‹ Les femmes de MürgerChapitre 5 sur 17 · A ELLES · texte numérisé non relu

A ELLES

0 jeunesse! ô vingtième année!

Il n'est plus, votre chantre aimé !

Dans sa redoutable tournée, La pâle Mort l'a réclamé.

0 vous qu'il aimait, jeunes filles, Quittez vos amours d'aujourd'hui, Grisettes, laissez vos aiguilles, Nous allons vous parler de lui.

Et pour aider notre mémoire.

Tour à tour, d'un air ingénu, 'Vous nous conterez votre histoire.

Vous toutes qui l'avez connu.

Allons, Musette, la première, Viens, ma capricieuse enfant, Nous chanter tes jours de misère Avec Marcel qui t'aimait tant.

Viens, Mi.mi, brune à la peau blanclie. Nous dire comment l'amour naît.

Par un beau matin de dimanche.

Dans les buissons de Fontenay.

Et toi, Francine, aux mains glacées.

Aussi frêle qu'un arbrisseau, Conlo-nous tes amours passées Avec Jacques, le Buvcin' d'eau.

Fais-nous frémir, ô loi, Christine!

Ange de la Fatalité!

Console-nous, douce Adellne, Rose, apporte-nous ta gaîté!

Cajulle, ]VL\riette, Hélène, Tendres cœurs, souvent éprouvés, Cheveux d'or ou cheveux d'ébène, Types charmants qu'il a rêvés,

Venez, venez, ô bien-aimées, Printemps éternel dont les fleurs.

Nuit et jour, pleuvant embaumées Sur le gazon vert de nos cœurs.

Vous toutes, filles de bohème.

Entendez-nous, — il faut venir Manger, à ce festin suprême.

Le pain bénit du souvenir.

Comme un bouquet de fleurs champêtres.

Cueilli, par un matin de mai.

Dans les buissons et sous les liêtres.

Longtemps après est parfumé ;

Comme le nid de riiirondoUe, Vide au temps où l'on fait du feu.

Mélancoliquement rappelle Le vert printemps et le ciel bleu ;

Ainsi, ces douces causeries Rappelleront le temps passé.

Où vous couriez dans les prairies Avec le pauvre trépassé.

Hâtez-vous ! Chantons le poëme Des amours éclos à vingt ans.

Car la vie est courte en bohème.

Et la jeunesse n'a qu'un temps !

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