‹ Les femmes dans la science; notes recueilliesChapitre 179 sur 192 · L. WiESE. Lettres sur Véducation anglaise, t. II, p · texte numérisé non relu

L. WiESE. Lettres sur Véducation anglaise, t. II, p

Estant le temps venu que les sévères lois des hommes n'empeschent plus les femmes de s'appliquer aux sciences et disciplines, il me semble que celles qui en ont la commodité doivent employer cette honneste liberté, que notre sexe a autrefois tant désirée, à icelles apprendre, et montrer aux hommes le tort qu'ils nous faisoient en nous privant du bien et de l'honneur qui nous en pouvoit venir Je prie les vertueuses dames

d'eslever leurs esprits par dessus leurs quenoilles et fuseaux

Louise Labbk. (Lettre à Clémence de Bourges, i

Je me merveille fort de l'opinion d'aucuns hommes, qui ne vouldroient point que leurs femmes, tilles ou parentes, appren-

sissent sciences, et que leurs mœurs en empireroient (domine

doncque est-il à penser que qui suit bonnes leçons et doctrine, en

doit empirer? Cette chose n'est à dire ni à soustenir N'estait

pas de cette opinion Jehan Audry pour sa belle et bonne fille

qu'il tant aima, qui eut nom Novelle Et atin que la beauté

d'icelle n'empechast la pensée des oyants, elle avait une petite courtine au devant d'elle.

Christine de Pisan. Le livre de la cité des dames.

Encore que je sois l'ennemie déclarée de toutes les femmes qui font les savantes, je ne laisse pas... d'être souvent épouvantée de voir tant de femmes de qualité avec une ignorance si grossière que, selon moi, elles déshonorent notre race.

Mad"^ de Scudkky.

J'espère que vous ferez voir à vos frères (pie la science peut être le partage des femmes comme des hommes... Je suis ravi de voir que vous savez patiner aussi bien qu'écrire... vous me permettrez cependant de préférer toujours les ouvrages de votre esprit à ceux de vos doigts.

Le chancelier i>'A(;iksskait à sa tille.

A l'égard des ouvrages de génie et de sagacité, mille exemples nous prouvent que la faiblesse du corps ify est pas un obsUuie dans les hommes; pourquoi donc une éducation plus solide et plus mâle ne mettrait-elle p;is les femmes à portée d'y réussir ?

OPIMONS DIVERSES 307

Descartes les jugeait plus propres que nous à la philosophie et une princesse malheureuse a été son plus illustre disciple.

d'Alembkki .

(.o.NDOiicKT [Mémoire sur Véducation des femmes) dit que les leiiinies ne doivent pas être exclues des professions scientifiques, parce qu'elles peuvent se rendre utiles à leur progrès, soit en faisant des observations, soit en composant des livres. « Quant aux sciences, pourquoi leur seraient-elles interdites ? Quand bien même elles ne pourraient contribuer à leur progrès par des découvertes (ce qui d'ailleurs ne peut être vrai que de ces découvertes du premier ordre qui exigent une longue méditation et une force de tête extraordinaire;, pourquoi celles des femmes, dont la vie ne doit pas être remplie par l'exercice d'une profession lucrative, et ne peut l'être en entier par des occupations domestiques, ne travailleraient-elles pas utilement pour l'accroissement des lumières, en s'occupant de ces observations qui demandent nne exactitude presque minutieuse, une grande patience, une vie sédentaire et réglée ?

Poullain de la Barre, dans son livre De Vègalitè des deux sexes (1635), dit que les femmes sont capables de mathématiques parce qu'elles aiment naturellement l'ordre et les proportions.

Le même auteur original dit ailleurs :

Il n'est pas d'étude de raisonnement (la physique et la mathématique) qui ne demande moins d'esprit et de temps qu'il en faut pour apprendre le point et la tapisserie.

Les véritables savantes sont fort rares, j'en conviens ; mais c'est un mal dont les hommes, par une secrète et vaine jalousie, sont la cause. Ils donnent aux femmes une espèce d'horreur pour le savoir. Que disent-ils d'une jeune savante, ou plutôt, que n'en disent-ils pas ? Je trouve qu'ils entendent bien mal leurs intérêts, et je crois avoir assez d'expérience pour décider que c'est à ce faux préjugé qu'on doit les plus grands maux des Républiques.

Continuation des Mémoires de Desmolets (t. V, p. 188).

Quand les fciiinies ont du génie, je leur en crois l'empreinte plus originale qu'en nous.

DiDEHOT.

Je ne sais pour quelle destinée particulière il eut beaucoup de femmes pour disciples. La première de toutes qui s'aperçut bien vite qu'il avait quantité de façons de parler vicieuses, lui dit qu'en revanche de la philosophie qu'elle apprenait de lui, elle lui voulait apprendre le Français ; il reconnaissait que sur ce point il avait beaucoup profité avec elle. En général, il faisait cas de l'esprit des femmes même par rapport à la philosophie ; soit qu'il les trouvât plus dociles parce qu'elles n'étaient prévenes d'aucunes idées contraires, et qu'elles cherchaient à entendre et non à disputer ; soit qu'il fût plus content de leur attachement pour ce qu'elles avaient une fois embrassé ; soit enfin que ce fond d'inclination qu'on a pour elles, agît en lui sans qu'il s'en aperçût, et les lui fît paraître pour philosophes, ce qui était la plus grande parure qu'elles puissent avoir à ses yeux.

