‹ Les femmes des TuileriesChapitre 37 sur 49 · BONAPARTE, REPUBLICAIN · texte numérisé non relu

BONAPARTE, REPUBLICAIN

cier n'hésite pas à servir la cause républicaine. On le voit paraître, sous les drapeaux de Tarmée conventionnelle, à Avignon, à Tarascon, à Beaucaire, à Valence, à Lyon, à Auxonne. C'est de là qu'il part pour assiéger Toulon, qui est aux mains des royalistes et des Anglais. Il arrive le 22 septembre lygS, et y prend le commandement des batteries. Dès le 24, il signale d'un premier coup d'œil, le seul point où l'attaque pourra être efficace- « Il faut, dit-il, s'emparer du fort Murgrave, bâti par les Anglais sur la hauteur du promontoire le Caire, et placer sur les deux monticules de l'Eguillette et de Balaguier des batteries qui, foudroyant la grande et la petite rade, contraindront la flotte anglaise à s'éloigner. » Le siège de Toulon durera trois mois. Peu de jours auraient suffi, si l'on avait tout d'abord écouté Bonaparte. Enfin, Ton se décide à suivre ses conseils. Tout arrive comme il l'a prédit. Le général en chef, Dugommier, écrit au Comité de salut public : « Avancez ce jeune homme, car si vous étiez ingrats envers lui, il s'avancerait tout seul. » Bonaparte reçoit sa récompense. Car, s'il n'est pas nommé dans la lettre des représentants qui annoncent la prise de Toulon à la Convention, en revanche, il est promu du grade de chef de bataillon à celui de général de brigade, sans passer par le grade intermédiaire. Les conventionnels Robespierre le jeune, Salicetti, Fréron, Barras, ensanglantent la victoire. Huit cents vic-

170 LA JEUNESSE DE l'iMPÉRATRICE JOSEPHINE

times sont réunies au Champ deMars de Toulon, et on les mitraille. Les commissaires s'avancent en criant : « Que ceux qui ne sont pas morts se relèvent ; la République leur fait grâce ! » Et les blessés qui se relèvent sont massacrés. Mais Bonaparte n'est pas responsable de cruautés qu'il réprouve. Toutefois, il ne se brouille point avec les conventionnels qu'il a connus devant Toulon, et dont plusieurs seront très utiles à sa carrière! L'armement des côtes l'occupe surtout pendant les deux premiers mois de 1794. Son coup d'œil embrasse tout le golfe de Gênes, et il rêve déjà la conquête de l'Italie. Un instant, il court un grand danger. Comme il vient de faire réparer les forts démantelés de Marseille, il est traité par un conventionnel « d'ennemi du peuple, de conspirateur qui veut relever les odieuses bastilles de Louis XVL » Il est menacé d'être mandé à la barre de la Convention, ce qui, presque toujours, équivaut à la mort. Mais, à l'armée de Nice, il trouve un protecteur, Robespierre le jeune, et il est sauvé. Qui sait ? sans ce frère du plus farou- Che de tous les républicains, il n'y aurait peutêtre pas eu d'empereur Napoléon !

Robespierre le jeune, avant de retourner à Paris, veut alors emmener Bonaparte avec lui pour en faire l'auxiliaire de son frère. Bonaparte, à qui cette pro position vient d'être faite, se rend au château de Salle, près d'Antibes, où sa famille réside. Se promenant entre Joseph et Lu-

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