‹ Les femmes des CésarsChapitre 23 sur 35 · TI · texte numérisé non relu

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champignons, mets favori du prince. La constitution de Claude, quoique profondément atteinte, résista pourtant à l’effet meurtrier du breuvage de Locuste. Agrippine s’adressa alors au médecin Xénophon dont elle s’était assuré d’avance la complicité. Celui-ci, sous prétexte d’aider le vomissement, enfonça dans le gosier de Claude une plume imprégnée d’un poison subtil, «bien convaincu, dit Tacite, que s’il y a du péril à commencer les grands attentats, on gagne à les consommer. Britannicus, que l’artificieuse Agrippine serra entre ses bras au moment de la mort de Claude, en l’accablant de caresses, fut écarté du trône, et Néron s’en empara, aux acclamations d’une populace imbécile.

Agrippine était satisfaite.

ACTÉ. -POPPÉE. - L’Eunuque SPORUS

Agrippine avait eu un tel désir de faire régner Néron, qu’un augure lui ayant annoncé que son fils, s’il était empereur, serait peut-être la cause de sa mort, elle avait répliqué ; « Eh bien, que je meure, pourvu qu’il règne. » Elle ajoutait mentalement qu’elle comptait bien régner en son nom. En cela elle se trompa gravement. Néron, irrité de l’infériorité où le

tenait sa mère, de ses prétentions arrogantes, de sa volonté opiniâtre de gouverner en dehors de lui, résolut de se débarrasser d’elle. Il maintint au palais une affranchie nommée Acté, qui était sa maîtresse, et destitua Pallas, l’amant d’Agrippine. Folle de dépit d’avoir été vaincue par une vile maîtresse de son fils, Agrippine ne garda plus aucun ménagement; elle éclata en reproches, en injures, en menaces, et rappela à Néron que Britannicus, vivant encore, elle en ferait sa vengeance contre lui. C’était assassiner d’un mot le fils de Claude; en effet, Néron, inquiet et furieux, ordonna qu’on lui amenât Locuste, reléguée en prison pour empoisonnement; un premier breuvage donné à firitannicus ne réussit pas. Néron ordonne aussitôt le supplice de Locuste, qui achète sa vie en promettant un venin qui tuerait aussi vite que le fer. Ce venin fut servi dans un festin où se trouvaient Agrippine

DBS CÉSARS.

et Octavie, sœur de Britannicus; la mort fut foudroyante; tous les assistants s’enfuirent effrayés. Mais Néron, impassible, dit que c’était un événement ordinaire, causé par l’épilepsie dont Britannicus était attaqué depuis l’enfance. Agrippine, étrangère à ce meurtre, craignit pour ellemême après un tel coup d’essai de Néron.

En effet, le fils se sépara de sa mère, qui fut reléguée dans l’ancien palais d’Ântonius. Là, seule, détestée et abandonnée, le désert se fît autour d’elle; elle se rappelait en tremblant la prophétie de l’augure.

L’histrion Pàris et Julia Silana l’accusèrent de conspirer contre l’empereur. Agrippine répondit courageusement à l’accusation «que les soupçons de Silana ne l’étonnaient point, puisque celte femme n’avait jamais eu de fils. » Néron fut forcé d'attendre un motif plus plausible pour tuer sa mère.

Le nouveau César ne cherchait plus à voiler ses débauches m' ses crimes. Ifdés-

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