‹ Les femmes des CésarsChapitre 7 sur 35 · HÉLÈNE ET CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE ET CLYTEMNESTRE

Amour, tu 'perdis Troie! La belle Hélène,

« qui ressemblait étonnamment de visage

« aux déesses immortelles, » perdit Troie.

Elle ne sut pas résister aux séductions

du beau Pàris, et la nuit même de ses

noces elle se faisait enlever par le trop

ardent Troyen. Sa beauté fatale précipita

dans le Styx les plus valeureux guerriers 2 lu

l.ES FEMMES

de la Grèce et de l’Asie, causa la ruine de la maison de Priam, et partagea l’Olympe en deux camps de dieux et de déesses qui s’injurièrent et combattirent avec acharnement, Mars, Apollon et Vénus tenant pour Troie, Pallas et Junon pour les Grecs. Je renvoie le lecteur à l'Iliade, et je me contente de lui dire (ce qu’il sait déjà) qu’aprés dix années de lutte acharnée et sanglante, la belle Hélène (était-elle toujours belle?) fut ramenée à Sparte par son époux.

L’implacable Ménélas avait dû attendre dix années la première nuit de ses noces! Mais pour châtier un adultère, que d’illustres têtes avaient été moissonnées! Le bouillant Hector et l’invincible Achille n’étaient plus! Le coupable Paris lui-même avait succombé. La femme et la fille de Priam, Hécube et Cassandre, Andrornaque, la veuve d’Hector, étaient à la merci des vainqueurs. L’habile Ulysse errait, cherchant son Ithaque; l’impétueux Ajax fai-

Digilized by GoogI

sait naufrage. Idoménée, Philoclctej Diomède, qui avaient combattu pour venger un mari outragé, retrouvaient leurs femmes aux bras d’étrangers qui s’étaient emparés outrecuidamment de leur trône et de leur lit. Le puissant Agamemnon revenait chargé de gloire et de lauriers à Mycône, où une désagréable surprise l’attendait.

Egysthe avait séduit sa femme, l’infidèle Clytemnestre, et régnait dans son palais.

De concert avec son amant, Clytemnestre assassina Agamemnon et plaça la couronne sur la têted’Egysthe. Mais elle fut frappée par ses propres enfants, Electre et Oreste, qui vengèrent le meurtre de leur père en la tuant. Tels furent les malheurs causés par l’enlèvement d’une femme en l’an du monde 2884 (avant Jésus-Christ, 1120}.

Plus lard, les adultères furent vengés avec moins de sang et moins d’éclat, car la terre eût été dépeuplée.

Page 1