APPENDIX
A l'homélie précédente.
Les soins de Marie pour l'Église naissante.
On vient de voir que Jésus-Christ, ayant associé Marie à toutes ses peines, ne l'a pas aussi associée à sa mort, et n'a pas permis qu'elle mourût de la transfixion de son âme, comme il est mort du cruciûement de son corps. Mais savez- vous pourquoi? C'est qu'il avait promis de ne pas laisser orpheline son Église ; Non relinquam vos orphanos. Et par conséquent, dit l'Interprète, il a laissé sa Mère lui survivant, afin qu'elle fût le centre d'union et de ralliement des apôtres et des disciples qui formaient l'Église ; afin qu'elle les consolât dans leur affliction, les raffermît dans leur inconstance, leur donnât des conseils dans leurs anxiétés, et les instruisît, les dirigeât, les encourageât en tout, en vraie mère de l'Église; Relicta fuit a Cfiristo , ut lapsos apostolos coUigeret, afflictos solaretur , titubantes solidaret, anxiis consuleret, eosque per omnia diriyeret, instrueret, animaret [A Lapide, in Matth.).
En effet, c'est Marie, ajoute le même interprète, qui réunit dans le Cénacle les apôtres que la peur des Juifs, après la capture du Seigneur, avait dispersés. C'est elle qui, par l'espérance du pardon, remonta l'esprit de Pierre, abattu par la pensée de son reniement. Ce fut elle qui, par la foi dans la résurrection de leur divin maître, rassura les apôtres , que sa mort avait complètement bouleversés ; Unde ipsa apostolos a Cfiristo capto diffugientes collegit. Petrum, ob negationem pusillanimem, spe venix erexit ; discipulos, ob mortem Chrisli turbatoSffide resurrectionis confirmavit [Ibid.],
C'est par la même raison qu'en remontant au ciel le Fils de Dieu laissa Marie encore pendant douze ans sur cette terre ; c'est-à-dire, poursuit Cornélius à Lapide, afin que cette mère divine, en qualité de vicaire de la tendresse de Jésus-Christ pour l'Église, fût le soutien de l'Église, l'institutrice des apôtres et la consolatrice des fidèles ; Hac de causa Christus matrem sibi mperstitem esse volait, ut quasi sui vicaria^ columen esset Ecclesiœ, doctrix apostolorum, consolatrix fidelium [Ibid.].