‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 91 sur 194 · M ADAM · texte numérisé non relu

M ADAM

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G/irnter frérei. Hditoura.

^lADAME ROLAND

Si quelque propliélique visioii, quelque miroir encliantc lui avait déroulé à lavance sa carrière publique si rourle et si reuiplie, ses dépêches au pape et au roi du fond du lioudoir austère, son apparition toujours applaudie à la barre des assemblées, et pour dore le drame, elle-même en robe blanche, la cbi'velure dénouée, montant triomphalement à Téchafaud, si elle eût pu choisir, elle n'aurait certes pas hésité. Comme l'antique Achille, elle eût préféré la destinée militante, tranchée à temps et immortelle, à quoique obscure félicité du coin du feu. Et avec cela, pourtant, elle ressentait la vie domestique, la vocation maternelle, pratiquait le ménage dans sa simplicité et savait écouter la nature dans ses secrètes solitudes. Le détail des champs, la couleur des viornes, la sueur des vijjnerons, la récolte, la basse-cour

Saime-Bf.ive.

LAMm 1\. — II. MAIUAGK. - LA MATKRNITE. 385

tlals catholiques. Cette assertion, mille fois répétée par les nombreux ennemis du christianisme, demande quelque développement; et c est ici (pi'ii faut distinguer la faiblesse de rhomme et la faiblesse des lois.

La licence dans les mœurs de l'honnue naquit, il est vrai, en Italie, des progrès des arls, suite nécessaire des progrès du connuerce, favorisé par des princes qu'il avait enrichis et élevés; mais la licence dans les règles mêmes des mœurs ou dans les lois connnença an Nord, avec les opinions de Luther, appuyée par des princes avides de nouveautés et de richesses. Les désordres en Italie étaient persomu^U et cherchaient Tondire du mystère ; en Allemagne, ils furent publics ou autorisés, et tandis ipic rilalicn ourdissait une intrigue pour séduire la femme de son voisin, lAllemand la lui enlevait en vertu d une sentence du juge et Lépousait par-devant notaire; et c'est ce que les Allemands appelaient la bienheureuse réforme, comme nous disions, en 1700, la superbe constitution. Bientôt, s'il faut en croire les plus zélés disciples de Luther, la dissolution des mœurs, .>nitc inlaillible de pareilles lois, fut au comble en Allemagne, et comparable à la licence du mahométisme, et nous avons déjà vu que Luther lui-même permit la polygamie an landgrave de Hesse, mais en grand secret, et même sous le sceau de la confession

Le christianisme fut donc attaqué aux deux extrémités de la chrétienté à la l'ois, dans les manus de l'homme et les lois de la société, lorsque la chrétienté elle-même était attaquée dans son territoire par les armes alors si redoutables de l'empire ottoman. Ces deux causes de désordre, la licence dans les arts et la faiblesse dans les lois, ont depuis ce temps marché parallèlement dans la société, jusqu'au moment où la philosophie moderne, qui se compose à la fois des opinions les plus faibles sur les lois et du goût le plus décidé pour les arts, a combiné en France, comme dans un foyer placé au centre de l'Europe, ces deux principes de désordre domestique et public : épouvantable combinaison dont l'explosion violente à réagi à la fois contre le Nord et contre le Midi, semblable à ces détonations terribles subitement produites par le mélange de deux liqueurs.

Les arts du Midi avaient pénétré au Nord, quoique avec lenteur, à la suite des richesses que le commerce produit, mais des causes politiques et religieuses avaient empêché dans le Midi la propagande publique des principes de la Réforme. Il y avait donc, dans l'Europe protestante, un principe de licence de plus que dans l'Europe catholique; et comment la raison pourrait-elle admettre que des causes en [dus grand nombre produisissent moins d'effet, surtout si l'on considère «jue la religion catholique, avec son culte sensible et ses pratiques gênantes, impose à nos passions un frein plus présent et plus sévère, en même temps qu'elle nous offre, dans les règles austères de quelques institutions, toujours plus fortes que les hommes, des modèles de détachement de tous les plaisirs '!

