‹ Les femmes de la BibleChapitre 16 sur 25 · MARIE, SCEUR DE MOÏSE · texte numérisé non relu

MARIE, SCEUR DE MOÏSE

lence. Au reste, elles sont soumises à ce mouvement de flux et de reflux qui balance les eaux de l'Océan, mais qui ne laisse pas longtemps la grève à sec, et qui surtout ne suspend jamais les flots à droite et gauche pour frayer le chemin à un peuple innombrable.

Il y eut un moment solennel et terrible pour les Hébreux arrivés près de la mer Rouge. A l'est, un golfe infranchissable; à l'ouest, une chaîne de montagnes qui ne pouvait, d'ailleurs, s'abaisser sous les pas des pèlerins sans les mettre aux mains de l'Egypte ennemie; au midi, une vallée s'enfonçant vers des régions inconnues : tel était l'horizon lorsque tout à coup apparut au nord une armée nombreuse qui accourait avec ses chariots et ses cavaliers. C'était Pharaon à la tête de ses troupes. On sait quel étonnant prodige saccomplit : à l'ordre de Moïse, la mer se divisa, dressa de part et d'autre ses eaux solides comme une muraille et livrant aux Hébreux une large route; ils passèrent durant toute la nuit. Un nouvel ordre fut donné, et la mer s'afiaissa comme une maison qui croule, ensevelissant dans ses flots les troupes égyptiennes que l'ardeur de la vengeance emportait sur la trace de leurs anciens esclaves. Elles jetèrent un effroyable cri, à la vue et au bruit des vagues fondant sur leur tête. « Fuyons Israël! car son Dieu combat contre nous. » Mais les vagues marchaient sous la main de Jéhovah, comme un cheval dont la fougue est pressée par un audacieux cavalier; elles comblèrent l'abîme d'une rive à l'autre, et tout cri cessa.

Les vieux monuments de l'Egypte attestent, en eSet, qu'à cette même époque, un Pharaon du nom d'Aménophis III disparut tout à coup et fut remplacé au trône par un roi célèbre, Sésostris le Grand. Pour les Hébreux, leurs livres sacrés sont pleins du souvenir d'un si haut fait : ils parlent sans cesse de la mer se repliant avec épouvante sur elle-même, du bras de Dieu traçant un chemin solide à travers les eaux et étouflant une armée, comme on éteint une mèche fumante. A l'heure même et sur le théâtre d'une victoire si inopinément remportée, un hymne pompeux célébra la délivrance d'Israël. Marie, sœur de Moïse, conduisait le chœur des femmes ; toutes répétaient ensemble le refrain de ce chant sublime :

<c Je chanterai le Seigneur ; car il a déployé sa gloire avec éclat et précipité dans la mer le cheval et le cavalier.

«Jéhovah est ma force, je publierai ses louanges; il est mon salut, je lui dresserai un temple : il est le Dieu de mon père, je l'exalterai. C'est un guerrier invincible, le Tout-Puissant est son nom. Il a englouti les chariots de Pharaon et son armée, il a submergé dans la mer Rouge les officiers d'élite, Labîme les a recouverts; ils sont tombés au fond comme une pierre.

« Ta droite, Seigneur, s'est illuminée par sa force ; ta droite a frappé l'ennemi. Dans la fierté de ta puissance, tu as renversé tes ennemis ; tu as envoyé ta colère qui les a consumés comme du chaume. Sous le vent de ta fureur, les eaux se sont amoncelées, les flots se sont arrêtés dans leur marche, les abîmes se sont condensés au milieu de la mer.

« L'ennemi disait : « Je les poursuivrai et les atteindrai; je «partagerai leurs dépouilles, mon cœur sera assouvi; je « tirerai mon glaive et ma main les détruira. »

« Mais ton souffle est venu, et la mer les a ensevelis, ils se sont enfoncés comme du plomb dans les eaux agitées.

« Qui te ressemble parmi les forts, ô Seigneur? Qui est comme toi glorieux et saint, terrible et digne de louanges, faisant d'aussi grandes choses? Tu as étendu ta main, et la terre les a dévorés.

(c Le peuple que tu venais d'affranchir, tu l'as guidé dans ta miséricorde, et tu l'as transporté par ta force jusqu'à ta sainte demeure.

« Les peuples l'ont appris et s'en sont indignés ; la douleur a saisi les habitants de la Palestine ; les princes d'Édom ont été dans l'épouvante, un tremblement s'est emparé des guerriers de Moab, et les hommes de Chanaan sont restés glacés de peur.

<c Que la puissance de ton bras fasse tomber sur eux la crainte et l'effroi; qu'ils deviennent immobiles comme la pierre jusqu'à ce que ton peuple, ô Jéhovah ! le peuple que tu t'es acquis, soit passé.

« Tu le porteras, tu le planteras sur la montagne de ton héritage, dans le lieu que tu t'es préparé pour ta denieure, dans un sanctuaire affermi par tes mains.

« Jéhovah régnera dans léternitc, à jamais. Lorsque le

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