NOÉMI
J'étais jeune, et après quelques années d'absence, je revenais au pays natal
Quand furent écoulés les premiers moments, consacrés à la famille et aux camarades d'enfance, je parcourus la province afin d'y visiter ceux au milieu desquels la destinée m'appelait à vivre. Parmi ces visites il en est une dont le souvenir, toujours présent à ma mémoire, ne s'effacera pas.
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Au fond d'une fertile vallée que baigne une jolie rivière aux contours sinueux, s'élève, à demi cachée dans un bouquet d'arbres, une vieille gentilhommière. Une double avenue de tilleuls, taillés à l'ancienne mode, y conduil. A droite, un vaste potager aux murs chargés de vignes et d'espaliers; à gauche, une longue coulée de prés toujours verts, où paissent poulains, vaches et moutons, gloire de leur jeune propriétaire, aujourd'hui éleveur renommé.
C'est par une chaude matinée d'été que j'entrai pour la première fois dans cette maison où depuis s'écoulèrent pour moi tant d'heures tour à tour tristes et joyeuses, toit hospitalier qu'une amitié fidèle m'a rendu cher.
Introduit dans un salon d'une simplicité antique et dont la vue s'étend sur le côté opposé, dominé par la masse imposante d'un château ami, qu'égayé seule la roue d'un moulin, j'avais à peine eu le temps de faire connaissance avec