COMTESSE DE ROSEMONT
Ce n'est pas par flatterie que je viens aujourd'hui portraiturer la comtesse de Rosemont comme femme de sport. Cette toute gracieuse amazone manie le pistolet non seulement avec grâce, mais avec une sûreté de main très remarquable.
La comtesse, petite de taille, mais admirablement prise, a la beauté et le profil des statues grecques. Son front est haut, ses yeux sont abrités par des sourcils bien dessinés, les cils donnent à l'œil une
expression douce. Le nez est effilé, la bouche, petite, laisse voir, lorsqu'elle sourit, des dents à faire rêver un pêcheur de perles.
Quoique frêle de taille, la comtesse de Rosemont est infatigable à tous les exercices de sport. Aimant passionnément la chasse et le cheval, elle a voulu apprendre le tir au pistolet. Elle a acquis, grâce aux excellentes leçons de son mari, une perfection de tir très enviée de bon nombre d'amateurs.
Après quelques mois d'études, la comtesse gagnait au tir de Bordeaux, une médaille d'argent, pour quinze poupées cassées de suite.
La comtesse de Rosemont appartient à l'aristocratie bordelaise. Elle a épousé le comte de Rosemont, ancien officier d'ordonnance du Ministre de la guerre , qui a quitté l'armée après la campagne de Tunisie, en donnant sa démission à la suite d'une injustice commise à son égard, qu'il ne m'appartient pas de juger.
La comtesse, qui est née de Chabot, habite le château de Meric, demeure seigneuriale, où elle continue les antiques traditions de sa famille. Elle est adorée de tout le monde, et l'hospitalité chez elle est telle qu'au bon vieux temps. Avec son mari elle a porté dans ce coin du Bordelais un coin de la vie