INTRODUCTION
§ i. Les Petits selon l'Évangile; les révélations divines leur sont exclusivement réservées. — Les saintes femmes au tombeau du Seigneur preuve de cette vérité. — Sujet et importance de cette homélie.
Ayant un jour appelé un petit enfant, et l'ayant placé au milieu de ses disciples, le divin Sauveur leur dit : (( En vérité, je vous l'assure, si vous ne changez et ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux : Et advocans Jésus parvulum^ statuit eum in medio eorum. Et dixit: <i Amen dico vobis, 7iisi conversi fueritis, et efjiciamini sicut parvuli^ non intrabitis in regnum cœlorum [Matt h. xviii).
Par ces graves et importantes paroles, nous savons
ou LE BONHEUR DES PETITS. 351
donc bien, mes chers frères, que les Petits de FÉvan- GiLE ne sont autres que ces âmes nobles et généreuses qui deviennent par vertu ce que les enfants sont par nature, humbles d'esprit et dociles de cœur; et que ces petits sont les êtres heureux auxquels le Dieu Père révèle les plus grands mystères, les plus hautes vérités qu'il cache aux hommes, orgueilleux de leur prudence et de leur sagesse : Abscondisti hœc a sapientibus et prudentibus^ et revelasti ea parvulis.
Ne vous étonnez donc pas, mes frères, de ce que, comme l'Évangile d'aujourd'hui vient de vous l'apprendre, ce n'est qu'aux femmes qu'a été faite la première révélation du grand mystère de Jésus-Christ ressuscité ; et que ce sont les femmes qui en ont été les premiers témoins, les premiers apôtres, les premiers évangélistes.
Ce n'est certainement pas que la femme soit un être plus noble que l'homme et qu'elle vaille mieux que l'homme aux yeux de Dieu, mais c'est parce que les femmes de VÉvangile ont été, en général, plus humbles, plus dociles, plus fidèles, plus généreuses que les hommes de l'Évangile. Ayant donc mieux mérité, il est bien naturel qu'elles aient été mieux récompensées. Car ce n'est pas à la prééminence du rang, à la supériorité du talent, à la noblesse du sexe, mais c'est à l'humilité et à la docilité de l'esprit, c'est à la pureté, à la simplicité et à la générosité du cœur que Dieu aime à se révéler, à se communiquer, à se donner ; ce sont là les vrais titres, les titres uniques qui donnent droit à la singularité de ses dons, à l'abondance de ses miséricordes, à la préférence de son amour, aux ten-
dresses de sa bonté : Abscondisti hœc a sapientihus et prudentibuSy et révélas ti ea parvulis.
C'est cette grande leçon, c'est ce délicieux mystère du BONHEUR DES PETITS SELON l'Évangile qui ressortent d'une manière toute particulière de l'histoire des saintes femmes au tombeau du Seigneur ressuscité ; et je suis heureux , en vous expliquant aujourd'hui cette histoire, de vous entretenir du mystère de la résurrection sans sortir du sujet des femmes de F Évangile^ que j'ai choisi pour cette station.
Ah ! ces saintes et bienheureuses femmes sont ellesmêmes une prédication vivante, un magnifique évangile pour tout le monde. A leur école peuvent, mieux qu'ailleurs , s'instruire non-seulement toutes les femmes, mais aussi tous les hommes eux-mêmes. Elles nous montrent, mis en action, le vrai mérite de l'homme et ses récompenses de la part de Dieu. Elles nous apprennent la vraie science, la vraie sagesse, la science, la sagesse chrétiennes ; en un mot, tout l'Evangile, renfermé dans un court et simple récit, mais plein de charmes et de lumières, plein de grâces et de vérités ! Oh ! les graves et en même temps les touchantes et consolantes choses que j'ai à vous dire aujourd'hui! Hâtons-nous donc d'entrer en matière, après avoir félicité Marie, la femme de r Évangile par excellence, de la glorieuse résurrection de son fils : Regina cœli^ lœtare, etc.
ou LE BONHEUR DES PETITS, 353