LES FEM3IES
mélor, roi d’Égypte, elle épousa Physcon, successeur de Philomctor, malgré l’étroite parenté qui l’unissait déjà à lui : elle était sa sœur. Mais en Égypte l’inceste était une bagatelle. Le jour de son mariage, le roi Physcon, pour donner sans doute plus d’éclat à la noce, crut à propos d’égorger de sa propre main le petit prince, fils de Philomélor et de Cléopâtre, auquel un parti d’Égypliens avait voulu rendre le trône.
Continuant ses mesures de prudence, il fit mourir les partisans de son frère qui lui avaient disputé le pouvoir suprême; après ces exécutions sommaires, il se livra à tous les excès. Las de Cléopâtre, il la répudia pour épouser la fille de cette reine, nommée Cléopâtre, comme sa mère. La jeunesse d’Alexandrie murmurait contre un tyran si odieux. Elle fut rassemblée, sous prétexte de jeux dans l’Hippodrome, et les soldats la massacrèrent. Un des propres fils de Physcon, qui gouvernait la
Cyrénaïque, fut tué par ses ordres. Le peuple, reprenant quelque énergie en présence de tant d’infamies, brisa les statues du tyran et confia le gouvernement de l’Égypte à Cléopâtre, sa première femme.
Pour s’en venger, Physcon égorgea le fils qu’elle lui avait donné; son corps, coupé en morceaux, fut mis dans une caisse et ofiert à la reine dans une fête. Les Égyptiens, furieux, prirent les armes et marchèrent contre Physcon. Mais ils furent vaincus. Le tyran entra vainqueur dans Alexandrie, d’où s’était échappée Cléopâtre. Elle se réfugia en Syrie, à la cour de Démétrius Nicator, qui avait épousé l’une de ses filles, une Cléopâtre aussi, qui fut un monstre, et dont nous allons tout à l’heure raconter l’odyssée.
Le roi Ptolémée Physcon, après avoir assassiné ses enfants et une partie de ses sujets, après avoir défié le ciel et la terre par des débauches et des infamies de tout
genre, mourut paisiblement à Alexandrie, à l’àge de soixante-treize ans. 11 avait régné vingt-neuf ans. Avant d’expirer, il chercha à réparer ses torts envers sa femme en lui laissant le pouvoir de donner le gouvernement de TÉgypte à l’un de ses deux fils, Lathyre ou Alexandre. Cléopâtre eût préféré Alexandre, mais Lathyre lui fut imposé par le peuple, très-étrange dans ses volontés, car il força ce même Lathyre à répudier sa sœur Cléopâtre et à épouser Sélène, son autre sœur. Entre la mère et le fils la guerre éclata. Quelques eunuques de Cléopâtre se blessèrent légèrement, parcoururent les rues d’Alexandrie. La reine, en larmes, s’écriait que Lathyre avait voulu l’assassiner, et n’avait pu que blesser ceux qui la défendaient.
Le peuple se souleva; Lathyre s’enfuit en Chypre, où il régna. S’il faut en croire Josèphe et Strabon, Lathyre aurait livré sur les bords du Jourdain une bataille san-
glante aux Juifs, et après leur avoir pris des milliers de prisonniers, il les aurait fait manger par ses soldats. Une telle monstruosité donne une idée des mœurs barbares de ces temps. Toujours en guerre avec sa mère, Lathyre ne rentra en Égypte que lorsque son frère Alexandre, devançant les ordres homicides de sa mère dirigés contre lui, eut fait assassiner la reine Cléopâtre. Le peuple chassa Alexandre et rappela Lathyre.
Nous changeons de contrée : d’Égypte . nous nous rendons en Syrie, mais nous ne changeons pas de Cléopâtre. Il s’agit de la fille de la reine d’Égypte, reine ellemême de Syrie, femme de Démétrius Nicator, si bien sa femme que, le roi de Syrie ayant été vaincu par un aventurier nommé Zébina, elle se hâta de l’abandonner et de lui fermer les portes de la ville de Ptolémaïde, où Démétrius Nicator croyait trou-
ver un refuge après sa défaite. Déçu complètement, il se retira à Tyr; il y fut massacré. La conduite de Cléopittre avait été motivée par deux raisons péremptoires ; la première, parce que son mari l’avait délaissée pour épouser Rodogune, princesse parthe; la seconde, parce que ellemême, prodtant de l’absence du roi, s’était livrée à Antiochus, frère de Démétrius.
Après la mort de ce malheureux roi, son 61s Séleucus, sous la tutelle de sa mère, monta sur le trône. Mais Cléopâtre, craignant l’ambition et le ressentiment de son 61s, le laissa régner un an, et l’envoya re-^ joindre Démétrius en lui enfonçant ellemême un poignard dans le sein. Elle donna le pouvoir à Antiochus Grypus, son second 61s, auquel, quelques années plus tard, elle présenta une coupe empoisonnée pour le punir d’avoir secoué son joug. Comme Antiochus faisait observer très -respectueusement à sa digne mère que cette
DES céSASS.
coupe pouvait bien contenir du poison, Cléopâtre, hors d’elle, avala le contenu de la coupe d’un trait et expira.
Elle s’était rendue justice.
Digiliz ed by Gopgle
LES
nr.
Cléopâtre. — Fompcia. — Xiivie. — Julie. — SÆessaliue. — .A^crippine. — Xt’eun.uq,ue Sporue. — Poppée. — S'auatine.