‹ Les femmes de la renaissanceChapitre 10 sur 45 · LK MARI, MANIERES DE S EN DÉBARRASSER · texte numérisé non relu

LK MARI, MANIERES DE S EN DÉBARRASSER

des affaires et donne la direction. Bien des motifs, même physiques, s'opposent à ce que la femme se charge défaire vivre la famille et de battre le mari. Ce droit reste donc au mari.

Mais pénétrons un peu plus vivement la psychologie des ménages du x\f siècle, et nous constaterons d'autres phénomènes importants, qui vont nous mettre sur la voie d'une autre conclusion.

D'abord, à ne juger les choses qu'au point de vue extérieur, qui se plaint du mariage ? l'homme, toujours l'homme. A l'usage, la femme y trouve des compensations, ou, du moins, des avantages; pour elle, c'est un état qui mène à tout, à condition d'en sortir ; et souvent même son attitude extérieurement conciliante déconcerte les plus chauds paladins du féminisme. Mais le mari a beau être marié, il ne peut oublier qu'il a quitté la vie pour entrer en ménage; la chaîne lui paraît, sinon lourde (elle ne Test pas pour lui), en tous cas monotone, uniforme. Comme dit une complainte, le religieux change d'ordre, le chanoine d'église, le fonctionnaire de fonctions : « mais nous qui sommes mariés ne pouvons monter ni descendre ' ! »

Si nous interrogeons les époux eux-mêmes, nous constatons que rarement les bj'ouilles ou les difficultés viennent de faits majeurs, de ceux qui passent pour irréparables.

Le Ciel semble avoir pris soin de nous armer, pour les questions importantes, d'une véritable longanimité. Certes, il y a des sots qui voudraient tenir leurs femmes en chartre privée, sans penser que c'est le plus sûr moyen de les rendre enragées, et de les laisser à la merci du premier venu, du premier olTicier de passage'-. Ceux-là n'ont que ce

• Le trop losl marié. — -' Alione, ta Conqueste.

qu'ils méritent. Mais il y a aussi des sages, qui ignorent ce qu'ils n'ont pas intérêt à connaître : tout le monde le leur conseille, on fait mieux, on les y aide; il doit môme exister des dieux spéciaux^. Une femme, au contraire, ne peut guère ignorer les écarts de son mari, qui se manifestent le plus souvent au grand jour, et parfois dans l'intérieur de la maison. Nous aurions Ijeaucoup d'histoires à raconter sur le compte des femmes de chambre, créatures bibliques, mais vraiment trop intéressées- (car les tribunaux apprécient si largement les dommages-intérêts dus en pareille matière, qu'on a vu de naïves bergères en abuser et se targuer d'un dommage imaginaire ^j.

En Italie, les gens comme il faut avaient un usage simple et sûr, qui consistait tout simplement à acheter une jeune esclave. Sur le marché de Venise, une jolie Russe, une belle Gircassienne, une Tartare robuste, entre vingt-cinq et trente ans, valait depuis 6 ducats jusqu'à 87''. On comprend comme une pareille institution convient au platonisme : les platoniciens les plus éminents ne l'ont pas dédaignée. Charles de Médicis naquit ainsi d'une belle Gircassienne, achetée par le grave et esthétique Gome. Eh bien ! une femme n'aurait pas ridée, pour un pareil grief, de déserter son

1 Erasme, El. de la folie ; Cardaiio, De Prudentia., ch. cvii ; Guevara. A la longue, les meilleures choses elles-mêmes deviennent fastidieuses : les hommes finissent par croire qu'ils se sacrifient. « Christ ne moui-ut qu'une fois pour son Eglise ; nous, nous mourons tous les jours pour nos femmes, » s'écrie un mari avec àme ; ce à quoi une femme riposte : « Allez donc faire campagne et coucher un mois sur la dure ; et vous ne serez pas fâché de retrouver votre bon lit ! On n'apprécie ses aises qu'à condition de les perdre. » (//ep^., Nouvelle 54.) — -' J.l. 230, 136 v°. — 3 p. Babillet : JJ, 235, 141 y ; 230, 77, 214 v% 191 ; 231, 5 ; 232, 21 v% etc. etc. — ■' Molmenti : Mimtz, la Renaissance... de Charles VJII, p. 29; Amante, p. 199.

