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LA DUCHESSE DE FITZ-JAMES

L\ duchesse de Fitz-James, retirée presque toute Tannée dans ses domaines du .Midi, a presque disparu de l'allée des Poteaux «m. chaque jour, on était sur de la rencontrer; elle ne se produit plus non plus dans les salons de Paris, et il faut l'occasion du concours hippique pour retrouver à présont cette femme de cheval mêlée à la foule.

Quelle physionomie intéressante el sympathique de véritable sportswoman !

La duchesse Marguerite de Fitz-James, née de Lœvenenhgem, esl d'origine suédoise. Elle a pas une partie de sa jeunesse à Paris, où sou père étai!

ministre de Suède, et c'est ainsi qu'elle a été amenée à contracter, il y a trente ans, la grande alliance qui l'a faite Française. Le nom du duc Edouard de Fitz-James a trop de fois retenti naguère sur le turf pour qu'il soit nécessaire de rappeler le côté sportif de sa personnalité. Tout le monde sait à quel point il est un homme de cheval accompli et expérimenté. Mais ce que l'on sait moins dans la masse du public, c'est combien sa femme est sa digne partenaire.

La compétence de la duchesse de Fitz-James en matière chevaline est sans rivale en France à notre époque et fait loi auprès de nos meilleures autorités hippiques. Autrefois, dans son domaine delaLorie, près Segré, qui vit sous l'Empire des fêtes si riantes et si fastueuses, aujourd'hui dans sa terre de Saint- Gilles, elle a fait du cheval la distraction et l'étude suprême de sa vie. L'élevage n'a pas de secret pour elle, et depuis quelque temps elle expérimente un nouveau système de nourriture pour les chevaux, dont les légumes préparés d'une certaine façon forment la base. C'est elle qui a dirigé les études d'équitation de ses quatre enfants, les comtes Jacques et Henry de Fitz-James, la comtesse de Turenne d'Aynac et la comtesse de Miramon. Elle a composé à leur intention un manuel précieux et

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qu'elle devrait bien se décider à livrer au public pour servir à l'intérôl général. Elle consacrerai! à quelque œuvre de charité le produil de la vente de ce volume et ferait ainsi une double bonne action.

hune grande simplicité de mise, de l'abord le plus bienveillant, en dehors du cheval, c'est à la peinture que la duchesse consacre les loisirs de sou existence. Les atteintes subies par sa fortune n'ont pas altéré la sérénité de sa vie et, après tout le luxe,

tout le fracas, tout le mouvement des jours d'autrefois dans son hôtel du Gours-la-Reine ou son château quasi-royal delaLorie, elle se retrouve aussi heureuse aujourd'hui dans la paix et la retraite de Saint- Gilles, vivant au milieu de ses paysans en dame châtelaine du vieux temps et ne s'éveillanl aux bruits du monde que lorsqu'ils lui apportent quelque écho relevant de sa prédilection, je veux dire du cheval et de son amélioration.

LA BARONNE DE VAUX

LA BARONNE DE VAUX

Mon cher Baron ,

Je suis d'un œil attentif et charmé le défilé de vos Femmes de Sport, mais chaque fois, je vais de portrait en portrait, sans en rencontrer un qui aurait tous les titres pourtant à figurer en belle place dans votre galerie. Lasse, comme; sœur Anne, de ne voir rien venir, je me décide à vous emprunter votre plume et à vous demander la

I. Ce portrait m'a été envoyé a la Vie moderne qui l'a publié, je le reproduis tel qu'il a paru à l'époque, en laissant la signature : I

Sportswoman, derrière laquelle se eaelie une personnalité des plus connues du monde du sport.

permission de renouveler la coutume du grand siècle, où l'on se portraiturait si poliment entre amies, en vous présentant l'image de la baronne de Vaux.

