‹ Les Femmes de l'EvangileChapitre 15 sur 28 · LES PARENTS DU SEIGNEUR APRÈS SA MORT · texte numérisé non relu

LES PARENTS DU SEIGNEUR APRÈS SA MORT

§ 12. Jésus-Christ est venu se former une famille sur cette terre , qui doit le suivre au ciel. — A quelle condition peut-on devenir son frère, sa sœur et même sa mère. — Explication d'un passage de l'Évangile sur ce sujet.

'une des plus consolantes vérités qu'on rencontre presque à chaque page dans l'Evangile et dans les Épîtres de saint Paul, c'est qu'en se faisant le fils de l'homme et le frère de l'homme, le Verbe divin a voulu faire des hommes les fils de Dieu et ses propres frères (1).

Jésus-Christ s'est donc formé une famille sur cette terre 5 il s'est donné des frères qui doivent le suivre au ciel, qui doivent former sa céleste parenté, partageant tous ses biens dans leur qualité de vrais héritiers de Dieu et de vrais cohéritiers du Christ (2).

Mais à quelle condition pouvons-nous aspirer à faire

(1) « Dédit eis potestatem fdiosD ci fier i{Joan. i, 12). Ut ado p- « tionemfiliorumDeireclperemus{Galat» \\, 6j. Non confunditar « fratres eos vocare [Hebr. u^ il). «

(2) * Si autem/iUi, et hœredes : hœredes quidem Dei, cohœredes « autem Christi [Rom. viii, 17). »

partie de cette race, de cette famille, de cette parenté divine, et recevoir l'investiture des biens qui y sont annexés ? Jésus-Christ lui-même nous l'a dit, dans les termes les plus clairs et les plus explicites, dans son Évangile. Allons consulter ce code divin de nos devoirs, mais aussi de nos droits et de nos espérances.

Nous avons souvent remarqué, dans le cours de ces Homélies sur les femmes de V Évangile^ que les femmes ont plutôt et mieux que les hommes compris Jésus- Christ comme étant le Fils de Dieu et le Messie. Ce fait a eu lieu même dans la famille du Seigneur. Pendant que Marie de Cléophas, aussi bien que Salomé sa fille donnaient les preuves les plus éclatantes de leur croyance en la divinité du Christ, ses fils Jacques, Joseph, Thaddée et Siméon, partageant ses vertus, ne partageaient pas tout à fait sa foi. Pour eux, Jésus, le fils de Marie, leur cousin, et qu'on appelait leur frère^ n'était qu'un grand prophète, mais non pas le divin Messie. Ils lui étaient très -dévoués 5 ils l'aimaient tendrement, mais, d'après saint Jean, ils ne croyaient pas encore en sa divinité; Neque enim fraires ejus credehant in eum (Joan.^ vu, 5). Un jour donc, ayant appris que Jésus, leur frère bien-aimé, se laissant emporter par son zèle d'évangéliser la foule, allait jusqu'à oublier de prendre la plus petite nourriture (1), et que par surcroît les Juifs voulaient le tuer; dans le transport d'une émotion toute humaine , ils se mirent à dire : u Hélas ! il va se perdre ; il est hors de lui-

(1) « Convenit iterum turba ita ut non possent neque panem man- « ducare [Marc, m, 20). »

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même; il faut aller le chercher, et l'arracher de vive force des mains de ses ennemis, et l'amener ici ou il sera plus en sûreté (1). » Ils firent partager à sa sainte mère leurs craintes et leurs anxiétés, et ils se rendirent à Capharnaûm , où le Seigneur se trouvait alors, dans l'intention de l'enlever et de le reconduire avec eux.