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foyer'; elle ferait la risée générale'-. Elle éprouve peut-être une souffrance intime ; peut-être son cœur va-t-il se refermer un peu plus du côté de la terre, pour ne s'ouvrir que du côté du ciel^. Mais cette épreuve lui servira ; et une femme réellement idéaliste s'en félicite presque. Gela lui apprend à se faire un front haut et ferme ^ à vivre didéal, à mésestimer les hommes.

Les vraies querelles de ménage naissent de vertus aigres, d'honnêtetés insupportables \ Les hommes sont difficiles : d'abord, ils trouvent leur femme ennuyeuse ; puis ils la voudraient parfaite. Il faudrait que chaque matin, comme l'explique un vieil auteur'', elle mît les pantoufles d'humilité, la chemise d'honnêteté, le corset de chasteté, les jarretières de ferme propos, les épingles de patience, etc., et encore il n'est pas prouvé qu'en pareil cas un mari ne trouverait pas sa femme un peu trop habillée.

La femme aussi part en guerre sur des riens : sur l'àme vulgaire de son mari, son étroitesse, son matérialisme, son égoïsme", ses façons grossières de vieil étudiant... Comment dénombrer les griefs réels, et même les chimériques? Telle femme, au lieu de la << rosée matutine ^ » de son rêve, a épousé un butor 9... Telle autre, élevée dans un château à entendre parler dédiasse, estime insultant que son mari l'engage à faire de la littérature et de la musique : de là, une brouille si absolue, que le mari huit par renvoyer la dame à son père, lequel

1 JJ. 233, -66. — 2 JJ. 230, 75 v». — 3Dolce. — ^ Louise de Savoie, Vitlui'ia Colonna, etc. — - La gisant Nef. — *> 0. de la Marche. — " Songe creux. — ^ le Doctrinal ; Guevara.

'•> « Femme bonne qui a mauvais mari A souvent le cœur niarry ...»

« Flemme aime tant connne elle peut, Et homme comme il veut. » [L. de Lincy.)

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la lui renvoie ^ Celle-ci se monte la tète, parce que monsieur son époux manque d'appétit, et qu'au lit il passe son temps à soupirer ; elle échafaude là-dessus tout un monde de suppositions, et finit par rendre la vie impossible au pauvre homme, — qui ne sut jamais pourquoi; en réalité, il était inquiet d'un placement d'argent. — li y a des femmes odieuses par leur bavardage, par leurs colères-, par leur vanité^; beaucoup adorent la contradiction, les coups d'épingle; à table, un mari, sans y penser, verse de Teau dans le verre de sa femme ; la dame passe le verre à un valet, en disant bruyamment : « Quand il sera sec, je le redemanderai^. » Voilà les choses qui tuent un ménage, qui empoisonnent la vie d'un homme (« femme et vin ont leur venin ^ »), qui dégoûtent et flétrissent les femmes, et les poussent à vivre hors de chez elles, en pèlerinages ou ailleurs *'. Il n'y a pas besoin d'être un saint pour s'accommoder d'une femme peu vertueuse, mais il faut l'être pour supporter une femme ennuyeuse.

Il faut donc, dans la vie de ménage, beaucoup de sagesse et de prudence, et aussi peu que possible d'illusions et de passion; le mariage est le lien le plus sacré du monde, mais à condition de ne pas en abuser; il serait bien dangereux de s'abandonner à la tentation de l'amour ; c'est le fruit défendu : un médecin philosophe du temps, Ghampier, Tappellemortel ; il tue. Outre les vicissitudes physiques de la vie, l'esprit de l'homme est trop changeant pour

1 Erasme, Dialogue matrbnon. — -' Les Ténèbres de mariage ; Gratien du Pont, etc. — ^ Anne de France, pp. 50-57, 61-63. — ^Une femme, agacée que son mari lise le soir dans son lit, crie à la servante : « Eti bien! apporte-moi ma quenouille. » (Billon, pp. 69, 85.) — ^ Proverbe (L. de Lincy). — « Billon. p. 79 \\

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-qu'on puisse impunément jouer sa vie sur une tète'. L'Iuirope en eut la preuve terrifiante.

