‹ Les femmes dans la science; notes recueilliesChapitre 180 sur 192 · V. ('.OL'siN, Jacqueline Pascal, p · texte numérisé non relu

V. ('.OL'siN, Jacqueline Pascal, p

La femme portant dans la Philosophie et la Science sa finesse d'observation, son amour du concret, corrigera la tendance exagérée de l'homme à l'abstraction, et démontrera la fausseté des théories construites sur l'a priori, sur quelques faits seulement. C'est alors que disparaîtra l'ontologie; que l'on reconnaîtra que l'hypothèse n'est qu'un point d'interrogation; que la .J^^ité est toujours de nature intelligible, quelqu'inconnue ^^Bf^ll^ puisse être; on ne généralisera que des faits connus, et ^DDUS aurons ainsi une véritable philosophie, de vraies sciences .humaines, parce qu'elles porteront l'empreinte des deux sexes.

■ Jexny d'Héricoirt. La femme affranchie, t. II, p. 114.

M. Le Bon demande qu'on lui cite une seule femme qui ait réussi dans les sciences exigeant du raisonnement. Nous lui citerons Sophie Germain, Sophie Kowalevski et Marie Gaetana Agnesi, célèbre au xviii« siècle par ses travaux mathématiques; — pour ne pas remonter aux temps des Diotime, Pamphila, Leontia, Pantaclea, Argia, Nicarette, Melissa, Hypatie, etc., ni aux Italiennes, comme la philosophe Bassi, Isabelle Sforza, Glaire Mastrami, ni aux femmes jurisconsultes de Bologne, Dotla, Bettina Buon Signori et Novella Audria.

A l'heure présente, c'est une femme de mérite, la doctoresse Catani, qui occupe à Bologne la chaire d'histologie.

A. Fouillée. Tempérament et caractère, p. 244.

Peut-on parler de l'instruction supérieure en Amérique sans rappeler avec quelle ardeur les femmes s'empressent d'y participer? Le mouvement ne se ralentit pas, au contraire. Chaque jour voit augmenter le nombre de celles (jui apprennent les mathématiques, la physique, le droit, la méclecine, le latin ou même le grec. Les programmes des études et des examens sont d'ailleurs identiques, en général, pour les doux sexes, soit dans

le système de la coécliication, très pratiqué, soit dans les cours spéciaux.

Avec le vif désir de s'instruire, les jeunes étudiantes apportent à cet enseignement élevé le ferme propos de conquérir l'égalité sociale, dont l'égalité scolaire est le prélude. Mais leur grâce native subsiste. Il s'y ajoute des qualités solides et un fonds de connaissances variées ; aussi la conversation des femmes amérieaines fait-elle le charme de la Société aux États-Unis.

.Iules Violle. L'exposition de Chicago et la science américaine.

(Hevue des Deux-Mondes du i"juin 1894.)

Le collège d'Antioclie (ville de rOliioi a donné un des résultats les plus étranges. Jusqu'alors on avait été persuadé qu'il y avait diversité d'esprit entre l'homme et la femme; que l'esprit de l'homme penchait plutôt vers les choses abstraites. L'expérience acquise au Collège d'Antioche prouve que l'esprit n'a pas de sexe et qu'il n'y a pas d'études spéciales pour le jupon et pour l'habit. Si les femmes ont montré quelque part un peu plus d'aptitude que les hommes, c'est pour les études mathématiques! Raisonnez après cela.

E. LAnorLAYE. Horace Mann (Discours populaires"!.

Les mathématiques sont du ressort de tous les sexes. Elles fortifient le jugement et le rectifient même jusqu'à un certain point; elles n'exigent aucune connaissance préliminaire; et elles devraient à ce titre être le commencement de l'éducation. Ce sont les mathématiques qui enseignent à calculer les richesses, à mesurer les possessions et à tirer de l'argent le parti le plus avantageux. Le plaisir que Ton goûte en les cultivant fait oublier les maux et les chagrins; de toutes les sciences, elles seules ne demandent ni machines dispendieuses,' ni grandes l)ibliothèques.

Tous ces avantages réunis doivent intéresser les Dames en faveur des Mathématiques. Les fastes de cette science ont consacré à l'immortalité plusieurs d'entre elles qui les ont cultivées avec succès. L'Italie a vu dans ce siècle la savante Agnesi occuper une chaire de Mathématiques. Paris a vu aussi avec étonnement M™« Lepaute calculer le passage de Vénus sur le Soleil cl phisieurs volumes des Ephémérides. La brillante réputation que s'H<'qnil la inaï-qnise <lii Cliàtelet par so?i abi'éiré du sv^lrmc de

Newton, dure encore. Il y a eu d'autres teninies qui ont étudie* les Mathématiques avec succès; mais je ne peux les nommer toutes dans cet abrégé. C'est assez d'avoir offert quelques exemples aux Dames courageuses qui voudront nous suivre dans les détours du Calcul et de la Céométrie, sans être rebutées par le petit nombre d'épines qui seml)lent en l>order les avenues.

