I. Stendhal. Vie de Napoléon , Fragments
l52 LA JEUNESSE DE l'iMPÉRATRICE JOSÉPHINE
moment, il accorda toute sa confiance à ce gentilhomme corse qui devint successivement conseiller du roi, assesseur de la ville d'Ajaccio, député de la province de Corse à la cour de Versailles, et enfin membre du conseil des douze nobles de l'île. Ami intime du comte de Marbeuf, qui en était le gouverneur, il oublia la guerre d'indépendance et le temps où sa vaillante compagne, grosse de sept mois, et portant dans son sein le futur empereur Napoléon, errait à cheval, de montagne en montagne, de ravin en ravin, de torrent en torrent, pour échapper à l'invasion française. Des treize enfants qu'il avait eus de i cette femme intrépide, il lui restait cinq garçons et trois filles, et ce n'était pas chose facile pour un homme qui, comme lui, n'avait qu'une fortune très médiocre, de préparer l'avenir d'une si nombreuse famille. Heureusement il obtint trois bourses : l'une pour son fils aîné Joseph, au séminaire d'Autun ; l'autre pour son second fils Napoléon, à l'école militaire de Brienne ; la troisième pour sa fille aînée à Saint-Cyr. Il les emmena tous trois en France, où il se rendait avec une députation de la noblesse corse, à la fin de
Le petit Napoléon, qui était alors dans sa dixième année, entra, le 12 mai 1779, à l'école de Brienne, qui, tout en étant une école militaire, était dirigée par des religieux, les Minimes. II conçut de l'attachement pour ses professeurs ;