I. AMOUH. — Li: MMllUli;. — LA MATEKiNlTli
On a essayé «l'oblonir celte chose contre nature par la peur de l'enfor et les sentiments religieux; l'exemple de l'Espagne et de l'Italie montre jusqu'à quel point on a réussi.
Ou a voulu l'obtenir eu Irauoo p;u' l'opiuioji; c'était la seule digue capable de résister, mais ou la uial ctMislruile. Il est absurde de dire à nue jeune lille • « Vous serez lidèle à l'époux de votre choix ; » et ensuite de la marier par force à un vieillard euuuyeux.
Il n'y a qu'un moyen d"(d)teuir plus de fidélité des leuuues dans le mariage : c'est de donner la liberté aux jeunes tilles et le divorce aux gens mariés.
En fait de raisons, eu voici une singulière :
® L'honneur d'une lille est à elle : elle y regarde à deux fois; l'honneur d'une (emme est à son mari : elle y regarde moins. Mercier.
On a souvent trouvé que c'était la faute du mari, — de l'état de mariage luimême. Que le lecteur discerne .
® II n'est pas surprenant qu'une femme irréfléchie trouve dans un honmic qui lui fait la cour plus d'amabilité que dans son mari, lors même que cet honuue en a généralement moins. Outre ce qu'il y a de plus séduisant dans une nouvelh* progression de sentiments, le mari ne peut plus être aimable à la manière d'un étranger; il se trouve dans un autre rapport avec sa femme, et c'est selon ce lapport-là qu'il doit se conduire. De plus, le soin d'être aimable ne peut l'occuper beaucoup; il a bien d'autres sollicitudes.
Toutes les harmonies humaines s'établissent entre l'étranger et la femme à qui il veut plaire. Toutes les discordances embarrassent les époux, et ils sont bien plus unis pour les misères de la vie qu'ils ne le sont pour ces prestiges dont l'amour se nourrit. Les femmes seraient moins promptes à se laisser ainsi abuser par des apparences agréables, si elles faisaient attention que les amants sont des heureux qui se cherchent, tandis que les époux sont des infortunés qui se soutiennent. De Sénancour.
^ Sans recherche ni document,
Sans lire Bible, ni fable, Instruite pnr le sentiment, La femme très-naïvement Se fait Dieu d'après son amant, Kt d'après son mari, le diable.
Ë. Lebrun.
® Les fenuues se croient obligées à réparer Vijijustice des maris, et cela les place, vis-à-vis de l'amant, dans mu; situation de miséricorde et de protection qui leur plaît et qu'elles payent quelquefois un peu cher aux dépens des maris.
Alph. Karr.
® Combien de femmes n'auraient jamais eu une pensée d'infidélité, si leurs maris avaient en la j)atience de les aimer de la bonne façon. Mais une femme a
r.H6 l>i:S l'KM.MKS DAPKtS LKS AUTEL RS FRANÇAIS.
aii>M sa lierto; los trois quarts du temps, un mari ne daigne pas mémo s'apercevoir ([u'on tait la cour à sa l'ennne, ni se donner la peine d'une petite lutte pour la garde de ce trésor qu'il tient de Dieu et d'une mère.
^ Par quels arguments arrache-t-on d'ordinaire une iennne à son devoir? Les roués eux-mêmes sont contraints d'affecter pour cette tâche une poésie d'imagination et un luxe de sensibilité qui semblent promettre les plus étroites intimités oi!i deux âmes puissent se fondre. C'est ce qui vous attire. Pourquoi voit-on tons les jours, la main dans la main, le cœur dans le cœur, impossible à distraire l'un de l'autre, deux vieillards qui fureiit amis de collège? Et [)ourquoi est-on s' souvent le bienvenu quand on interrompt le léte-à-tête soucieux d'un mari et de sa femme? C'est que ces derniers sont unis, enchaînés, mais non amis.
OcT. Feuillet.
Kn tout cas, et de quelque humeur que puisse être un mari, il est bon de l'averti!', avec Molière, des vérités suivantes :
® Renfermer sa femme est le mauvais parti.
^ C'est la plus sotte chose du monde que de se délier d'une femme et de la tourmenter. La vérité de laffaire est qu'on n'y gagne rien de bon : cela nous fait songer à mal, et ce sont souvent les maris qui, avec leurs vacarmes, se font euxmêmes ce qu'ils sont.
^ Lorsqu'un mari se met à notre discrétion (c'est une femme qui parle), nous ne prenons d(^ liberté que ce qu'il nous en iaut, et il en est conmie avec ceux qui nous ouvrent leur bourse et nous disent : Prenez; nous en usons honnêtement, et nous nous contentons de peu. Mais ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de les tondre, et nous ne les épargnons j)oint.
Et d'ailleurs, (pioi qu'il arrive, selon Sophie Arnould,
eS3 Ce qui doit consolei' un mari d'être trom|)é par sa femme, c'est qu'il rôle reste toujours propriétaire d'un bien-fonds dont les autres n'ont que rusufruil.
' ^ous ne nous portons pas répondant poiu' la sagesse de cette maxime.