La synagogue où Jésus-Christ prêchait était si remplie de monde, que sa mère et ses frères ne purent y pénétrer pour arriver jusqu'à lui. Ils chargèrent quelques personnes de lui faire savoir qu'ils arrivaient de Nazareth et demandaient à le voir. On vint donc lui dire en présence de toute l'assemhlée : « Voilà que votre mère et vos frères, qui n'ont pu percer la foule, vous attendent au dehors et souhaitent de vous parler (2). )>

Le divin Maître profitait de tout pour instruire ses auditeurs, et pour élever leur esprit des choses de l'ordre matériel et humain, aux choses de l'ordre spirituel et divin. Il répondit donc : « Qui croyez-vous être ceux que j'aime avec l'affection qu on a pour ses frères et pour sa mère ? » Et étendant la main vers ses disciples : « Voilà, ajouta-t-il en les montrant, voilà ma mère à moi et mes frères; car quiconque

(1) « Cum audissent sui, exierunt tenere eum, dicebant enim « quia in furorem versus est [Ibid. v, 21). » Grœce, Exoste^ id est, Extra se est.

(2) « Et venerunt ad lllum mater et fratres ejus ; et non poterant « adiré eum prae turba [Luc, vni, 19). Et foris stantes, miserunt ad « eum vocantes eum [Marc, m, 31). Dixit autem quidam : « Ecce « mater tua, et fratres tui foris sunt, quœrentes te [Matth. xii, 47),

fait la volonté de mon Père, qui est dans les cieux, celui-là est vraiment mon frère, ma sœur et ma mère aussi (1). »

Mais est-il possible que notre divin Maître se soit ainsi exprimé, et que de telles paroles soient tombées de ses lèvres? Celui qui était venu nous enseigner le respect filial, l'amour fdial, la piété filiale envers nos parents, et qui avait placé ce devoir de l'homme immédiatement après ses devoirs envers Dieu, aurait-il commencé par renier lui-même ainsi ses propres parents et sa propre mère ?

Non, non, mes frères, il n'a rien fait de tout cela. Jésus aimait avec tendresse sa divine mère, comme il l'a dopné à voir par la sollicitude avec laquelle, sur la croix de ses douleurs , il l'a recommandée aux soins et au dévouement de son disciple bien-aimé {Joan,^ xx). Mais en lui la nature humaine étant parfaitement subordonnée à la nature divine, son amour pour sa mère, en tant qu'homme, était soumis à l'amour qu'il avait pour elle en tant que Dieu. Il a donc voulu dire qu'aimant sa mère comme étant son fils, il l'aimait bien davantage comme étant son Dieu. C'est-à-dire que Marie ayant toujours et en tout cherché à faire la volonté du Père céleste, à ce titre Jésus-Christ la regardait et l'aimait bien davantage comme sa mère qu'au titre d'avoir été engendré d'elle.

(1) a At ipse respondens ait : « Quce est mater mea? et qui sunt « fratres mei ? » Et extendens manum in discipulos suos dicit : « Ecce mater mea, et fratres mei. Quicumque enim fecerit volun- « tatem Patris mei qui in cœlis est, ipse meus frater, et soror et « mater est (il/tt^^/i. xii, 48, 50). »

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Par cette réponse du Seigneur, nous sommes avertis que notre divin Sauveur préfère à la parenté cliarnelle la parenté spirituelle, dans laquelle on ne fait attention ni au sexe ni aux différents degrés de proximité , et par laquelle les Saints lui appartiennent de très-près, et lui sont intimement unis comme s'ils étaient ses frères et sa mère(l). Nous sommes avertis que les vrais parents, la vraie mère du Seigneur sont ceux qui accomplissent la volonté de Dieu. Et comme c'est dans l'accomplissement de cette volonté divine que consiste la vertu, la perfection, la sainteté humaine, nous sommes avertis encore que la sainteté est la condition nécessaire , la condition indispensable de faire partie de la famille qu'il est venu se former sur cette terre, et qui, après sa mort, doit le suivre dans le ciel. Rien n'est plus clair.

Mais voici une autre difficulté. On conçoit bien qu'en obéissant fidèlement à Dieu l'on devient le fils adoptif de Dieu par la grâce, et par cela même, tout homme devient le frère, toute femme devient la sœur de Jésus-Christ. Mais on ne conçoit pas comment on peut devenir aussi sa mère.

