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LA SOCIETE EN LAN III

Dans la journée du i®' prairial, la foule qui avait envahi la salle de la Convention, montrait tout son mépris pour les députés. Un homme criait sans cesse : « Allez-vous-en tous ! Nous allons former la Convention nous-mêmes. » Un autre disait : « L'arrestation des députés ! l'arrestation de tous! » Le président Boissy-d'Anglas voulant intervenir, la foule lui répondait : « Du pain, coquin ! Qu'as-tu fait de notre argent ? » Jamais on n'avait vu pareil tumulte. Le député Féraud était égorgé ; Boissy-d'Anglas saluait sa tête portée au bout d'une pique. Cette fois encore la jeunesse dorée eut le dessus. Elle chassa les envahisseurs. Les conventionnels se vengèrent par des supplices de la peur qu'ils avaient eue. Il leur fut donné de faire régner tour à tour deux Terreurs, presque aussi cruelles l'une que l'autre : la Terreur révolutionnaire et la Terreur réactionnaire* Quand ils firent ce qu'ils appelaient de la modération, cette modération fut encore implacable. Aucune Assemblée n'eut plus de rigueurs contre les vrais républicains que cette Assemblée qui avait fondé la République. N'aurait-on pas pu pressentir déjà que les conventionnels qui avaient échappé à la guillotine, qui avaient vécu, comme disait Sieyès, allaient bientôt se transformer en comtes et en barons de l'Empire ?

Au milieu des agitations et des crises de l'an III, à cette époque où la société commençait à se reconstituer, malgré tant de secousses et de misères,

108 LA. JEUNESSE DE l'iMPÉRATRICE JOSÉPHINE

quatre femmes attirèrent surtout l'attention à Paris : M""' de Staël, M^^^ Récamier, M"^^ Tallien et M^^e de Beauharnais. Tracer l'esquisse de ces quatre femmes célèbres, telles qu'elles étaient en 1795, un peu avant la journée de Vendémiaire, c'est donner une idée de la société dont elles furent Tornement et dont elles excitèrent l'admiration.

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