‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 97 sur 194 · VMOl 1». - 11. MAUIAC.K. - LA MATKRMTE. i · texte numérisé non relu

VMOl 1». - 11. MAUIAC.K. - LA MATKRMTE. i

onraiilines, ses caprices; elle est cii [loiit ce tiu'elle sei;i plus tard. Klle est déjà mère par le cœur : voyez-la bercer sa poupée, riiahillcr, lui prodiguer tous ces teudrcs soius qui, i)lus lard, eutoureront le berceau d'uu uouvcau-ué. N'est ce pas une mère véritable [)ar ses instincts et ses tendances'.' N'a-t-elle j)as dans son cœur tous les sentiments, toutes les tendresses maternelles en réserve, pour qu'elle n'ait point à les apprendre plus tard, mais à les é|)anclu'r naturellement et par habitude? Voyez connue elle est heureuse, (juand, au lien de sa poupée, elle lient dans ses petits bras ou sur ses genoux un joli poupon rose; elle sait, sans l'avoir jamais appris, ce (pi'il faut lui dii'e pour l'amuser, (publies mélodies il tant lui chanter pour qu'il cesse de pleurer, comment il faut le balancer pour (ju'il s'endorme. Tout enfant qu'elle regarde lui donne des tentations de baisers.

Bélouino.

^ Femme, qui mieux que toi connaît rencliantement' Quand d'un souflle immortel Dieu même t'eût formée, Tu naquis pour ainier comme pour être aimée. En vain ce Dieu t'impose un long tribut de pleurs; Ton courage redouble au sein de les douleurs : La mère qui pour nous a souffert sans faiblesse. Avec moins de tourments aurait moins de tendresse, Malheureux le mortel dont le cœur isolé, Par le doux nom de lils ne fut point consolé ! 11 cherche tristement un appui sur la terre, Et l'ennui vient s'asseoir sous son toit solitaire. Le temps blanchit sa tête, et les ans l'ont vaincu : Hélas ! il a vieilli, mais d n'a pas vécu. Que j'aime à contempler cette mère adorée, De rejetons charmants avec grâce entourée ! L'un assiège son front, d'autres pressent sa main ; Tandis que le plus jeune, étendu sur son sein, Sans bruit, cherchant la place oii son amour aspire, Gravit jusqu'à la bouche où l'appelle un sourire.

La mère sait aimer, c'est toute sa science. J'en atteste un seul mot par le cœur inspiré. Une mère perdit sou enfant adoré; Son digne et vieux pasteur, sur sa vive souffrance Versait le baume heureux d'une douce éloquence. « Ranimez, disait-il, ce courage abattu : Du pieux Abraham imitez la vertu.

Dieu demanda son fils, et Dieu l'obtint d'un père. — Ah ! Dieu ne l'eût jamais exigé d'une mère ! » Cri sublime, qui seul vaut les plus doctes chants ! Et comment exprimer ces transports si touchants, Qu'à l'âme d'une mère un tendre amour inspire? Elle aime son enfant, même avant qu'il respire.

408 LES rKMMES D Al'RÈS LES ÂLTELKS EUANÇAIS

(juaiid ce gage chéri, si longtemps imploré, S'échappe avec effort de son liane déchiré. Dans quel enchantement son oreille ravie Reçoit le premier cri qui l'annonce à la vie! Heureuse de souffrir, on la voit tour à tour Soupirer de douleur et tressaillir d'amour. Ah ! loin de le livrer au soin de l'étrangère, Sa mère le nourrit, elle est deux fois sa mère. Elle écoute, la nuit, son paisible sommeil; Par son souffle elle craint de hâter son réveil. Elle entoure de soins sa fragile existence, Avec celle d'un lils la sienne recommence. Elle sait, dans ses cris devinant ses désirs, Pour ses cuprices même inventer des plaisirs. Quand la raison précoce a devancé son âge, Sa mère, la première, épure son langage; De mots nouveaux pour lui, par de courtes leçons. Dans sa jeune mémoire elle imprime les sons : Soin précieux et tendre, aimable ministère, Qu'interrompent souvent les baisers d'une mère ! D'un naïf entretien poursuit-elle le cours. Toujours inlei rogte, elle lépond toujours. Quelquefois une histoire abrège la veillée : L'enfant prête une oreille avide, émerveillée;

Il s'amuse et s'instruit; par un mélange heureux,

Ses jeux sont des travaux, ses travaux sont des jeux.

La lice va s'ouvrir : l'étude opiniâtre

To disjnite ce fils que ton cœur idolâtre,

Tendre mère! Déjà de sérieux loisirs

Préparent ses succès ainsi que tes plaisirs.

Enlin lui la journée où le rhéteur antique,

D'un peuple turbulent monarque flegmatique,

Dépouillant de son front la niorne austérité,

Déceine au jeune athlète un laurier mérité.

En silcnc(! on attache une vue attendrie

Sur l'enfant qui promet un liomme à la patrie.

Cet enfant, c'est le tien : un cri part; le vain(|ueur,

i'orté par mille bras, est déjà sui' ton cœur ;

Son triomphe est à toi, sa gloire t'environne,

Et de [)leurs maternels tu mouilles sa couronne.

11 échappe à l'enfance, et ses nouveaux destins.

L'appellent désormais vers des pays lointains ;

Ton àme se déchire à cet adieu hinestc;

Mais, du moins, s'il s'éloigne, une flile te reste,

Ta lillc caressante, attachée à les pas.

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