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LES FEMMES PROSATEURS DE LANGUE ANGLAISE AU CANADA

Il est difficile de se renseigner complètement sur le sujet des premiers écrivains du Canada par ordre chronologique. Les premiers livres canadiens se publiaient à des éditions très limitées, et il est arrivé que les plus belles collections qui se trouvassent dans les bibliothèques publiques ou particulières ont été détruites dans des incendies.

Un des premiers ouvrages de quelque marque, 7%e History of Emily Montague (Londres, 1784), était l’œuvre de Mrs.

Frances Brooks. Sir James LeMoiïine parle de cet auteur avec éloge et non sans être un peu flatté de ce qu'il fait honneur au village de Sillery. Les lettres de Mrs. | Brooks remplissent quatre petits volumes EE" et sont d’une plume alerte et fine. L’ouvrage est dédié à lord Dorchester. Les descrintions pleines de verve qu'elle y fait des paysages canadiens, de la vie romantique des colonies, des flirtations, de même que des fréquentations entre jeunes personnes et des mariages, sont une peinture vivante du monde québécois. L'auteur avait un champ très riche à exploiter. Alors que les nouveaux sujets britanniques regardaient les nouveaux arrivés d’un œil critique, ceux-ci, pleins d’une générosité chevaleresque, n’avaient pas tardé à gagner les cœurs. Les ciels clai”s et un climat vivifiant ; la beauté et la grandeur des sites; l’orgueil national se glorifiant dans la nouvelle possession gagnée après des années de luttes sur un aussi vaillant ennemi; les possibilités illimitées de l'avenir, tout constituait un fonds comme il a été donné à peu d'écrivains subséquents d'exploiter et dont l’allègre la Frances elle-même n’a pu tirer tout le parti possible.

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