Philippe le Beau passait pour un ensorceleur de femmes ; sa femme, Jeanne, s'éprit de lui en Espagnole, à la folie. Pendant un voyage qu'il fit dans les Pays-Bas, elle fmit par tomber dans une sorte de prostration. Un soir, par une nuit glaciale et farouche, comme il y en a, en novembre, dans la Navarre, cette pauvre Jeanne, saisie d'une hallucination subite, se précipite dans la cour du château de Médina del Campo, à demi vôtue : on accourt, le gouverneur Tarrète, fait fermer la grille. La malheureuse, l'œil fixe, se colle à cette grille, sans qu'aucune force humaine puisse l'en arracher; le lendemain matin, elle s'y trouvait encore, toute pantelante et grelottante, l'œil hagard ! La reine Isabelle, sa mère, malade à Ségovie, dépiita en toute hâte un amiral et un archevêque : ni l'amiral ni l'archevêque ne réussirent à détacher la pauvre folle de sa grille ; ils n'obtinrent qu'avec bien de la peine de la faire entrer, pour la nuit suivante, dans un réduit voisin. La reine seule put mettre fin à cette horrible scène, dont le souvenir fait encore frissonner l'Espagne. Oui, La Bruyère l'a bien dit : « Les femmes sont extrêmes ! elles sont meilleures ou pires que nous. » Voici le danger. Aussi ferontelles bien de se défier de leurs emportements, et de se tenir au-dessus ou au-dessous du mari avec qui elles doivent vivre.

Si elles sont raisonnables et résignées, comme celles dont nous avons à parler, et qu'elles ne croient pas à la nécessité d'une passion matrimoniale, alors

' « Gelliiy qui n'ayme celluy duquel il est aymé est tenu honiicide, et non seulement homicide, mais aussi sacrilège et larron. » (Champier, De vraye Amour.)

les humanistes reprennent leur douce chanson. Ils ne veulent rien rompre par la violence, mais ils font appel à la finesse.

Le vieux type du mari matamore, même avec son gourdin, n'effraie pas. Il n'y a rien de tel que de se croire maître incontesté pour jouer le rôle de pantin. L'imbécile est si persuadé de sa supériorité qu'il n'aperçoit pas les « aguets » subtils qui le mènent^ Il travaille comme un bœuf-, et sa femme le traite d'égoïste, d'avare ; elle le menace, si ses affaires ne vont pas bien : si tout va bien, elle le (( pateline et le dodeline », et Tendort. et, au lieu de recevoir des coups de bâton, elle reçoit une robe ou un corsage^ ; elle pleure ou rit suivant les cas^, elle enjôle, au besoin, les amis de ce cher époux % elle enjôle même le ciel, car il suffit, pour avoir la paix, de faire toucher à l'autel, pendant la messe du vendredi, la chemise que le seigneur et maître doit mettre le dimanche^; cela n'est pas difficile. On a toujours dit qu'une « femme est aisée à gouverner, pourvu que ce soit un homme qui s'en donne la peine » ; l'homme est encore plus facile à gouverner, pourvu que ce soit une femme qui veuille bien s'en occuper. Bref, il y a longtemps que les femmes ont escamoté, sans en avoir Tair, le redoutable problème du ménage. Voilà pourquoi, malgré l'épouvantail

1 E. Deschamps, le Miroir.

2 « 11 se commence à soiicyer Et H chagrin s'associer.

Il plaint ia teste, puis les dents.

Et a les oreilles peiidans Ne plus ne moins comme un lymier. »

(Collerye, Scnnon.)

