I.AMOlli. - l.K MMlIAlli:. — l.V M.\H.I\,MTi:. Ô.M
L iiil'orluiuV se plainl-cllo? (vous diniloiil los l'ommes) cesl ciuoic |>is : ce linitalsen oITense. Se révoUe-t-elle à force de récidives? Elle est perdue: les lois ratleiuleiil pour la condamner, pour la punir de n'avoir |>as la force de mourir dans le silence.
(jue huit-il donc quelle fasse? llélas ! lui dira-t-on, cela est hien j'àciieux; tache/ de prendre patience ; vous n'avez de ressources (pn> dans vos vertus ; el c'est connue si on lui disait : Souffre, pleure, gémis, soupire, pratique des vertus inq>ratical)le<, et tâche de traîner ainsi jusqu'à la mort, d'attraper le mieux que fn pourras la lin de ta vie; voilà tous les remèdes qu'on sache à ta peine, la patience et la mort.
Qu'on nous cite un seul article où nous ne soyons pas maltraitées? ajouteront les feumies : car ce sont toujours elles que je fais parler.
Lue femme se comporte mal; elle a des amants : elle trahit la fidélité conjugale. Point de cpiartier pour elle : on l'enferme, on la séquestre, on la réduit à une vie dure et frugale, on la déshonore, et elle le mérite.
Mais que faif-on à un mari qui est infidèle, qui a des maîtresses, qui vit avec elles, qui ruine, pour elles, lui, sa femme et ses enfants? Que lui fait-on, le voilà dans le cas où on enferme sa femme?
Remanpiez que cette femme a caché son libertinage autant quelleTa pu; elle était même hypocrite, de peur d'être scandaleuse. Son vice était timide, il se sauvait dans les ténèbres, à peine en a-t-elle joui.
Jetez les yeux sur un mari infidèle. Y a-t-il rien de plus effronté que son libertinage? l'rend-il quelques mesures pour le cacher à sa femme? Eh ! qu'importe qu'elle le sache? 11 en sera quitte pour la voir pleurer. Le cachera-t-il à ses amis? Ils n'en feront que rire. Aux indifférents? Que lui diront- ils? N'est-il |)as le maître de ses actions? Ne lui est-il pas permis de corronq)re les mœurs, et lie donnçr des exemples de vices? Bagatelle que tout cela.
.Mais sa femme est punie encore une fois. Eh! que lui fait-on? Nous le demandons. Que lui en arrive-t-il?
Où sont les maris qu'on enferme, qu'on séquestre? Sont-ils seulement déshonorés dans le monde'' Point du tout.
Monsieur un tel est un homme qui se dérange, dira-t-on. Sa femme est aimable, sa maîtresse ne la vaut pas.
Qu'est-ce que cela signifie, sa femme est aimable? Est-ce là tout ce qu'il y a à dire?
Et quand lui-même n'est qu'un magot, qu'il est laid de visage et d'espiit, vous ne pardonnez pas à cette aimable femme de le trahir ; pendant que vous lui pardonnez, à lui, de la trahir avec éclat, tout aimable qu'elle est. Cette injustice-là passe toute imagination. Mariv.\ux.
Jean-Jacques Rousseau, lui, ne transige ni avec le mari ni avec la iemme :
se Ce n'est pas seulement l'intérêt des époux, mais la cause commune de tous les hommes, que la pureté du rnariai^e tu- soit poitil altérée. Chaipie l'ois
:.(i(l I.KS I K.MMKS D'APHKS LKS Vl TKLHS FRANÇAIS.
<|iie deux époux s'unissent par un nœud solennel, il inteivi(Mit un en^a^cnicnl tacite do tcuit le genre humain de respecter ce lien sacré, d'honorer en eu\ l'union eonjuj^ale ; et c'est, ce me semble, une raison très-forte contre les mariages clandestins, qui, n'offrant nul signe de cette union, ex[)oscnt des cœurs iimocents à brûler d'une flamme adultère. Le public est, en quelque sorte, garant d'une convention passée en sa présence; et l'on peut dire que l'iionncnr d'une femme pudique est sous la protection spéciale de tous gens de bien. Ainsi, quiconque ose la corrompre pèche : premièrement, |)arce qu'il fait pécher, et (pi'ou partage toujours les crimes (ju'on fait commettre; il pèche encore directement lui-même, parce qu'il viole la foi publique et sacrée du mariaye, sans lecjuel rien ne peut subsister dans l'ordre légitime des choses humaines.
M. Michelet juge très-sévèrement la (juestion :
E^ l/adultère de la fenune et l'adultère du mari sont-ils également coupables'.' Oui, comme déloyauté, violation de l'engagement. Non, sous mille autres rapports.
La trahison de la fenune a des conséquences énormes que n'a pas celle de 1 honune. La femme ne trahit pas seulement, elle livre Ihouncur et la vie du mari ; elle le fait chansonner, montrer au doigt, sitfler, charivariser ; elle le met au hasard de périr, de tuer un homme ou de rester ridicule : c'est presque la même chose que si elle donnait le soir la clef à un assassin.
Il sera assassiné moralement tout le reste de sa vie, ne sachant jamais si l'enfant est bien son enfant, forcé de nourrir, de doter une progéniture équivocpu', ou de donner* au public l'amusement d'un procès, dans lequel, gagnant, j)erdant, il assure toujours à son nom une illustration de risée.
Il est insensé de dire que la fenune n'a pas plus de responsabilité (pie l'homme. Lui, il est une activité, une force qui soutient la famille; mais elle, elle en est le cœur. Seule elle en sait le mystère. Seule elle garde le secret de la religion domesti(pie, le titre qui fait tout l'avenir. Seule elle peut affirmer la légitime liérf'dité. Un mensonge de l'épouse peut fausser l'histoire pour mille ans.
lioisle a dit :
^ Les époux inlidèles se jou(înt l'un de l'autre, et le mépris se joue d'eux.
Puis, Octave Feuillet :
^ Si l'infidélité d'une femme met le trouble dans sa famille, les infidélités des hommes ne mettent-elles pas le désordre dans la famille des autres".' Quoi qu'il (!n soit, ce n (!st pas d'aujourd hui (pTexiste « cet accident. »
Qu'en leur vieux langage, iNos pères, tout crûment, appelaient, c...uagc.
Emile Aijgier.
Et (jiie llal/ae appelle ; la j>vcdetitinalion.