LA MARTINIQUE
Il est deux îles dont un monde '
Sépare les deux Océans,
Et qui, de loin dominent Tonde,
Comme des tètes de géants ;
On devine, en voyant leurs cimes,
Que Dieu les tira des abîmes
Pour un formidable dessein.
Leur front, de coups de foudre fume,
Sur leurs flancs nus la mer écume.
Des volcans grondent dans leur sein.
Ces îles, où le flot se broie Entre des écueils décharnés, Sont comme des vaisseaux de proie, D une ancre éternelle enchaînés.
La main qui, de ces noirs rivages.
Disposa les sites sauvages.
Et d'eff'roi voulut les couvrir, Les fit si terribles, peut-être.
Pour que Bonaparte y pût naître Et Napoléon y mourir '.
N'est-ce point une chose curieuse à observer que le rôle Joué par les Iles dans Thistoire de Na-
T. ^^ictor Hugo. Les Deux Iles.
lO LA JEUNESSE DE L^IMPERATRICE JOSEPHINE
poléon ? Une île est son berceau, une autre son premier exil, une autre son deuxième exil et son tombeau. Joséphine était née comme lui dans une île. La Corse, la Martinique, Tlle d'Elbe, Sainte-Hélène, des rochers, des montagnes, des vagues et des éclairs, les noms de Napoléon et de Joséphine font penser à tout cela. Les voyageurs vont visiter l'habitation des Trois-Ilets, à la Martinique, comme ils vont visiter la maison Bonaparte, à Ajaccio. La Martiniqueest remplie des souvenirs de Joséphine, comme la Corse de ceux de Napoléon, et ces deux noms, à dix-huit cents lieues de distance, sont répétés chaque jour dans les deux îles.
Un excellent ouvrage dont l'édition est épuisée, VHistoire de VImpératrice Joséphine^ par M. Aubenas, donne les détails les plus curieux, les plus circonstanciés sur les origines de la famille Tascher de La Pagerie, et sur les premières années de Joséphine. L'auteur, qui a fait un séjour de plusieurs années à la Martinique, y a puisé ses renseignements aux sources mêmes. Nous ne saurions avoir un meilleur guide pour parcourir l'habitation des Trois-Ilets et ses environs.
En partant de Fort-de-France dans une de ces légères pirogues que trois insulaires manœuvrent hardiment, on traverse, en une heure et demie, la magnifique baie^ qui, en toute saison, peut servir de refuge aux plus grands navires de puerre. Anrès avoir doublé la pointe extrême de