Je ne crains donc pas d'allirmer qu'il y avait, depuis longtemps, plus de désordre du genre de ceux dont il est question ici chez les peuples protestants que

580 m:s m.mmks I» ai'Uks les auteurs français.

dans les Ktats catholiques. Je dis les peuples, car là où, connue eu France, il n'y a que des individus mêlés à une population nombreuse de catholiques, on ne distingue pas de différence dans les habitudes. Je citerai à l'appui de mon assertion le major Weiss, sénateur de Berne, connu jiar son attachement à la révolution française, dont il a voulu trop tard empêcher les progrès dans sa patrie, et qui montre dans ses écrits un extrême prévention pour les nations protestantes. « Les deux nations les plus mâles de l'Europe, dit-il dans ses principes philosophiques, l'anglaise et la prussienne sont celles où les faiblesses de Famour sont traitées avec le plus d'indulgence. » Chez les Anglais, le théâtre est d'une indécence révoltante, et M. llugh Blair, célèbre professeur de belles-lettres d'Edimbourg, remarque que les Français, particulièrement, en sont choqués. Berhn est la ville de l'Europe la plus corrompue. Depuis longtemps, à Genève, la licence des principes l'avait emporté sur le rigorisme des formes, il y avait plus de désordres que dans toute ville de France de même rang. Les mœurs, en France, étaient bonnes dans les campagnes et décentes au moins dans les grandes villes.» 11 y a des départements où, même aujourd'hui, le divorce est inouï et où le peuple n'en verrait le premier exemple qu'avec horreur. Enfin, là où l'identité de climat, de productions, d'aliments, les mêmes institutions politiques, les mêmes habitudes domestiques, une ignorance égale des arts agiéables, permettent d'établir entre les peuples des deux communions un parallèle parfaitement exact, je veux dire en Suisse, l'avantage reste tout entier aux catholifjues, et les mœurs étaient aussi pures à Fribourg qu'elles étaient dissolues à Berne. Je m'appuie encore ici de l'autorité de l'écrivain bernois : « Je ne connais pas, dit-il, de pays en Europe où le peuple soit moins continent que dans le canton de Berne ; » et il cite des exemples fort étranges qui. rappellent les usages des Lapons envers leurs hôtes, où ceux des insulaires de la mer du Sud.

D'ailleurs il faut observer (|ue, même à égalité de désordres, la faiblesse des mœurs est plus apparente là où elle contraste davantage avec la sévérité des lois. L'ivresse, (jui n'est pas même remarquée en Angleterre, est un phénomène en Espagne ; et, dans tous les pays où le divorce est permis, c'est un bon ménage

(|ue celui où les époux ne forment pas ailleurs de nouveaux liens

C'est en vain, dit madame Neckcr, (prou voudrait l'aire valoir, en faveur du divorce la bonne intelligence des époux dans les pays protestants et la pureté des irid'in's domestiques dans les premiers siècles de Rome. Cet argument me parait nul, car il jjrouve seulement ipic la |)ermission du divorce n'a aucun»' influence dangereuse dans les lieux où l'on n'en profite pas

Attribuer les bonnes moMirs d'un peuple à la faculté du divorce dont il n'use pas, c'(!st faire honneur de la santé des habitants d'une contrée à un médecin du

voisinage (pii n'y serait jamais appelé

Mais comment, après tout, osc-t-on alléguer, en faveur du divorce, la pratique d(!s nations |)rotestanteK, lorsqu'on les voit ell(!s-mènies, fatiguées de la licencr; (pi'il a introduite, cheiclnn' dans l(>s m(i>urs un remède contre la loi; «les jMotcstants eux-mêmes (Madame Ncckei- «M. <lc llmne, IS' essai) éciirc conlic le

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