I.ES FEMMES
dans le festin de noces, émettait le vœu que Philippe eût bientôt un heritier légitime de sa nouvelle épouse, Alexandre, l’entendant, lui jeta sa coupe à la figure en s’écriant : « Eh quoi! misérable, me prends- tu pour un bâtard? » Philippe chercha à percer son fils de son épée, mais il tomba, et Alexandre s’échappa en disant : « Voilà un roi bien capable de marcher en Asie, lui qui ne peut aller d’une table à l’autre! » Alexandre s’enfuit en Épire avec sa mère.
Quelques années plus lard, le roi de Macédoine assistait à la noce de sa fille, nommée aussi Cléopâtre, avec le roi d’Épire, lorsqu’il fut frappé mortellement d’un coup de poignard au milieu de son brillant cortège par un jeune Macédonien. Pausanias, le meurtrier, fut massacré immédiatement ; mais Olympias, intervenant, ordonna qu’on fit de pompeuses funérailles à Pausaniasj elle égorgea elle -même le
UES CÉSAItS.
fils de Cléopàlre entre les bras de sa mère.
Chacun fut convaincu alors que Je bras de Pausanias avait été armé par l’épouse répudiée. 0
Après la mort d’Alexandre, Olympias qui vivait obscurément en Épire, revint en Macédoine, pour se mettre à la tête du parti royal et s’associer au gouvernement d’Aridée, frère naturel d'Alexandre, qui avait été reconnu roi de Macédoine. Ne pouvant supporter le partage de la puissance, môme avec le faible Aridée, à qui elle avait donné dés son enfance un breuvage qui avait altéré sa raison et aJTaibli son corps, elle le fit tuer, puis elle envoya à la reine Eurydice, femme du roi Aridée, un poignard, une corde et une coupe de ciguë, en lui ordonnant de choisir son genre de mort. Le choix était assez embarrassant. Cependant Eurydice opta pour la corde.
Les crimes d’Olympias ameutèrent contre
elle toutes les populations. Elle fut assiégée dans Pydna, où elle s’était retirée. Condamnée à mort, elle fut mise en pièces par les enfanf^ cl îcs parents de ses victimes.
LES CLÉOPATRES.
Les reines criminelles du nom de Cléopâtre sont assez communes dans l’histoire :
nous ne parlerons ici que des plus célébrés. La première vivait en l’an du monde 3859, cent quarante-cinq ans avant Jésus-Christ. Veuve de Ptolémée Philo-