Bibliothèque universelle des Dames, 24 volumes, in-24, chez Cuchet, rue et hôtel Serpente. — Commencement du l"*" vol. {\o^ mathématiques.

^^es iVinnies aiment la philosophie, elles y réussissent; c'est-à- ^Be réussissent à la comprendre plutôt qu'à la juger. Elles ont •^esprit plus subtil que nous. Tous les confesseurs (la théologie est de la philosophie) comprendront et approuveront ce que je dis là. Sainte Thérèse, Héloïse, madame Guyon, pour citer les plus glorieuses, sont des philosophes mystiques d'une grande et étrange habileté.

J. Simon. La femme au xix*^ siècle.

Il y a des hommes qui sont femmes par le cœur et la tète; des femmes qui sont hommes par la tête et le cœur ; dans l'humanité, ils forment un huitième d'exception. Toute liberté et tout droit leur sont reconnus.

Chaque membre du phalanstère suit sa vocation, obéit à ses attractions, car Z«v attractions sont proportionnelles aux destinées. Donc le huitième d'exceptions, dans les deux sexes, ayant attraction pour des travaux qui sont plus spécialement du ressort du sexe différent, est parfaitement libre de s'y livrer.

Charles Foirikr.

On fait naître et on propage la futilité des femmes par cette crainte de faire des savantes, de trop développer leur intelligence...

N'oblige-t-on pas la femme qui a des goûts sérieux à les cacher ou à les faire excuser par tous les moyens qu'elle pourrait employer, s'il s'agissait d'une faute.

DuPANLOUr.

Si une femme a la vocation de la science, de quel droit lui reprocherons-nous d'avoir suivi sa voie ? Comment blAmer cette

noble et douce Sophie Germain qui, aux soins du ménage et de la famille, préféra les méditations silencieuses de l'algèbre et de la métaphysique? La science ne peut-elle avoir, comme la religion, ses vierges et ses diaconesses? S'il est peu raisonnable de vouloir instruire toutes les femmes, Test-il davantage de vouloir interdire à toutes les hautes spéculations de la pensée ?

Anatole France. Le jardin cTÉpicure, pp. 192-103.

On sait aujourd'hui que la femme est capable d'exceller non seulement en littérature, en philosophie et dans l'art de gouverner les nations, mais dans les sciences naturelles et même dans les sciences exactes, mathématiques supérieures et astronomie.

AuG. Glardon. Deux femmes célèbres. (Bibliothèque universelle, mai 1894.)

Voyez-les tous, acharnés à tuer, par le ridicule, l'essor encore incertain et timide de la pensée féminine.

Séverine. [Le Journal du 15 août 1896.)

Les mathématiques entrent également dans le bagage scientifique dont il faut munir de bonne heure la jeune fille ; plus tard elle se trouvera tout armée pour conquérir le vnii savoir, les hautes études.

M™« Edgar Quinet. Le vrai dans C éducation^ p. ;jk

11 y a égalité entre les sexes pour le développemenl cérclu-al ; on pourrait même soutenir, fait en rappoi-t avec ce que l'anatomie comparée indique comme constituant le véritable progrès morphologique cérébral, que la femme est plus avancée en évolutions que l'homme.

P. TopiNARi) (Revue d'anthropologie du T) juillet 1882).

Pour déterminer la valeur intellectuelle d'un cerveau, il faut tenir compte non seulement de sa grandeur, mais tout autant sinon plus, de sa texture intime, et de la délicatesse de chacune

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(le ses parties. Il ne répiij^ne donc pas de supposer que, sous ce rapport, le cerveau féminin l'emporte sur le cerveau masculin, autant qu'il est primé par lui en volume, et cela concorde avec la finesse, la délicatesse plus grande du corps féminin.

Louis Buchner.

Voir, à propos des deux citations précédentes, l'opinion du D"" Maneuvrier, l'anthropologiste connu, sur la supériorité intellectuelle de la femme. (Association française pour l'avancement des sciences, 1882.)

En supposant une capacité égale dans les deux sexes, il est plus étonnant de trouver une femme savante que cent hommes savants, vu la différence de l'éducation.