''' Ghampier, De rrai/e Amour. — '' Proverbe (L. de Linc\> — •■' Anne de France, pp. 48, 77 ; Guevara ; Dolce. — *^ Evam/ile des quenouilles, p. 74,

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(les principes, les femmes estiment le mariage : ponrvu qu'elles n'obéissent pas, elles se résignent à obéir ; voilà pourquoi aussi les plus chauds amis des femmes ne trouvent pas de meilleur moyen de combattre le mariage que de le conserver. Les hommes seuls en médisent, parce qu'habitués dans leur jeunesse à récolter ce qu'ils ont semé, ils ne prennent pas facilement l'habitude de travailler pour une petite collectivité.

Erasme a très finement résumé la situation, sous forme d'un dialogue entre une jeune mariée et une dame de sens rassis'.

La première jette les hauts cris : quel enfer que le mariage ; quel métier d'esclave ! et pour qui, grands dieux ! pour un joueur, pour un brutal, pour un débauché !... Mieux vaudrait << dormir avec un porc » !

L'autre la calme : il faut prendre son mari pour ce qu'ilest, c'est-à-dire un grosanimal, une espèce d'-éléphant, qu'on apprivoise avec un morceau de sucre'. Il faut avoir l'air de lui céder sur quelques petites choses, lui passer quelques goûts, quelques bizarreries, et surtout faire une forte provision de bonne humeur, se maintenir « ni oisive ni mélancolique », car le mari redoute extrêmement l'ennui, peutêtre parce qu'il en a l'habitude ; la maussaderie le rebute, surtout s'il est maussade. Il s'agit de lui laisser ce qu'il a et de lui donner ce qu'il n'a pas, c'est-à-dire

' Dialogue malrimon. — - Vous avez été chercher une petite pensionnaire, un ange qui n'osait lever les yeux, et qu'on eût dite toute confite de candeur... Elle faisait ses réflexions ; elle vous attirail dans le traquenard, parce que votre situation, votre fortune .. lui convenaient, mais bien résolue, dans le fond de son âme, à vous « dresser » plus tard ; elle le dit en confidence à ses amies :

« L'on dompte bien les chevaux eilreaez I »

{IJAmt/e de court ; J. d'ivry, les Secretz.)

ces jolies choses dont les femmes sont dotées suivant le nouveau système de civilisation ; on peut même y mettre un peu de cœur, et alors, un beau jour, on est tout étonnée (car les hommes ne brillent pas par la finesse) de voir ce gros mari subjugué, et qui, au lieu de vous considérer comme rien du tout, vous prend pour Timage du bon Dieu. A partir de ce moment-là, on possède l'amitié cherchée ; et ce n'est pas très difhcile.

La vérité nous force à ajouter pourtant qu'en dehors de cette recette morale, une autre circonstance a contribué à donner beaucoup de relief aux femmes dans leur ménage.

En France, comme dans tous les pays d'hégémonie virile, on aimait à ne pas doter les filles, ou du moins à les mettre à la portion congrue. En se mariant, elles recevaient une somme représentant un peu ce qu'on aurait appelé, il y a quelques années, leur bonnet de nuit, ce qu'on nommait alors « un chapeau de roses ^ », et elles renonçaient à leur part d'héritage -, de manière qu'un homme riche ne trouvait pas extraordinaire d'épouser une fille sans fortune, puisque c'était l'usage. Louis de La Trémoille épousa ainsi Gabrielle de Bourbon -^ Du reste, il n'y avait pas, entre les grosses, les moyennes et les petites fortunes, le même écart qu'aujourd'hui ; avec 3 ou 4.000 livres de revenu^, qui en vaudraient maintenant 75.0! H) ou loO.OOO, on passait pour un nabab. Le mari apportait donc la fortune, et de ])lus il garantissait un douaire éventuel sur ses propres biens, de sorte que la femme entrait

1 VUeptaméron fait allusion à celte coutume et à ce mot. — - Renonciation de M""' des Serpens, Ai'ch. du Collecte héraldique, Orléanais, n" 1064. — ^ J. Bouchet, Annales d'Aquitaine, f° 121. — * JJ. 234, 58 V".

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réellemcut chez lui. On était aussi loin que possible de runiverselle iierté que nous éprouvons à épouser une fille riche de Cincinnati ou môme de Paris.

