LAODICE
C’est encore un sentiment de vengeance qui jeta dans la voie du crime Laodice, reine de Syrie, en l’an du monde 24G avant Jésus- Christ. Le malheureux Antiochus Théos, qui n’avait pas la puissance d’un Dieu, malgré son nom, fut contraint de terminer une guerre désastreuse avec l’Égypte, par une alliance avec Bérénice, la
fille de Ptolémée, son vainqueur; il lui fallut donc répudier Laodice, sa femme, déshériter ses enfants du premier lit, et désigner pour ses successeurs les enfants qui naîtraient du nouveau mariage. Quand on a offensé un homme, une femme surtout, il est dangereux de leur fournir l’occasion de se venger. Le roi de Syrie ne tint pas compte de ce précepte de prudence. Son beau-pére, Ptolémée, étant mort, il s’em pressa de répudier et d’exiler Bérénice, et de reprendre sa première femme, Laodice, avec les deux enfants qu’il avait eus d’elle : Séleucus et Antiochus Iliérax.
La vindicative syrienne voulant punir un roi si versatile, qui changeait avec trop de laisser-aller de femmes et d’affections, l’empoisonna. L’ayant fait disparaître, elle mit dans son lit un certain Artimon, qui était la parfaite ressemblance, le parfait sosie d’ Antiochus. Artimon joua la comédie de la mort avec un merveilleux talent;
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les dignitaires de la Syrie et de la Perse ayant été appelés, Artimon leur déclara d’une voix éteinte que son fils aîné Séleucus devait lui succéder. La scène terminée, le faux Antiochus disparut, et la mort du roi fut annoncée.
Laodice qui régnait sous le nom de son fils, résolut de se venger de celle qui l’avait remplacée, comme elle s’était vengée de son mari. Bérénice s’était enfuie à Daphné. Laodice assiégea la ville, dont la garnison se rendit et livra Bérénice à sa rivale, qui la fit immédiatement périr, ainsi qu’un grand nombre d’Égyptiens.
Mais ses crimes furent presque aussitôt châtiés que commis. Le frère de Bérénice, Ptolémée, réunit les troupes d’Égypte et marcha contre la reine de Syrie. Détestée, méprisée, elle fut abandonnée de ses troupes. Ptolémée la châtia par un horrible supplice.
AMESTRIS.
En Perse, pendant le règne de Xercés, nous retrouvons les funestes effets de la vengeance des femmes. Le voluptueux Xercès, voulant gagner le cœur de Marysle, sa belle-sœur, ordonna à son fils Darius d’épouser Arsainte, la fille de sa bellesœur. Mais la rusée Maryste détourna la passion du roi sur sa propre fille, sur
Arsaiute, dont, en effet, le roi ne larda pas à être fort épris. Une robe trahit ces honteux trafics de l’amour. C’était une robe splendide, d’une luxuriante richesse, cadeau de la reine Ameslris à son époux. On concevra la fureur d’Ameslris lorsqu’elle vit sa robe portée à la cour par l’imprudente Arsainte. C’étuit une humiliation, c’était un défi insolent qui lui était porté. Amestris résolut de tirer une vengeance exemplaire de Marysle, qui était la cause première de l’égarement du roi. Le jour de la naissance de Xercès, elle lui demanda que Maryste lui fût abandonnée. N’osant pas contrevenir à l’usage tyrannique de la cour de Perse, qui enjoignait au roi d’accorder à sa femme tout ce qu’elle exigeait ce jour-là, Xercès céda. Dès que la princesse Maryste fut remise aux mains de la farouche Amestris, celle-ci lui fit couper les mamelles, la langue, le nez, les oreilles, les lèvres, qu’on jeta aux chiens, devant
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elle. Dans cet horrible état de mutilation, Maryste fut renvoyée à son époux. Le frère de Darius partit aussitôt pour la Bactriane, afin d’y lever une armée. Mais il fut atteint en route par les cavaliers de Xercés, qui le tuèrent.
Joignant la folie de la superstition à celle de la vengeance, la reine Amestris sacrifia aux dieux infernaux quatorze enfants des premières familles de Perse, qui montèrent sur un bûcher. Tant de crimes et de débauches reçurent leur récompense. Xercès fut tué par un capitaine des gardes, un hyrcanien nommé Artabane, à qui il avait donné l’ordre d’assassiner Darius, un des fils de Xercès. Le judicieux Artabane préféra frapper le père.
PARYSATIS.
La cour des rois de Perse était souillée par tous les crimes ; les princes semblaient altérés de voluptés, et les princesses de meurtres et d’adultères. Quelques années après l’horrible Amestris apparaît la féroce Parysatis, qui ensanglanta le régne de son frère Darius Notbus, dont elle était devenue la femme. Elle adorait et protégeait
un de ses fils, Cyrus, vraiment digne d’elle, car il avait envoyé au supplice deux de ses parents qui avaient violé l’étiquette en se présentant devant sa personne sans couvrir leurs mains avec les manches de leurs robes. Son troisième fils, Teriteuchème, était également un joli échantillon de prince. Il avait épousé une fille de la reine Parysatis, appelée Amestris. Étant devenu amoureux de sa bellesœur, Roxane, il tua sa femme, et une fois libre prétendit épouser Roxane. Mais le roi, indigné, voulut punir Teriteuchème, qui se réyolta et fut assassiné par un de ses favoris. Parysatis célébra les funérailles de sa fille Amestris en faisant scier Roxane et massacrer sa famille.
A la mort de Darius Nothus, Cyrus, encouragé par sa mère, disputa le trône à son frère Artaxercès Mnémon. Après avoir vainement tenté de l’assassiner, il leva une armée de Grecs, et fut tué au milieu de la
bataille qu’il livra à son frère par Mithridate et l’eunuque Mézabare. Parysatis joua aux dés la tête de l’eunuque et la gagna.
Comme Artaxercés pleurait la mort prochaine de son favori : « Vous vous fâchez comme un enfant de la perte d’un eunuque, lui dit-elle, tandis que moi j’ai perdu mille dariqucs sans me plaindre. »
Non contente de la mort de Mézabare, elle fît périr Mithridale par le supplice des auges. Mithridate, enfermé entre deux troncs d’arbres creusés, languit plusieurs jours au milieu de tourments atroces, et périt dévoré par les vers et les insectes.
Enfin l’horrible reine Parysatis couronna sa vie criminelle par l’empoisonnement de sa belle-sœur Slalira, en lui donnant dans un festin la moitié d’un oiseau qu’elle avait préparée. Statira expira après avoir souffert d’atroces convulsions. Le roi ordonna qu’on mît à la question toutes les femmes.
Une d’entre elles avoua avoir frotté de
poison le couteau de Parysatis. Elle fut condamnée à avoir la tête écrasée entre deux pierres, et Parysatis fut exilée à Babylone. Le monstre y mourut.
OLYMPUS.
Une femme criminelle peut enfanter un grand homme. Ce fait se vérifia par Olympias, mère d'Alexandre le Grand, que Philippe, las de son humeur jalouse, de son caractère hargneux, répudia, pour épouser Cléopâtre, nièce d’Atale. Comme ce roi.