeuqtt.

Mirabeau.

® La jalousie est désobligeante. On la dit fille de l'amour et de la déli<'atesse; ne le serait-elle pas plutôt de l'orgueil et de la défiance? Klle sup|)ose une crainte d'êlre trompé qui s'accorde mal avec l'objet (pi'oii a choisi conune le plus digne de son allachement. M""" Ukxoiiom.

f^? L'iiiiioiir, par s(!S douceurs et ses lurcius rlraiijies. Offre aux amants lo ciel et rouler loiir à tour ; La jalousie est la sœur de l'ainour, Coiimie le diahle est le frère des anj^es.

Hoiin i.i.lis.

® La jal(tn>iie s'esl glissée à l'anlel de j^a/.on où Ion iinmolail le elievreau ;

C'ati m :i

i;atherine

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