‹ Les femmes de sportChapitre 10 sur 42 · LA COMTESSE H. DE VILLERS · texte numérisé non relu

LA COMTESSE H. DE VILLERS

i jourd'hui que la fauconnerie

est presque oubliée de tout le

monde; que Gerfaut-, Sacres,

Hobereaux, Émérillons, sont

retournés à tout jamais '■; % sans doute, à leurs ro-

- ches escarpées et à leurs forêts profondes, laissezmoi vous présenter la comtesse II. de Villers, qui est, peut-être avec Mme Paul Gênais, la dernière s'occupant en France de la chasse au vol.

C'est avec passion que la comtesse s'est adonnée à Ja chasse à l'oiseau, que M. Amédée Pichot a cherché vainement à ressusciter il y a quelque dix ans. Malgré le concours éclairé du vicomte de Champeaux-Verneuil, du baron d'Aubilly, ducomte le Gouteulx de Ganteleu, du vicomte Georges de Grandmaison, du comte Fernand de Montebello, de M. Julio Alfonso de Aldama, il ne fut pas possible de faire vivre plus de deux ans la Société de fauconnerie qu'avait fondée le directeur de la Revue Britannique.

La chasse à l'oiseau, si pittoresque, si poétique, qui ne fait pas acheter ses jouissances au prix des fatigues que nécessite la chasse en forêt, devait séduire la comtesse de Villers. Aussi s'y est-elle adonnée avec passion et aujourd'hui il riest fauconnier au monde qui puisse rien lui apprendre. L'éducation des oiseaux l'occupe bien plus qu'une première à l'Opéra ou au Français, et elle préfère de beaucoup un vol au Héron que la plus belle soirée dansante. Sa fauconnerie absorbe tout son temps. C'est dans la propriété qu'elle possède à côté de la baie de la Somme, où elle vit une grande partie de l'année, que la comtesse se livre à son sport favori ; c'est là qu'on la rencontre, crispin au poing, volant

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le Héron, avec Bijou, son oiseau favori, ou pour-

suivant Le lapin avec Ci:<f/r} un autour qu'elle a dressé l'an dernier.

De toutes les chasses au vol, celle que préfère lu comtesse est celle du héron, qui attache, captive vivement le spectateur dont le cœur bat aux péripéties de la lutte. Je me souviendrai toujours de celle à laquelle je fus convié Tan dernierparle comte de Villers, qui a étudié en Ecosse et en Afrique l'éducation du faucon.

Les oiseaux que possède la comtesse, habitent une vaste chambre, sorte de volière, dans laquelle sont placés des blocs où ils sont attachés, au moyen d'une longe. Les blocs sont de<. pieds mas-ifs en bois, placés dans la chambre, de distance en distance, et assez éloignés les uns des autres, pour que les oiseaux ne puissent s'atteindre à longueur de longe. Chaque bloc porte le nom de l'oiseau auquel il sert de perchoir. Voici les noms d(^ principaux : Bijou, la Daymoiselle , le Diable-Boiteux, le /'//>:/ii.r: la Perle , la Mascotte : Vol-au-Vent. Sur \v> vervelles, qui reçoivent le porte -mousqueton de la longe sont gravées les armes du comte, qui sont : De gueules ait chevron dor, semé de billette.s <l<même, avec deux lions comme supports.

C'est en Angleterre, cette belle patrie du haut sport, que la comtesse s'est formée dans l'art de la fauconnerie. Ses conseils aideront un jour, peutêtre, à faire refleurir dans toute leur vivacité et leur saveur, au profit de notre grand monde, les pompes et les émotions de ce noble déduit.

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