I.ES FEMMES
nombre d’épouses^ parmi lesquelles Suétone cite : Posthumie, femme de Servius Sulpicius, Lollia, femme d'Aulus Gabinius, Tertulla, femme de Crassus, Mucia, femme de Pompée. Dans les provinces, comme à Rome, César violait fréquemment 1a couche nuptiale; aussi ses soldats répétaient-ils à la cérémonie du triomphe de la Gaule :
« Citadins, gardez vos femmes; nous amenons le chauve adultère. Dans .à Gaule, tu prodiguais l’or pour les femmes; ici tu l’avais emprunté. »
Cette dernière épigramme rappelait les dettes énormes contractées à Rome par le conquérant des Gaules.
César, avant Antoine, abaissa la dignité romaine au joug d’une reine étrangère.
Cléopâtre l’accompagna sur ses vaisseaux; il la fit venir à Rome, d’où elle ne se retira que couverte de richesses et d’honneurs.
Il avait résolu de l’épouser, action qui lui
aurait été facilitée par une loi projetée quelque temps avant sa mort, et en vertu (le laquelle la polygamie aurait régné à Rome. Outre Cléopâtre, il aima plusieurs reines, entre autres Eunoé, femme de Bogud, roi de Mauritanie, qui, en mari complaisant, reçut d’importants présents.
(( Enfin, dit Suétone, pour que personne ne doute qu’il était tourmenté de désirs impudiques et adultères, j’ajouterai que dans un de ses discours, Curion le père l’appelle : « Le mari de (ouïes les femmes, et la femme de tous les maris. »
César eut trois épouses : Cornélie, fille de Cinna, répudiée; Servilie, mère de Brutus, sa dernière femme, qu’il affectionna particulièrement; et Pompéia, fille de Pompée et mère de Sylla, qu’il répudia dans les circonstances suivantes :
Au milieu des fêtes de la déesse Fausta réservées exclusivement aux femmes, et qui se célébraient alors dans la maison de
César, absent, s’introduisit un Romain perdu de débauches, Publius Claudius.
L’amant, favorisé ou non par Pompéia, avait compté sans une esclave qui le reconnut, jeta des cris de Mélusine et appela toutes les femmes pour constater la profanation des mystères de la bonne déesse.
César, qui était déjà fatigué de sa femme, profita de cette violation de domicile pour la répudier, en disant : « Je sais bien qu'elle n’est pas coupable, mais la femme de César ne doit pas même être soupçonnée... » Du reste il fut trés-indulgent pour l’auteur de l’adultère ou de la tentative d’adultère. Il ne le chargea pas, comme on dit au palais.
Il nia môme avoir eu connaissance du fait, malgré la déposition fort claire, fort affirmative de sa mère Aurélia et de sa sœur Julie. Lorsque les juges, étonnés, lui demandèrent pourquoi il avait répudié sa femme : « C’est, répondit-il, que je veux que les miens ne soient pas moins exempts de soupçons que de crimes. »
11 venait à peine de répudier la fille de Pompée qu’il séduisait Mucia, femme de son beau-père, et le mettait lui-même dans la nécessité d’une répudiation.
« La corruption des mœurs était telle, observe avec justesse le comte de Ségur, que ce double divorce ne rompit point l’intelligence de ces deux hommes qui s'accordaient pour renverser la liberté; ils ne devinrent rivaux et ennemis que pour dominer sur ses ruines. »
Quand on parle de la corruption des mœurs de la République romaine, il faut donc en faire remonter la première cause à l’homme qui avait résolu de livrer Rome à la tyrannie et à la polygamie : à Jules- César.