‹ Les femmes dans la scienceChapitre 57 sur 193 · ELISABETH DE BOHÊME (PRINCESSE PALATINE · texte numérisé non relu

ELISABETH DE BOHÊME (PRINCESSE PALATINE

Elle goûlait également, chose rare, la métafibysique et l'algèbre.

« Mettons au premier rang des élèves de Descartes la princesse fllisabeth, Talnée des filles de l'infortuné Frédéric V, électeur palatin du Rhin, élu roi de Bohème au commencement de la guerre de Trente ans. Elle vivait à La Haye chez sa mère qui s'y était réfugiée, et elle avait refusé de hautes alliances pour se livrer librement à son goût de l'étude et de la philosophie. Descartes était venu résider dans les environs de La Haye, la princesse rappelait souvent auprès d'elle pour l'entretenir de sa philosophie. 11 lui dédia ses Principes et fit d'elle ce grand éloge que jamais il n'avait rencontré personne qui l'eût mieux compris. .Mais un tragique événement interrompit ces conférences philosophiques. Obligée de quitter la Hollande, la princesse Elisabeth s'en va successivement résider dans les cours de divers princes d'Allemagne ses parents, d'où elle entretient un commerce de lettres avec Desc^rtes. Les lettres de Descartes à la princesse Elisabeth offrent un intérêt tout particulier, parce qu'elles se rapportent à la morale, dont il ne traite nulle part ailleurs. il y montre cette connaissance profonde des passions et du cœur humain que déjà nous avon» admirée dan» le Traité des Passions^ il développe une pure et douce morale toute pénétrée du sentiment de la béatitude de la vertu et par la vertu, il cherche à agir sur le cœur en même temps que sur l'esprit de la princesse.

Nommée plus tard, quoique calviniste, abbesse de la riche abbaye luthérienne d'Hervorden en Westphalie, la princesse Iviisabeth fit de son abbaye une école cartésienne. Catholiques, calvinistes, luthériens, sociniens, déistes, tous y étaient bien accueillis, à la seule condition de s'occuper de philosophie. Elle ne mourut que longtemps apK'S Descartes, en 1680, après avoir eu des relations avec quelques-uns de ses principaux disciples. Elle entretint une correspondance malheureusenient perdue avec Malebranche. Elle échangea aussi quelques lettres avec Poiret qui de cartésien devint mystique. A en juger par le ton de quelques-unes des lettres qu'elle lui adresse, il semble que la noble abbesse sur la fin

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