Saint Augustin a répondu à cette dilKculté. Rappelez-vous, nous dit-il, ces touchantes paroles de saint Paul aux païens qu'il venait de convertir : Vous êtes mes enfants à qui je donne une naissance nouvelle jus-

(i) « Cognationem spiritualem carnali prœfert, in qua iior; est « sexus, nec ordo : sed omnes proxime et omniinode contingunt « Christum, quasi frater, soror, et mater (A Lapide hic, ex Patri- « bus). y>

qu'à ce que Jésus-Christ soiT FORMÉ et naisse en vousmêmes (1). Vous le voyez donc, l'amour de Dieu et du prochain est très-fécond, il peut/azVe naître vraiment Jésus-Christ dans ceux qu'il engendre à la foi et à la vertu ^ et par cela, toute âme fidèle et sainte devient la vraie mère de Jésus-Christ (2). Et saint Grégoire a dit à son tour : Lorsque , par notre parole , nous parvenons à faire connaître Jésus-Christ, à inspirer l'amour de Jésus-Christ aux autres, nous l'engendrons vraiment en eux. Et c'est ainsi que nous, qui sommes les frères du Seigneur par la grâce de la foi, nous devenons vraiment sa mère aussi par l'exercice de la prédication, de l'exhortation, de l'instruction et de la prière (3).

C'est que toute chose connue se produit d'une manière intentionnelle dans l'esprit qui la connaît, et toute chose aimée se produit, naît, d'une manière sentimentale, dans le cœur qui l'aime (4). Ainsi donc notre parole a une vertu génératrice -, et lorsqu'elle fait connaître, lorsqu'elle fait aimer Jésus-Christ, elle l'enfante

(1) « Filioli mei, quos iterum parturio donec in vobis eflornielur « Christus {Galat. iv, 19). »

(2) « Mater Christi est omnis anima faciens voluntatem Pdtris « ejus, fœcundissima charitate, in iis quos parturit, domc m eis Jésus « formetiir (Aug. de S. Virginit.). »

(3) « Sciendum nobis est quia qui Christi f rater et soror cre- « dendo, mater eCTicitur prœdicando. Quasi enim parit Dominum, « quem cordi audientis infuderit, et mater ejus aiïicitur, si, per ejus « voccm, amor Domini in proximi mente generetur {Homil. m in « Evang.). »

(4) u Omne cognitum est in cognoscente; omnc amatum est in « amante (S. Thomas), »

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dans l'esprit et le cœur de ceux qui nous écoutent. Celte doctrine est consolante, non-seulement pour nous qui exerçons le ministère de la Parole sainte, mais pour vous aussi, mères pieuses, qui faites connaître Jésus-Christ à vos enfants, et qui le leur faites aimer. Vous formez ainsi, vous engendrez Jésus-Christ dans leur âme, et, en accomplissant ce grand devoir, cette volonté de Dieu, humbles servantes, sœurs et filles chéries du Seigneur, vous devenez aussi ses véritables mères; et il vous doit celte génération spirituelle, qui fait le bonheur de son cœur de Sauveur, par laquelle il naît, il vit dans l'esprit et dans le cœur de l'homme.

§ 13. Explication d'un autre passage de l'Évangile sur le même sujet. — • Résumé de l'homélie. — On ne peut plaire à Dieu que par la sainteté. — La sainteté est facile. — Exhortation à s'y dévouer.

C'est cette même doctrine que notre aimable Seigneur a confirmée d'une manière plus éclatante encore, lorsque cette femme courageuse, dont parle saint Luc (1), enchantée du charme de sa divine parole, s'é-

