‹ Les femmes dans la scienceChapitre 192 sur 193 · L'HOTE · texte numérisé non relu

L'HOTE

Ce qu'on fait de toutes les sciences ; ce qu'on fait de Thistoire, de la pbjsiquo, de la chimie.

Ll CoifTi.

You*» lui apprendrez |»eut-étre aus^i la chimie ?

L'UoTi.

Poun|uoi non ?

KnnvsiLrxiovvt, Histoire m(yrale det ffmmei, pp. 10, 17, 18.

Madame .Vlélaide (I}, surtout, avait un désir immo<léré d'apprendre ; elle apprit à jouer de tous les instruments de mu<»ique. depuis le cor (me cmira ton î) (2) jusqu à la gumiKirde. L'italien, l'anglais, b»s hautes

il) Fille da biuis \Y.

(2) Ton, toD, tootaioe, tonton !

mathématiques, le tour, rhorlogerie, occupèrent successivement les loisirs

de ces princesses (1 ).

M»« Gampan, Mémoires.

Un professeur de chimie à TUniversité de Genève déclarait doctement, il y a ((uelques années, que les femmes n'ont pas d'aptitude pour les sciences parce que dîins les manipulations elles cassent plus d'éprouvettes ([ue les hommes.

Est-ce là une véritable épreuve ? Non, ce n'est qu'une. . . éprouvette.

Une veuve, mère de dix neuf enfants, voulant se faire exempter de l'impôt, écrivit au Roi qu'ayant donné dix-neuf sujets à l'État, elle voudrait bien être dispensée du vingtième.

M. Léopold Hugo a adressé à l'Académie des Sciences une note sur une jeune calculatrice et sur les questions qu'il lui a posées. (Renvoyé à la Commission Inaudy. — 14 mars 1892.)

Un jour qu'il faisait nuit, comme dit la chanson, Pons, le concierge de l'Observatoire de Marseille, découvrit une comète importante. Marie- Louise, qui régnait à Parme, le nomma son astronome.

Au printemps de 1819, une petite fille d'environ onze ans parut à Royal Exchange (la Bourse de Londres) où elle fit des calculs vraiment extraordinaires. Quelques boursiers lui adressèrent des questions extrêmement difficiles h résoudre de tète, et elle donna sans avoir l'air de calculer les résultats exacts. On lui demanda de multiplier 223600 par 250, et elle répondit, en moins d'une minute, 56400000. On lui dit: Combien y a-t-il de minutes en quarante-deux ans? Réponse : 22075200. On lui énonça deux nombres, 5250000 à multiplier par 450. Elle répondit qu'en les multipliant l'un par l'autre on obtiendrait 236250000. Elle résolut de la même manière plusieurs autres questions encore plus difficiles.

Cette enfant ne savait ni lire ni écrire. Elle s'appelait Heywood et était la fille d'un tisserand qui habitait Mile-End-New-Town.

Percy. Anecdotes (1822).

Deux fiancés, séparés par la vaste étendue des mers, étaient convenus de regarder la même étoile à la même heure. Comme ils ne savaient pas

(1) Craindre l'iodigestioQ.

FKMMES £T SCIENCES 345

1 a<itrononiie, ils i^nontient que h* jour de i'un était la nuit de lautre

et réciproquement.

Lady J«>an arait reçu le matin même une lettni d'Arago ; elle en attendait une le lendemain du di>cteur Buckland ; elle était charmée f|ue l'un lui eiU écrit, étonnée que l'autre ne TeiU pas encore fait. Enfin, avant de pas^'r au s^ilon, elle in^iUi Egremont à venir avec lady !llarney à son observatoire, pour voir une comète ciu elle avait décou- \erte la première.

Di^RAKLY. Sybil.

