‹ Les femmes dans la science; notes recueilliesChapitre 176 sur 192 · SI LA FEMME · texte numérisé non relu

SI LA FEMME

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Belle tète, dit-il, mais de cervelle point.

Ce n'est rien, c'est une femme qui se noie.

La Fontaine.

La femme est-elle capable de science? Les avis sont partagés. Molière. Boileau, Joseph de Maistre, Proudhoii, Schoperdiauer et beaucoup d'autres répondent énergiquementnon. Les modérés distinguent et disent à la fois oui et non. Une minorité, qui va en croissant, réplique oui, avec Lalande, Miclielet, Stuart Mill, Dupanloup, Anatole France, etc.

Il nous a paru piquant de réunir ici quelques spécimens des trois opinions, sans attacher d'importance à un débat théorique.

Bornons-nous à résumer les opinions extrêmes des anciens et des modernes.

Les adversaires argumentent ainsi :

1" Ce n'est plus une femme, c'est un homasse ; elle néglige ses enfants et sa cuisine.

2° Ce n'est pas elle qui a travaillé, c'est lui, le souffleur dans la coulisse, le mari, l'ami, le professeur.

3" Elle n'a rien inventé, elle n'a pas de génie !

4° Quelle pédante ! mot terrible et décisif.

Voici les conclusions opposées :

1*^ Les femmes peuvent atteindre les plus hauts sommets de la science.

vj^k 2° Elles le peuvent sans perdre les qualités de leur sexe.

3° Voyez le nombre croissant des femmes de sciences, dans toutes les directions !

4° La science n'est pas exclusive, elle permet la culture des autres facultés.

^^ Les études scientiiiques se concilient avec les diverses religions, avec les diverses philosophies.

16° Nous avons assez de romancières. Pour l'œuvre scienti- [ue, jamais trop de travailleurs : là tout effort sérieux est

utile. De quel droit ])arrer la route aux femmes ? Celles (jui ne sont pas douées seront vite découragées.

Écoutons maintenant les philosophes, les historiens les savants, etc., qui vont raisonner ou déraisonner sur la question.

Saint .liistin {Apolog.) critique le mythe ancien qui avait fait sortir du cerveau de Jupiter, Minerve, la déesse de la Sagesse et de la Science : « N'est-ce pas le comble du ridicule d'avoir été prendre, pour en faire l'emKlème de Tintelligence, la figure d'une femme? »

A propos des femmes qui font de la médecine :

« C'est un sot animal qu'une femme qui se mesle de nostre mestier : cela n'appartient qu'à ceux qui ont un haut de chausse et la teste bien faite.

. Ce n'est pas à une femme de pratiquer la méthode de Gallien :

Res est siihlimioris intelligentiœ . Il faut avoir l'esprit plus fort. Mulier est animal dimidiati intellectus : il faut qu'elles filent leur quenouille, ou au moins, comme dit saint Paul, contineant se in silenlio. »

fiUY Patin (Lettres^.

Quand je les vois (les femmes) attachées à la rhétorique, à la judiciaire, à la logique et semblables drogueries si vaines et

inutiles à leurs besoins, j'entre en crainte

Montaigne.

D'après Mad. de Maintenon, la connaissance des quatre règles était de luxe; une femme, même bien née, pouvait avouer sans, rougir qu'elle n'avait point <( appris l'arithmétique », qu'elle ne savait ni « faire un mémoire » ni « arrêter un compte ».

Nulle science n'est pour elles trop profonde, Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du Monde. Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir. On y sait comme vont Lune, Étoile polaire, Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire; Et dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin. On ne sait comme va mon Pot dont i'ai besoin.

OPINIONS DIVKHSKS 291

Vous devriez. . .

M'oster, pour faire bien, du grenier de céans, Cette longue lunette à faire peur aux Gens, Et cent brimborions doritTaspect importune : Ne point aller chercher ce qu'on fait dans lii lune Et vous mêler un peu de ce ([u'on fait chez vous, Où nous voyons aller tout sens-dessus-dessous. Il n'est pas bien honneste et pour beaucoup de causes Qu'une femme étudie et sache tant de choses.

MoLiÈKK. Les femmes savantes.

Du iiiciiic Molière :

Et c'est assez pour elle, à vous bien parler, De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer.

I Prier Dieu, très bien ; m'aimer, coudre et filer, quel égoïsmc lïf!

Dieu tire la femme de l'homme même, et la forme d'une côte superflue qu'il lui avait mise exprès dans le côté... Les femmes n'ont qu'à se souvenir de leur origine, et, sans trop vanter leur <lélicatesse, songer, après tout, qu'elles viennent d'un os surnuméraire où il n'y avait de beauté que celle (lue Dieu y voulut mettre.

BossuET. Élévation sur les mystères (cinquième semaine, deuxième élévation).

On a vu des femmes très savantes, comme il en fut de guer rières, mais il n'y en eut jamais d'inventrices.

Voltaire, Assez rarement, soit; mais jamais, c'est trop dire.

Pour l'ordinaire, les femmes sont incapables de pénétrer les

vérités un peu difficiles à découvrir.

Malebranche.

Pour les recherches laborieuses, pour la solidité du raisonnement, pour la force et la profondeur, il ne faut que des hommes.

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