(1) On croit que celle femme a été sainte Marcelle. Voyez ce que nous avons dit d'elle dans la VIl^ homélie, § 3. Lors de la visite de la sainte Vierge à sainte Elisabeth , celle-ci , après l'avoir proclamée Bénie entre toutes les femmes, lui dit encore : Que vous êtes heureuse d'avoir cru ! car tout ce que le Seigneur vous a révélé s'accomplira en vous {Luc. i). C'est-à-dire que sainte Elisabeth fit ellemême le commentaire de l'éloge qu'elle avait adressé à la sainte Vierge; tandis qu'ici sainte Marcelle aurait prononcé l'éloge de la Mère de Dieu, et le commentaire en aurait été fait par Jésus-Christ. Mais, dans les deux endroits, la doctrine est exactement la même, II. 49

cria au milieu de la l'ouïe : Heureux le ventre qui vous a porté et le sein que vous avez sucé ; et qu'il lui répondit: ik Heureux plutôt tous ceux qui écoutent la parole « de Dieu et la gardent (1) )). Par cette grande et sublime parole, il n'a pas nié, non plus, comme le remarque saint Augustin, que la sainte Vierge a été bien heureuse d'avoir été sa mère ; mais il a déclaré que cette auguste Vierge a cependant été plus heureuse encore d'avoir conçu le Verbe de Dieu par la foi que de l'avoir conçu par la chair ; et que sa maternité divine ne lui aurait servi à rien, si elle n'avait porté plus heureusement Jésus-Christ dans son cœur que dans son sein (2).

La raison de cela, ajoute un grand interprète, c'est qu'être la mère de Dieu est l'une de ces grâces que, dans le langage théologique, on appelle grâces intérieures et données gratuitement; mais écouter et garder la parole de Dieu est une de ces grâces que, dans le même langage, on appelle grâces intérieures qui rendent agréable à Dieu l'âme qui la possède. C'est-à-dire que la parenté la plus intime, selon la chair, avec Jésus-Christ, ne donne pas à l'homme le droit à la féli-

Voyez comment tout est uniforme, tout s'harmonise dans rÉvaagile.

(1) « Loquente Jesu ad turbas, extollens vocem, quaedam mulier « de lurba dixit illi : « Beatus venter qui te portavit, et ubera quse «I suxsisti. » At ille dixit : a QUINIMO, Beati qui audiunt verbum « Vei, et custodiunt illud {Luc» xi, 28). »

(2) « Materna propinquilas nihil Mariae profuisset , nisi lelicius « Christum corde quam carne gestasset. Bealior ergo Maria perci- « piendo fidem quam concipiendo carnem ChrisU [De S. Virginit.^ « c. m et Tract, x in Joan.). »

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cilé du ciel ; mais que c'est la docilité à entendre la parole de Dieu et la fidélité à l'accomplir constamment jusqu'à la fin de la vie qui donne le droit à la vision béatifique et à la gloire éternelle (1). Ainsi, la sainte Vierge aurait été élevée au premier rang dans les cieux» moins par la sublimité de sa dignité de mère de Dieu que par la sublimité de ses vertus.

Jésus-Christ aurait donc déclaré ici encore qu'il regarde, qu'il aime Marie comme sa mère, bien plus à cause de sa docilité et de sa fidélité à la parole de Dieu, que pour avoir fourni son sang au Fils de Dieu. Par conséquent, il aurait déclaré en même temps que tous ceux que l'Évangile appelle les dociles de Dieu, ou tous ceux qui se soumettent par leur esprit aux révélations divines et les accomplissent par leurs œuvres, — car écouter la parole de Dieu et la garder n'est que cela, — peuvent, eux aussi, être regardés, aimés du Seigneur comme des parents, comme des mères.

Mais, par cette même réponse, Jésus-Christ aurait établi aussi que bien croire, et opérer comme on croit, c'est le comble de la vertu, c'est la perfection de la sainteté ; et par conséquent il aurait établi, en même temps, que la sainteté est la condition unique, nécessaire, indispensable pour devenir membre de cette

(1) « Esso malrem Dei est gratia externa^ gratis data ; audire et « CUSTODJRE VERBUM Dei est gralia interna gratum Jaciens. Esse « rnatrem Dei précise non facit malrem beatam ut fruatur Dei vi- « sione et gloria œterna ; at custodire verbum Dei perseveranter a usque ad finem vitas perducît hominem ad visionem et gloriam « aeternam (A Lapide, hîc). »

parenté, de cette famille spirituelle qu'il est venu se former sur cette terre pour l'accompagner dans le ciel.