Thénard alla bravement trou\er Yauquelin et lui pro|K>sa ses services comme garçon de laboratoire. 11 ne dut le suc^'ès qu'à Tintervention d*une des S4Hurs du célèbre chimiste qui, présente à IVntretien. dit a son frère : «« Tu devrais le Karder ; il aiderait dans le lal>oratoire et surveillerait notre pot-au-feu, que tous les muscadins laissent trop bouillir. »

« Je n'ai jamais été assez ingrat, dis;iit ThénanI, pour oublier depuis qu'un pot-au-feu qui bout ne fait que de mau\aisi* soui>e. »

M. M.\ftii. Histoire des mathématiques, t. M, p. 139.

En IMU, ÎM"»*' la prinees>e (ialitzin offre h l'Académie des Sciences un prix de mille francs pour c étudier le dernier chan^enlent o|H'n* dans b's monnaies de la Russie • puis un autre de mille francs aussi, pour •• montrer les Ineonvénients de la |Nininii* de leiTe consid»^rée comme nourriture habituelle des peuples ».

L'Académie a n'fus*'* ces d«Mi\ donations.

Dans Artamène on le grand Cyrus (10 vol. in-M, t. \, p. 560) Mademoiselle d«' Scudéry op|K)S«' à Sapho, la femme instruite, Daniopliile, la |KMlante. C«*tte dernière • a chez elle cinq ou six savants en astn>logie qui raisonnent en sji présence nur l'éclipM* qu'on vo\ait alors et elle \^sw toutr la nuit à parler de rinter]»ositlon de la terre entre la lune et le Mib'il " .

Lit premit-re femme de M. Rohault, disciple de M. l)eM*artes. dont il expliquait la philosophie dansdes conférenres publiques, ««* mettait vn^ jours-là sur la |»orte de sa maison et en refusait l'entrée a tous ceux qui n'avaient pas Pair de qualité, persnadée qu'il fallait a\olr ret air |>our mériter d'écouter son mari. Le lion homme si* tuait à lui dire que bi fortune ne donne pa<* toujours de riches habits aux phil<»sopbes : elle voulait \oir du vebiuni et n'en démonlalt pas.

Mélanges d'kistoire et de littèraiure de r»u Vii«mii*l-Marvii.u:» tome I, p. âO.

Je me suis enquis des remèdes contre la rudesse de la peau des bras, mais je n'en ai pas trouvé de particulier pour cela, mais seulement pour rendre douce la peau des mains, que Ton dit encore pouvoir servir à ce que Mademoiselle Cabellino demande. Je vous en envoie la recette que m'a donnée une dame qui a les mains fortblanches et belles, et je souhaite que celles de la demoiselle susdite le deviennent autant pour votre satislaction, car pour moi il y a peu d'apparence que je les touche jamais, et vous en devez estimer d'autant plus le soin que je prends.

(Extrait de la correspondîince de Christian Hoygbns.)

Descartes, le grand philosophe et le grand mathématicien, ne crut pas trop déroger en composant des vers à l'occasion d'un bal ; on a même retrouvé dans ses papiers le manuscrit d'une pièce de théâtre dont il voulait faire hommage à la reine Christine de Suède.

Unjour Arago annonce à M. Ampère l'arrivée d'une berlinoise dont les connaissances en astronomie sont véritablement fort étendues.

« J'ai eu, dit-il, occasion de m'entretenir avec elle, et son savoir m'a positivement surpris. Du reste, elle se propose de vous aller voir, car elle m'a demandé votre adresse. »

Effectivement, quelques jours après, M. Ampère voyait entrer chez lui une dame voilée dont la mise étrange et les allures cavalières sentaient de fort loin leur bas bleu. Après une heure de conversation transcendante, soutenue à grand renfort de germanisme, cette savante berlinoise (car c'était elle) se retire en laissant à M. Ampère la plus haute idée de ses capacités.

On se doute que la femme prodige n'éUiit autre qu'Arago lui-même grimé et costumé d'une fa(;on méconnaissable, surtout pour un homme aussi distrait que son éminent confrère.

EnMOND GuÉRARD. Dictionnaive d'anecdotes.

Leibniz était riche mais son trésor fut fatal à la femme de son seul héritier, (ils de sa sœur, qui administrait une paroisse près de Leipzig. Cette femme, en voyant tant d'argent réuni qui lui appartenait, fut si transportée de joie qu'elle on mourut subitement.

