‹ Les femmes d'aujourd'hui: esquissesChapitre 23 sur 31 · CÉCILE · texte numérisé non relu

CÉCILE

Après vous avoir bien souvent admirée de loin, madame, j'eus, au bal, la bonne fortune de souper près de vous. Je confesse que ce n'clait point une faveur que vous m'accordiez, mais bien l'effet du hasard, qu'en cette circonstance j'avais aidé de mon mieux.

Jusque-là, je ne vous connaissais que comme l'une des plus élégantes et des plus jolies femmes de Paris. Bientôt, je m'aperçus qu'avec les

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cheveux de Cérès, les yeux de Minerve et la taille de Vénus, vous aviez encore l'esprit le plus lin et le mieux cultivé, l'enthousiasme le plus noble. Tout m'enchantait en vous, sauf la froideur de votre abord, qui, depuis, m'empêcha de vous rechercher comme je l'eusse désiré.

Mozart et Beethoven dans le jour, une fois la semaine; le soir, Rossini et Verdi, seuls maintenant nous réunissent. Sous l'empire de telles harmonies, comment suis-je assez malheureux, madame, pour rester si loin de vous?

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