LA COMTESSE 1!. DE SALLES
ue j'engage l'épée ou non.
laissez-moi mettre le nias que et le gant d'armes, pour vous présenter Mmc la comtesse de Salles :
Fille d'un officier général de cavalerie, la cornue fait des armes . depui qu'elle est au monde. Son premier professeur d'escrime a été son père, unsportsmaui des plus convaincus, fort connu sur le turf, et qui a appris à sa fille
tous les sports : l'équitation, la natation, le pistolet, le canotage, etc. Rompue de bonne heure à tous ces exercices, la jeune femme est aujourd'hui une sportswoman des plus distinguées ; et si je l'accroche dans cette galerie, comme femme d'épée, c'est parce qu'elle aime passionnément l'escrime, qu'elle la cultive d'un bout de l'année à l'autre sans interruption et qu'elle est de force à lutter presque de pair avec nos premières lames. Son jeu est des plus classiques, et serait très goûté dans les assauts, si la comtesse voulait se mesurer en public. Avec beaucoup d'à-propos elle sait saisir son adversaire dans sa préparation, et fournir une attaque à fond qui manque rarement son but.
Dans l'assaut qu'elle fit un jour, à la salle Gain, avec le comte de Labenne, si prématurément enlevé au monde de l'escrime, dans lequel il ne comptait que des amis, la comtesse s'est montrée infatigable et ses ripostes du tac au tac ont été faites avec une rapidité foudroyante. Sa parade est très variée et ses absences d'épée très fines, quoique fort bien accentuées delà main.
Si le plastron de la comtesse est bien tentant, par la large surface qu'il offre, je puis vous assurer qu'au
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moment où on croil loger son coup de bouton, ilfjiul ricr comme dans la chanson :
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La comtesse qu'on renconl rail beaucoup dai monde, avant la guerre de 1870, pendant laquelle son mari fut tué comme officier de mobiles, vit au jourd'hui assez retirée; mais cela ne L'empêche point, chaque matin, lorsqu'elle est à Paris, de plastronner avec Gain, l'excellent professeur du passage de l'Opéra. Lorsqu'elle habite son château de Primerolle, c'est avec son jardinier— ancien prévôt d'armes d'un régiment de dragons, — qu'elle
travaille.
Toutes ses matinées sont consacrées à l'escrime et à l'équitation. C'est clans l'après-midi seulement que la comtesse tire au pistolet, sport dans lequel elle excelle également. A ce propos laissez-moi vous conter une histoire assez curieuse arrivée à la comtesse, quelques années après son mariage. Elle voyageai! en Italie, avec son mari, lorsqu'elle lit rencontre à Florence d'un vieux général, fort connu pour sa galanterie téméraire. Comme notre homme avail voulu marcher sur les traces du fameux comte de G..., la comtesse de Salles, qui aime beaucoup à rire,
mais qui n'aime pas les familiarités, fut tellement scandalisée d'un propos tenu par cet officier, qu'elle se retira aussitôt. Le lendemain elle envoyait au général en question un carton dont elle avait enlevé la mouche à vingt-cinq pas. Le bonhomme compre-' nant alors l'inconvenance de sa conduite de la veille, s'en vint immédiatement faire des excuses à la jeune femme qui ne lui en tint jamais rigueur.
Gomme la comtesse Pillet-YVill, elle a adopté les habits brodés qu'on portait à la cour de Louis XV et les lourdes tresses de ses cheveux merveilleux sont tenues par une épée à poignée italienne, constellée de pierreries.
C'est avec un plastron en peau de Saxe que la comtesse s'escrime chaque jour.