Hier, raconte l'îistronome Kepler, fatigué et Tespiit troublé par des méditations sur les atomes, je fus appelé à dîner, et ma femme Barbara apporta sur la table une salade. — Penses-tu, lui dis-je, que si, depuis la création, des plats d'étain, des feuilles de laitue, des grains de sel, des gouttes d'huile et de vinaigre, et des fragments d'œufs dui*s flottaient dans l'espace, le hasard pût les rapproclier aujourd'hui pour former une salade ? — Pas si bonne, à coup sûr, répondit ma belle épouse, ni si bien faite que celle-ci.

Saiinderson fut, quoique a\(>u^lt', professeur de mathématiques et d'optique. 11 dit un jour, dans un salon, qu'une dame qui venait de ^ortir et qu'il n'avait jamais entendu parler, avait de fort t>elles dents, t'^omme on se n'K^rlait, il répliqua : « Je n'ai aucun motif pour supposer rette dame insensée, or je l'ai entendu rire continuellement. J'ai supposé que c'était pour montrer s<*s dents. >

Lagnmge aimait beaucoup la conversation des femmes, parce qu'elles sont généralement plus spirituelles que les hommes et qu'elles ne sont I»as savantes. Il disait un jour avec finesse dans une société où on parlait de femmes Agées de soixante ans : Est-ce que tous avei vu des femmes de soixante ans? Pour moi, je n'en ai jamais rencontré.

BioT. Mélangée uientifiqueê, t. III.

Devenu aveugle dans sa vieillesse, Mathieu Liensberg, le légendaire chanoine de Saint-Barthélémy de Liège avait pris i>our secrétaire une jeune béguine, sa niéc«, laquelle avait charge d'écrire sous sa dictée ses pronostics en regard de chacun des jours de Tannée. L'Age et aussi les misères de la cécité n'a\ aient pas laisst't d'assombrir outre mesure les visions du prophète: malheurs et sinistres lui pleuvaient des lèvres. De quoi la fillette se désolait, n'ayant {mis les mêmes raisons de désespérer. Ils en étaient arrivés au 23 août : « Orage, gnde, tonnerre, la foudre tomliera sur im des plus beaux clochers de l'Europe •, gn)ndait l'oracle impitoyable. Pour le coup le secrétaire se révolta : • Tant de calamités au 23 août, jour de Saint Mathieu, jour de \otre fête ! Vous n'y pensez pas, mon oncle ! « — « C'est pourtant vrai, murmura cette fois le vieillard, il faut rhanger cela, ne filt-ce qu'en l'honneur du lM>n Saint Mathieu. é%angéliste. » Et à la place du premier texte il fit mettre • Temps clair et doux, soleil et joie, s^'^nMiité inaltérable, lieau fixe... •

A. Li; Braz. [Ut Iffbati du 30 novembre 18Ui.)

1^ mèn* de Poisson lui écrivait avec une grande régularité, surtout apK^s la mort de son père. L'humble femme ne se mettait guère en frais de n'*daction dans >4's ré|>onses. S4*s lettres étiient les copies de celles de son fil<, avec un >iniple changement dans les pronoms. Si Poisson avait écrit : • Je prépare un mémoire d'astnmomie ; je m'(>ccu|)erai ensuite de la stH'onde édition de mon Traité de mécnniquf, etc. », on était certain de trouver dans la ré|K>nse maternelle : • Tu pré|»ares un mémoire d'astronomie, tu t'occu|>erHS ensuite de la si'conde éilition de ton Triiité de métantque, etc. » Cétait là l'empreinte nai%e de radmltation pn»fonde que la mère pmfessait |MMir son fils adoré, admiré du monde savant.

Je compte encore par 2<>, di«iait M"* de Lafa>etle d.ins sa 30« année, ne \oulant ni déelarer, ni dissimuler s<m Age.

Maurice de Fleury raconte une visite féminine au collège de France : Retroussant joliment ses jupes parmi les appareils jonchant le sol, avec des piaulements aigus lorsque sa robe accrochait, des effets de bouche béante devant les surprenantes mécaniques ; furetant avec une moue parmi l'encombrement des tables, le fouillis poussiéreux des éta> gères ; solennelle pour regarder à l'oculaire d'un microscope ; prenant des allures tragiques en brandissant un bistouri ; à l'aspect d'un cobaye dépecé, mimant une attaque de nerfs ; claquant des dents, simulant des frissons de terreur devant la cage aux chiens inoculés de rage ; saisie de compassion tendre à l'aspect des bassins où, dans un clair courant d'eau vive, barbote, en attendant la mort, une légion de grenouilles, la jeune femme qui s'amusait beaucoup chanti victoire quand elle découvrit, au fond d'un placard, la robe herminée et la toque à torsade d*or du professeur.