Son commerce avec elles avait encore l'assaisonnement du mystère ; car elles ne sont pas moins obligées à cacher les lumières acquises de leur esprit, que les sentiments naturels de leur cœur, et leur plus grande science doit toujours être d'observer jusqu'au scrupule les bienséances extérieures de l'ignorance. Il ne nommait donc jamais celles qu'il instruisait, et il ne les voyait presque qu'avec les précautions usitées pour un sujet fort différent. Outre les femmes du monde, il avait gagné aussi des religieuses, encore plus dociles, plus appliquées, plus occupées de ce qui les touche. Enfin il se trouvait à la tête d'un petit empire inconnu, qui ne se soumettait qu'aux lumières, et qui n'obéissait qu'à des démonstrations.

FoNTEXELLE. Elogc de Carré.

* * Pourquoy (les femmes) ne seroient-elles pas aussi capables <que nous de la contemplation et des sciences de la phih)soj)hic .spéculative ? Leurs Ames sont-elles plus terrestres et plus attachées à la matière que les nostres ? Sont-elles dune trempe différente, ou d'une autre source ? La Nature les a-t-elle chargée."' de quelque masse, les a-t-elle liées de quelque chaisne, (pii les «mpesche de s'élever ? Sont-elles absolument incapables de ce^ aisles que Platon a remarquées dans les .Vmes contemplatives ? Toutes choses donc sont égales entre 1 es Hommes et les Femmes

lu côté de TAme, ([iii est la pnvllo iiitcllii^ciilc ri (jui r.iil les Sçaiians et les Philosophes...

Lk p. [.kmgyne. Gallerie des femmes fortes, p. V.\ (2" partie).

lieeonnaissons donc que les femmes peuvent parluf^pr avec nous la possession des sciences. La Nature n'a pas eu le dessein de les en exclure, et les raisons mesmes qui sont alléguées contre leur droit, le contirment davantage et leur valent de nouveaux titres. On scait aussi que depuis le temps des Muses, qui ont esté des Sçauantes érigées en Déesses, il n'a point esté de

«le qui n'ait eu un bon nombre de Femmes très capables, ues connaissances positives, l'instruction exacte, l'étude approfondie des choses, convient aussi ])ien aux femmes qu'aux hommes.

Miss En^woRTii.

Je crois qu'il ne manque aux femmes que les occasions de s'instruire et de prendre de l'émulation ; on en voit assez qui se distinguent, malgré les obstacles de l'éducation et du })réjugé, pour croire qu'elles ont autant d'esprit que la plupart des hommes qui acquièrent de la célébrité dans les sciences.

Jkrôme Lalande. Astronomie des dames : préface.

Admettons les femmes, comme on le faisait à Athènes, dans les écoles de Rhétorique, de Philosophie, de Mathématiques et l'on verra panni elles des femmes éloquentes, des philosophes éclairées, de profondes mathématiciennes.

RiBALLiER. De l'éducation physique et morale des femmes, p. 90.

11 faut longtemps occui)er l'esprit des jeunes lillcs de choses étrangères à leurs intérêts. Il faut obliger leur esprit à sortir de la sphère des discussions journalières et des sujets constants de nos recommandations; l'étude de la nature morte, celle des lois éternelles de Dieu dans l'ordre intellectuel, sont les seules études qui exercent leur pensée sans la trou]>ler C'est là

qu'elles apprendront à mettre du prix à la vérité, en oubliant elles-mêmes et les autres.

M™° Negker de Saussure. De Vèducation progressive, t. II, p. 335 et suiv.

Thomas Bucrle, auteur d'une Histoire de la civilisation, a fait k l'a Société royale de Londres, le 19 mars 1858, un discours célèbre : De Vinfluence des femmes sur les progrès de la science, reproduit dans l'édition des œuvres par Helen Jaylor.

La femme a l'esprit déductif, or c'est la déduction qui fait et

fera de plus en plus la science. L'homme est inductif, part des

faits

On a osé mettre en doute si les femmes sont capables d'une instruction complète dans les sciences les plus abstraites. Les uns ont soutenu que la faiblesse naturelle de leurs organes, l'inquiétude de leur caractère, la variété de leurs sensations ne pouvaient permettre aux femmes cette attention constante qui peut seule réunir et comparer différentes idées ; que leur impatience et leur propension au changement ne devaient pas leur permettre de suivre, durant l'espace de plusieurs années, le môme genre d'étude nécessaire pour acquérir des connaissances vastes et profondes; enfin que l'excès d'un travail uniforme, propre à accumuler les matériaux d'une grande érudition, devait amener facilement le dégoût chez les femmes.

Descartes soutient le contraire, et malgré la vraisemblance des conjectures contre son opinion, l'expérience vient à son secours et nous démontre qu'en fait de sciences, les femmes sont capables de tous les élans philosophiques dont les hommes se sont crus seuls susceptibles. Il suffit d'ouvrir l'histoire pour être convaincu de cette proposition.

Catalam.

Nous avons en efiet consulté l'histoire.

Ou la femme n'est pas faite pour être la compagne de l'homme, ou c'est une contradiction iniijne et absurde de lui interdire les connaissances qui lui permettent d'entrer en commerce spirituel avec celui dont elle doit partager la destinée, comprendre au moins les travaux, ressentir les luttes et les souffrances pour les soulager. Laissons-la donc cultiver son esprit par toute sorte

lie belles connaissances et de nobles études, pourvu que soit iiiviolablement gardée la loi suprême de son sexe : la pudeur ([iii fait la grâce.

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