Un portrait de Rosalba, clans tout le rayonnement • de la vingt-sixième année, mais un portrait vivant et habillé par Worth, à la mode de 1883, voilà la baronne. Le charme et l'avenance mêmes, son œil lumineux, avec des càlineries enfantines, son doux sourire, vous ont déjà rassuré et conquis avant qu'elle ait ouvert la bouche pour vous souhaiter la bienvenue. Appartenant par sa naissance à une vieille famille du Bordelais, son mariage a fait de la baronne la parisienne parisiennante par excellence. Assidue aux premières représentations, aux courses, à toutes les fêtes que multiplie la grande ville, vous la trouverez, le matin, émerveillant de sa voix superbe de contralto les fidèles de la chapelle des Pères de l'avenue Friedland, et le soir, jugeant avec un tact exquis et des trouvailles de critique instinctive, la pièce nouvelle du Théâtre-Français ou du Gymnase.

Dans ces conditions, vous ne vous étonnerez pas si la baronne a fait de son coquet et artistique appartement du quartier Monceau, un centre choisi, où la

LA BARONNE DE VAUX

ooblesse de s;uii; fusionne avec celle du talent el où l'espril el L'arl ont droit de fauteuil. Ali! ces fauteuils qui, s'ils parlaient seraient bien autremenl intéressants que la chaise de M"'r Sarah Bernhardt, comment en faire l'histoire? C'est encore un titre de plus à l'actif des mérites do la maîtresse de céans, car c'est elle qui les ;i brodés d<i ses blanches mains à la façon des châtelaines du moyen âge. La baronne de Vaux a ramassé l'aiguille de la princesse de Beauvau, cette aiguille si justement mémorable, et rendrait des points à la comtesse de Nadaillac ou à la duchesse de Mouchy. Je vous laisse à penser après cela si elle a « de l'ouvrage » pour toutes les tombolas de charité et si son métier fait prime auprès des chapelles en détresse ou des autels désemparés!...

Femme d'un sportsman de sang et de moelle, et trop bonne chrétienne pour ne pas pratiquer, à la lettre, la maxime ecclésiastique qui veut que toute épouse suive son mari, la baronne de Vaux ne pouvait manquer de se livrer aux exercices du sport. G'est le tir au pistolet qu'elle a adopté comme passe-temps de prédilection, et je vous assure qu'elle est de force à concourir pour la médaille d'or chez Gastinne-Renette. Trop nerveuse pour tirer au corn-

mandement, c'est au visé qu'elle excelle et dans le cabinet de travail de son mari, vous trouvez d'elle des cartons qui témoignent que bonne main ne sait mentir et que l'élève est digne du maître. Cette aptitude dévoile un trait de caractère qu'on ne soupçonnerait pas tout d'abord chez cette nature si douce et d'une grâce si juvénile : je veux parler de l'âme de fer de la baronne. Un exemple assez saisissant à l'appui de ce que j'avance :

C'était pendant la Commune. La baronne était alors toute jeune mariée, presque une enfant. Un peloton de fédérés se présente à sa demeure en quête de son mari, sous prétexte qu'il était bonapartiste. Rappelé par la loi du 10 août, le baron de Vaux était au service.

— Citoyenne..., commence le chef de la bande en se présentant devant Mmc de Vaux.

— Il n'y a pas de citoyenne ici, interrompit-elle, il n'y a que la baronne de Vaux...

Vous entendez la suite du dialogue. Quelques instants après, la jeune femme était conduite au couvent de Picpus où fonctionnait le juge d'instruction Dessesquelles. Il veut l'interroger, elle refuse de répondre. Il lui demande de signer le procès-verbal de sa comparution, elle jette la plume à terre. Enfin

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après mille el mille péripéties donl le récil m'enti aérait Lrop loin, son mari, bravanl tous les dangers, arriva à Taris el la délivra.

— A. vouez -le, mon cher baron, n'est-il pas vrai qu'une telle figure méritait bien de figurer dans votre galerie des femmes de sport?...

Une S p u u t s w u m a n .

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