‹ Les femmes des TuileriesChapitre 20 sur 49 · I .. Souvenirs d'un sexagénaire · texte numérisé non relu

I .. Souvenirs d'un sexagénaire

'°^ L^ JEUNESSE DE t'iMPÉRATRICE JOSÉPHINE

bite la ville de Paris. Nous avons reçu hier deux onces de pain par personne; cette ration a encore ete diminuée aujourd'hui. Toutes les rues retentissent des plaintes de ceux qui sont tiraillés par a faini. . Les femmes du peuple, qui passaient les nuits aux portes des boulangers et des bouchers, assiégeaient journellement la Convention de menaces et d'insultes, malgré les poursuites des Muscadins, qui les traitaient de furies de la guillotine. Lisez les rapports de police à l'époque, dans le curieux recueil qui a pour titre : Paris en 1194 ^t IJ9S- La rue, le club et la famine : « Les femmes, a dit M. Dauban, auteur de ce recueil' tinrent en échec le plus formidable gouvernement qu'il y eût au monde, un gouvernement qui faisait trembler les rois, et qui disposait de quatorze armées. Ni au g thermidor, ni au 2 juin, ni à aucune époque, la Convention n'avait couru u'n, aussi grand danger qu'au i« prairial an IIL Lai faim est une rage; elle n'a pas besoin d'armes,' les dents et les ongles suffisent. Poussées par elle, les femmes sont terribles; elles quittent le logis comme la bête féroce quitte l'antre, pour y rapporter la proie et la pâture à ses petits. Tel est le véritable sens des insurrections de germinal et de prairial. A la surface, il y a les Jacobins, les souteneurs des anciens comités, les partisans de la Constitution de 1 793, l'effervescence des anciennes idées qui surgissent, comme les dernières flammes d'un feu mal éteint; au fond, il y a la faim. »

Page 1