— Cependant, d'où Jupiter tirerait-il une semblable chaleur ?. . . pas du Soleil, assurément, puisqu'il en est cinq fois plus éloigné que la Terre... Ne m'avez-vous pas dit, mon père, que la surface du Soleil, vu de Jupiter, — étant vingt-sept fois plus petite — il s'en suit que la planète y est réduite au trente-six millième de l'intensité de la chaleur et de la lumière reçues par la Terre.

En écoutant parler sa fllle, le visage du vieillard devint radieux.

— Ah ! fillette, llllette, murmura-t-il d'une voix attendrie, tu es la joie et l'orgueil de mes vieux jours.

Le Faihk et Guaffionv. Aventures extraordinaires d'un savant rtisjf,

t. 111, p. loi.

Messier, l'astronome ([ue Louis XV appelait le furet des comètes, eut le malheur de perdre sa femme au moment où son collègue Montagne décou\Tit une nouvelle comète : « J'en avais encore une, fallait-il que ce Montagne me l'enlevât ! » On lui fit remarquer qu'il s'agissait de sa femme et non de la comète : « Ah ! oui, dit-il, c'était une bien bonne femme. » Au fond, c'était la comète qu'il pleurait.

Gisèle ! C'est M. Resiil, l'émincnt professeur de mécanique à l'École polytechniciue, qui, cette îinnée, a présenté Gisèle à ses confrères de l'Académie des Sciences. Qu'est-ce que Gisèle ? Il y a beaucoup de Gisèle, mais celle-là est une petite danseuse d'opéra qui exécute à ravir des pas, des battements, des entrechats avec une grâce, une souplesse, une séduction qui lui ont valu les applaudissements de la savante compagnie. Gisèle est une blonde aux yeux bleus ; M. Resal la met dans sa poche , non pas qu'il soit d'une taille bien extraordinaire , mais parce que la ballerine est lilliputienne, haute comme son doigt. Quand il veut la montrer, il la sort délicatement, étale ses jupes un peu fripées et la pose sur le dessus bien verni d'une boite en bois blanc, à peine grande comme un in-18. Vn signe amical. Un air de polka sort de la boite. Aussitôt, Gisèle avance le pied, et la \o\\h qui pirouette, valse et

entrepH'nd sans reprendre haleine 1rs pas les plus «'oniplicpirs et les plus variés. M. Resal est tout jo} eux et applaudit avec s<î8 ^ravrs ronfrères. C'est qu'il est parrain de GÎM'Ie. 1-e père de (iisMe est M. Ja[»y, de la maison si connue Japy frères. Je crois c|ue le parrain est encore plus t)«*r de sa pupille que l'auteur même de Gisèle. Quand on le pousse un |>eu, il finit par arouer qu'au fond cenVst qu'un jouet; mais quelle jolie application de la mécanique ! \i\un, nt*n, l'installation d'une ti^e verticale suftlt |K)ur produire nv<*c le fmttement des pieds sur une «iurface lisse de* cITfts de volto face et d'entrechats si parfaits : Il t*st de fait que tout le secret de ce nit'canisme est si simple qu'il de\i(Mit intéressant par cela mt^me. Je ne dirai pas à M. Resal que j'ai vu, il y a quelqut'S années déjà, au s<innnt't du Rigi-Schede^K un(> hallehne qui res>emblait singulièrement à Gisèle. Pour amuser les t(»uristes, le doc» t*'ur Stierlin a placé à l'entrée dt; son étiblissement une miniature de «« chevaux de lN)is mécaniques». Les chevaux tournent ; un singe l^at de la grosst> caisse et fait marcher des cymlmles ; deux ballerines valsent au s^>n de la musique. On met 10 centimes dans la tire-lire et la |>etite mécanique fait merveille, ('/est tivs amusant par les jours de neige ! Le mécanisme a été simplifié par M. Japy et sa Gis<de en a Ix'néfieié. Rien en effet de plus gracieux et de plus étonnant.