G. Walsh. Discours sur les femmes, p. 119.

Ce n'est point avec les sciences que l'on risquera jamais de faire des pédantes ; au contraire, c'est par une instruction scientifique sérieuse et approfondie, qu'on arrivera à former des femmes simples et modestes, car ces femmes sauront comprendre que ce qu'elles savent n'est rien en comparaison de ce

qu'elles ignorent.

M™" J. Desparmet-Rlello.

Les sciences conviennent à merveille à l'esprit féminin et les sciences abstraites toutes les premières.

N'est-ce point un vrai chagrin de penser à tout le profit qu'a

fait perdre à la science cet interdit jeté sur la moitié des forces

intellectuelles de l'humanité.

Paul Dupuy.

Pour développer chez la jeune fille ce pouvoir de réflexion qui est la marque distinctive de la personne, et cet ordre de l'esprit qui procède par principes et démonstrations, nous réservons à la culture scientifique une place importante

On a répété que les femmes n'ont point de goût pour les sciences abstraites, oubliant qu'on ne fait le plus souvent avec profit que ce qui coûte de la peine. On ajoute qu'elles sont incapables do se livrer à des études scientifiques ; l'expérience ne vient-elle

pas, au contraire, de prouver, en France, « que les sciences abstraites ne sont pas plus interdites à un sexe qu'à l'autre, et (}ue ce qu'il y a dans l'esprit des femmes de pratique et de siil)lil s'applique à merveille à l'intelligence des problèmes matbématiques. » Bien plus, sans prétendre les transformer en astronomes ou en géomètres, il faut habituer les élèves à la théorie, régler leur intelligence au mouvement de cette impeccable démonstration, leur donner l'esprit mathématique.

La sévère beauté du raisonnement pur les frappera bientôt et, en voyant comment la raison a fait, de l'art de mesurer les terrains, la science de l'étendue, elles admireront ce pouvoir illimité de la pensée, source inépuisable du monde géométrique, et la force de l'activité réfléchie déterminant avec une merveilleuse exactitude le détail infini des figures. L'étude des mathématiques pures donne à Tesprit confiance en lui-même et prouve, mieux que toutes les exhortations, la nécesvsité et la puissance de la méthode : il n'y faut pas chercher tant un système qu'un merveilleux instrument de connaissance. Elles apprennent à réfléchir et par conséquent à apprendre : — c'est donc à ceux dont l'intelligence est mol)ile et Timagination vive ([u'il faut donner cette forte et calmante nourriture. La subtile harmonie du raisonnement, l'élégante économie des constructions, mises habilement en lumière par un professeur expérimenté, pourront bien vite aussi, quoi qu'en pensent les pédagogues allemands, éveiller le sens esthétique de la jeune fille. « On prétend, disait le profond auteur de la Métaphysique^ que les mathématiques n'ont absolument rien de commun avec l'idée du beau. L'ordre, la proportion, la symétrie, ne sont-ce pas de très grandes formes de beauté ? »

E. Blum. U enseignement secondaire des jeunes filles en Allemagne, p. 100 et suiv.

J'ai enseigné les mathémaliciues et aussi les sciences morales et philosophiques. Pour ces diff'érentes branches d'études, j'ai eu dans mes classes des jeunes filles aussi bien que des jeunes gens et je n'ai remarqué entre les uns et les autres aucune différence. Les deux sexes ont une part égale parmi les forts et parmi les faibles.

E\mCHlLD.

La femme qui sait, la femme (pii jn-nse, aimera-t-olh^ moins ?

Il me s(Miil>lc qu'ollc airucra davanta^a'. Pcnlra-t-oUe sa grâce

parce (inelle saura un peu d'histoire et d'aljjfèhre ? Pas plus

qu'elle ne }>erdra ses yeux, sa taille et ses cheveux.

Augustin Fn.ON.

Quand peu à peu la science aura pénétré chez la femme, plus lentement et plus sûrement, elle reviendra à nous tamisée et scrutée, elle sV reflétera pour rejaillir sur nous, le jour où les masses affolées l'auront désertée.

Félix Hkmo.

A la facilité de saisir et de retenir les faits, ajoutez le goût de la symétrie qui semble inné chez les femmes : vous comprendrez l'aptitude qu'elles montrent souvent pour l'étude de la géométrie.

Paul Lafitte. Le paradoxe de Véyalité, p. 117.

Dans lintéressante étude de Gajori sur V Enseignement des mathématiques aux Étals-Unis (1890), on remarque, parmi les réponses au questionnaire du gouvernement, celles relatives à la capacité comparée des deux sexes en mathématiques. Quarante-quatre concluent fermement à la supériorité des femmes, mais trente-six manifestent, avec quelques nuances, l'opinion opposée. Nous lisons ces observations :

Dans mes classes, les jeunes dames ont généralement excellé.

