LA PRISON DES CARMES
siasme aux idées nouvelles, ce général qui avait commandé si vaillamment les armées républicaines, cet aristocrate qui s'était fait traiter de sans-culotte et de montagnard ? Le 4 thermidor, il est transféré de la prison des Carmes à la Conciergerie, ce vestibule de Téchafaud. Le 5, il comparaît devant le tribunal révolutionnaire avec quarante-sept autres prévenus. Fouquier-Tinville soutient l'accusation. C'est l'apogée de la Terreur. Les têtes tombent comme des ardoises. Trois accusés seulement sont acquittés. Les quarante-cinq autres sont condamnés à mort. Parmi eux l'on remarque le prince de Rohan-Montbazon, le m.arquis de Champcenetz, le banquier Gallet-Santerre, le marquis de Soyecourt, l'ancien conseiller au Châtelet Bouchet d'Argis, d'Antichamp, Irère du célèbre Vendéen de ce nom le prince de Salm-Kirbourg, et enfin Alexandre, de Beauharnais.
Même sous le couteau de la guillotine, l'ancien vicomte ne renoncera pas à ses idées de démocratie, et il se servira jusqu'au bout du langage révolutionnaire. La veille de sa condamnation, il a écrit à sa femme : « Toutes les apparences de l'espèce d'interrogatoire qu'on a fait subir aujourd'hui à un assez grand nombre de détenus sont que je suis la victime des scélérates calomnies de certains aristocrates, soi-disant patriotes de cette maison. La présomption que cette infernale machination me suivra jusqu'au tribunal
LA JEUNESSE DE l'iMP^RATHICE JOsiPHINE
révolutionnaire ne me laisse aucun espoir de te revoir mon amie, ni d'embrasser mes chers en! fants. Je ne te parlerai point de mes regrets ma tendre aifection pour eux, l'attachfnen; formel qui me lie à toi ne peuvent te lis "r aucun doute sur le sentiment avec leque je qu k terai la vie sous ces rapports. Je regTe e é,al " ment de me séparer d'une patrie Vue i'ate' pour laquelle j'aurais voulu donner mille ItZl vie, et que, non seulement je ne pourrai pl^ servir, mais qui me verra échapper de son s in en me supposant un mauvais citoyen Cette de déchirante ne me permet pas de ne te plt recon,,,ander ma mémoire : travaille à la réhabiliter en prouvant qu'une vie entière consacrée a servir son pays et à faire triompher la 1 ber é
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classe des suspects. » Ainsi, Beauharnais s'en
crates. Un a de paroles sévères ni pour la République, ni pour le tribunal révolutionnaire cC tout au plus s'il ne justifie pas la loi des sutpec Apres avoir parlé, dans sa lettre à sa femme de sa réhabilitation future, il ajoute : « Ce travail de réhabilitation doit être ajourné, car dans Jeî orages révolutionnaires, un grind peuple q^ combat pour pulvériser ses fers doit s'envh-onne d une ,uste méfiance, et plus craindre d'oublier un coupable que de frapper un innocent La