Un mariage d'argent — pour un homme — paraissait honteux et presque infamant. On plaignait du fond du cœur le mari entretenu par les revenus de sa femme; cela ne paraissait plus un ménagea 11 n'y a pas de sarcasmes assez vifs pour le classique « gendre de M. Poirier », le gentilhomme fringant, tout généalogie et sport, dont la science unique consiste à perpétrer des brèches financières, que son brave homme de beau-père, enrichi dans la mélasse, travaille obscurément à réparer-.

Au contraire, M. Poirier est fort estimé dans les pays industriels, par exemple dans les Pays-Bas^; quant aux Italiens, fort bravement, ils jugent les grosses dots à la fois légitimes et désirables. Ils ont le courage de leur opinion ; témoin ce médecin de Pistoja,qui, entre deux jeunes fllles, l'une garantie très raisonnable, l'autre moins, mais plus riche de trois cents écus, n'hésitait pas un instant à choisir la plus riche, car, à son avis, l'aléa était semblable et ladilïerence signalée ne valait même pas quelques écus ^... Aucun Italien ne s'offensait d'épouser une femme qui lui apportât une dot suffisante pour vivre; à Florence, cinquante écus par an représentaient à peu près la vie d'un ménage, de goûts modestes : or une femme de petite bourgeoisie recevait couramment 2 ou 3.000 florins de dot, c'est-à-dire un revenu d'au moins 150 florins^. Les Visconti, les Sforza, grâce à des dots réputées colos-

' Garin, Songe creux; Slullifera navis, f» 60; Bouchet, Epistres morales, f" 27. — - Songe creux ; le Doctrinal des nouveaux mariez. — 3 Cardani, Opéra, II, 241. — ^ Domenichi, p. 32. — ^ Miintz, la Renaissance au temps de Charles VIII, p. 56.

sales, introduisirent leurs filles dans les premières maisons royales d'Europe '. Bref, ce système ne laissait pas que d'exercer môme au dehors un certain mirage, et en partant pour les expéditions d'Italie plus d'un seigneur français se figura avoir un riche bâton de mariage dans sa giberne-.

Il n'est pas très étonnant que ces idées aient fini, en France, par triompher de toutes les résistances. Louis XI, qui était un élève des Sforza, contribua, ici comme ailleurs, à briser les attaches des antiques traditions^. Nous avons raconté avec quel sans-gêne étonnant il lit et défit des mariages, dans le seul but de rémunérer divers aventuriers, aux frais des familles les plus honorables.

Louis XII, au contraire, réagit contre ces mœurs nouvelles avec une sévérité ardente. Quoiqu'il se piquât de chevalerie comme personne, il n'admettait pas que le feu delà passion pût excuser l'enlèvement d'une jeune fille, même riche (et en pareil cas elle l'était presque toujours^). Sa fermeté n'empêcha pas quelques exploits pittoresques^: mais l'autorité ecclésiastique lui prêta main-forte, au nom des règles canoniques.

Nous avons même eu occasion de montrer combien Charles VIII avait eu de peine à faire légi-

J Bianca-Maria Sforza, avec 400.000 ducats de numéraire et 100.000 ducats de bijoux,épousa l'empereur Maximilien. Alexandre VI donna 300.000 ducats à sa fille Lucrèce ; Catherine Sforza en reçut 10.000 ; Vittoria Colonna, U.OOO et 1.540 ducats de diamants. —

— Louis d'Orléans devint seigneur d'Asti, par Valentine de Milan; Antonio Piccolomini, duc d'Amalfi, par Marie d'Aragon (ms. lat. 4688) ; Louis de Luxembourg, prince d'Altamura, par Aliéner de Baux (v. notre édition de Jean d'Auton). — ^ Jeanne de France.

— 4 Affaires de M"" de Martenville, de la Roche ; JJ. 234, 31 v» ; 233, f"^ 112, 113, 113 V»; Aflaire de Jeanne de Cirières (M'' de Rochambeau ; Marchegay).— -' V. nos livres : la Veille de la Réforme ;

— Procédures politiques.

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