Yoilà comment, 1" par les parents qu'il s'est donnés avant sa naissance; 2^ par les parents dont il s'est environné pendant sa vie, et 3" par les parents qu'il s'est formés pour le suivre après sa mort, il nous a prêché l'obligation que nous avons tous d'être saints : Sancti estote, quia sanctus sum ego Dominus,

« Mais, être saints^ m'opposerez-vous, c'est facile à dire, mais ce n'est pas facile à faire. » Et moi je vous réponds : D'abord , oui , ce n'est pas facile d'être saint; mais est-ce qu'il est facile d'être scélérat? Le chemin de la sainteté est parsemé d'épines ; mais est-ce que le chemin du vice est parsemé de roses? et ceux qui le suivent ne sont-ils pas forcés, bien des fois, d'avouer, comme ces anciens pécheurs dont parle l'Écriture: Qu'ils marchent dans des sentiers difficiles; Ambulavimus vias difficiles [Sap. v, 7) ? Il faut se faire violence pour obtenir le bonheur du ciel ; mais est-ce qu'on ne doit pas se faire bien plus de violence encore, et s'assujettir à toute espèce de travail, de chagrins, de remords, d'humiliations, de douleurs, de sacrifices, pour goûter des délices fugitives de la terre? Dieu a mis à un grand prix les trésors de la grâce ; mais est-ce que le monde accorde gratis ses faveurs? Pour plaire à Dieu, l'homme doit immoler toutes ses passions; mais pour plaire à une seule passion ne doit-il pas, bien souvent, immoler son bien, sa santé, sa dignité, son honneur et même sa vie? Ah! tout bien calculé, il est vrai, il est certain que si Dieu est un maître sévère, le monde est un maître cruel ; que la vie de la vertu

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est infiniment plus facile, plus agréable, plus heureuse que la vie du péché, et qu'il en coûte infiniment moins au chrétien de se sauver que de se perdre.

En second lieu, est-ce que, pour être saint, il est nécessaire de quitter le siècle, de se condamner à toutes les rigueurs d'une vie solitaire, pénitente et austère? Non. Est-ce qu'être saint ce n'est pas sentir les misères, les défaillances de la nature humaine, ou bien c'est avoir des révélations, être ravi en extase, et opérer des prodiges? Non, non. La sainteté n'est pas cela et ne demande rien de tout cela. La sainteté, c'est la haine, la fuite du mal et la pratique du bien ; ce qui, avec les secours d'en haut, qui ne manquent jamais, et par l'usage fréquent des sacrements, est non- seulement possible, mais facile. La sainteté, c'est la vie en état de grâce. Tout chrétien en état de grâce est saint, et s'il éprouve des répugnances dans la pratique du devoir, de la sécheresse dans ses prières, cela, loin de rien ôter à sa sainteté, en augmente le mérite. Enfin, la sainteté n'est que la justice. Dans les Livres saints, les mots juste et saint sont synonymes. Soyez donc justes envers Dieu, envers le prochain, envers vousmêmes, et vous serez saints; et après vous être enrichis des grâces de la sainteté dans le temps, vous en aurez pour récompense d'être heureux pour toute l'éternité. Ainsi soit-il !

MARIE AU PIED DE LA CROIX f),

ou

LA MÈRE DE l' ÉGLISE.

(Saint Jean, chapitre xix.)

HOMÉLIE

Cum vidisset Jbstis matrem et discipulum stantem quem diligebat, dicit matri suae : « Mulier, ecce filius tuus. a Deinde dicit discipulo : « Ecce mater tua. » Et ex illa hora accepit eam discipulus in sua,

Jésus, ayant vu sa mère, et, debout près d'elle, le disciple qu'il aimait, il dit à sa mère ; «Femme, voilà votre fils. » Et ensuite il dit au disciple : « Voilà votre mère. » Et depuis cette heure-là le disciple la prit comme une chose qui lui était propre (v. 26 et 27).

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