La iHiite qui mtI de support renferme un cylindre à musique et un mouvement rudimentaire d'horlogerie qui actionne une tige verticale. Cette tige de quelques centimètres sort par un trou dispos«* au milieu de la face supérieure de la Ixdte, va et vient avec une régularité chninométrique. On fixe la i>oui»ée sur Textivmité de la tige; les pieds fi-ôlent le pnn|uet ciré qui constitue le dessus de la l»olte. Or les frottements lie cha<|ue pie<l sur le parquet combinés aux mouvements alternatifs d'élé\ation et d'ab;iiss4>ment déterminent conmie par magie les pirouettes et les évolutions étonnantes île la |M»upée. .M. Rehal voudrait bien mettre ce problème de mécanique en équation ; mais c*est si subtil qu'il V renoncera. En attendant, sa Gisèle continue à valser avec un entrain «iial>olique. C4>la devi(>nt de l'obsesnion, l'air de la liolte vouh p<»ur>uit. lt>s entrechats vous restent dan*% les veux. Matin et soir, Gis4'le danse, danse toujours. Nous la n'comniandons à MM. Bertrand et (tailhard... Car après l'Académie des S<*iences, où pourrail-elle être mieux qu'à l'Académie de Musique ou au fover de la danse?

HK.\ftl i>K Pahviujc [Les Dfbati, du 26 décembre IK94.)

L'ne fois seule, elle s'acconlait des récréations ; elle interrogeait les in.stnmients dont Guy tirait tant d'expériences, et dont le mystère la tourmentait. Quand elle lui eut cassé deux ou trois fois son mirn)sco|H*, CflUy, impatienté, lui apprit à le mettre au fMiint.

Belle est instinctivement adroite. En très peu de temps, elle mania l'Instrument comme un vieux micr(»Kraphe. (iuy, enthoiiHi.iHMié, lui mit d'autres mécanismes entre les mains, bientôt, il n'eut plus de rés4*rves {Hiur elle. Il l'Initia à toutes ses manipuUtions, il lui ouvrit ses armoires et lui confia même son fameux microtome tout neuf, d'une délicatesse extrême, fragile, auquel 11 ne touchait lui-même tiuaver un

luxe de précautions attendries... Jamais, quand je passais Taprès-midi cliez eux, il ne m'avait permis de toucher à ce microtome.

Belle était presque aussi farouche. Elle alléguait l'interdiction de Guy et, pour me consoler, travaillait devant moi, contente, au fond, de ra'énierveiller par son habileté précoce. Elle avait vite épuisé les troublantes délices du grossissement et la joie inquiète de voir grouiller un monde au fond d'une goutte d'eau, entre les lamelles pâles du microscope. A quatorze ans, elle faisait déjà des coupes et des préparations poiu* son frère qui utilisait sans vergogne la féminine souplesse de son

doigté.

Le cas de Georges (VArell par Hivjs. May.

Caboche-Demerville (Les enfants célèbres, 1842, in-8, p. 43). Le duc de Bourgogne, âgé de six ans (1757), fit à Meudon ses premiers essais de géométrie pratique. Mad. la Dauphine prenait plaisir à le voir, la règle, réquerre, le compas à la main, comme un arpenteur consommé. Une image les représente tous les deux, Tenfant se servant devant sa mère du niveau d'eau et de la mire .

Le professeur Weyer se rappelle le cas d'un capitaine de vaisseau, qui amenait à Hambourg sa fille aux leçons d'astronomie nautique, parce qu'elle comprenait plus vite que lui, et pouvait ensuite lui expliquer les choses.

KiRCHiioFF. Die akademische fYau, p. 255.

A ceh, Pasteur pouvait répondre. . . Si vous me dites que le microscope vous fait peur, et que son maniement ne vous semble pas facile, apprenez ceci, c'est qu'il y a chez moi une petite fille de huit ans qui s'en tire très bien.

E. DucLAux. Pasteur y histoire d'un esprit^ p. 204.

Page 1