Les jeunes gens sont susceptibles d'efforts plus prolongés; les filles sont plus spontanées.

Les garçons sont supérieurs en moyenne, mais c'est souvent une demoiselle qui tient la tête.

Plusieurs de nos étudiants les plus distingués en mathématiqaes sont des femmes.

Les garçons paraissent plus inventifs. Nous l'expliquons parce que la femme ayant été jugée a priori peu capable de science, n'a pas été exercée et il en est résulté un amoindrissement passager de la faculté.

Les facultés d'entendement, jugement, raisonneiiient, suiil très puissantes chez la femme. La plus jolie moitié du genre humain excelle à bien coordonner les faits, à bien raisonner, à bien juger. Ce sont là des découvertes qui ont bien leur importance.

Beaucoup de personnes s'en doutaient bien, mais le lait n'était que probable et il paraît démontré maintenant. Pouvoir remarquable de coordination, pouvoir de raisonnement. Mais ce sont là des qualités maîtresses; et, comme elles suffisent pour bien démontrer que le plus souvent, derrière l'homme, il faut chercher la femme ! En tout cas, ces facultés nous expliquent de môme les succès croissants que remportent les jeunes filles qui s'adonnent à l'étude des sciences. Longtemps on a cru que le cerveau delafeujme n'était pas fait pour les spéculations abstraites.

Quelle erreur! Quand une jeune fille lèvent, elle acquiert rapidement les connaissances scientifiques les plus ardues. L'expérience de ces dernières années est bien là pour le prouver. La femme apprend le droit, la médecine, l'histoire naturelle, les mathématiques aussi bien sinon mieux que l'homme, et elle se montre souvent supérieure à l'homme dans ces travaux sévères.

De Parville. [Journal des Débats du 20 décembre 1893.)

11 y a parmi les femmes, de beaux et de nobles cerveaux, parfaitement capables de s'élever à la compréhension des idées philosophiques et générales. Telle, pour ne parler que d'une morte, cette madame Ackermann, qui jeta sur sa robe le manteau de Lucrèce. En disant que cette égalité conquise dans le domaine de la pensée est une exception , qui sait si les hommes ne témoignent pas d'une certaine frayeur /le la voir grandir et s'affirmer encore?

Henry Folquier. Les Bas bleus. (Le Figaro du li juillet 189C.)

Le cerveau de la femme est, tout comme celui de l'homme, capable de comprendre bien des choses, j'ent(Mids des pins hautes et des plus abstraites.

Abbé Mellier. De Véducation des femmes au ww" siècle^ pp. t»l et 62.

On croit généralement en Allemagne que les études matliématiques sont inabordables aux dames

Durant ce trimestre, six dames ont suivi les cours et les

exercices de iiicithéin<iti(iues supérieures. Elles s'y sont constamment montrées, à tous points de vue, de même valeur que leurs concurrents masculins.

F. Klki.n.

Dans les temps anciens, comme dans les temps modernes, il y a eu d'éminentes mathématiciennes. En dehors de ces exceptions, les femmes peuvent étudier avec succès les mathématiques, comme le prouvent les expériences qui se fontà Gœttingue, à Zurich et aussi en Angleterre

Malheureusement, en Allemagne, les femmes ne peuvent guère acquérir les connaissances préalables pour pouvoir étudier aux Universités, car on ne fait presque pas de mathématiques dans les écoles de filles.

Wangeri.n.

On me demande mon opinion d'astrononu' sur les hautes études des femmes. Je réponds qu'en astronomie, ainsi que dans les calculs et les mesures de précision, les femmes peuvent

réussir aussi bien que les hommes Des mesures demandant

délicatesse et persévérance ont souvent été exécutées par des yeux et des mains de femme, avec la patience et Thabileté féminines Il y a aussi d'importants travaux faits par des femmes

en mathématiques et en calculs numériques.

FORSÏER.

J'ai eu à trois reprises l'occasion de suivre les progrès de jeunes dames (en géologie et en paléontologie) et je me suis assuré qu'elles ne le cèdent aux meilleurs étudiants ni par la vivacité de l'intelligence ni par la pénétration dans l'observation ; elles les dépassent par l'opiniâtreté dans le travail. Quant à l'aptitude aux recherches scientifiques personnelles, je ne puis trouver aucune dift'érence entre les étudiants des deux sexes.

VOX Zl ÏTEL.

Les quatre dernières citations sont extraites du livre de KirsciiHOFF, Die akademische Frau ^1897), où sont réunies les opinions des professeurs des universités allemandes, sur l'admission des femmes à l'enseignement supérieur.

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