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LES FEMMES CANADIENNES DANS LA LITTERATURE

Le rôle des femmes canadiennes dans la littérature de notre pays commence à peine à s'affirmer.

C'est seulement depuis quelques années que nous voyons des articles de journaux ou de revues, et quelques pièces de vers signés de noms féminins. Les œuvres de plus longue haleine font événement quand on les rencontre, tant elles apparaissent rarement. Cependart, le talent littéraire ne fait pas défaut à mes compatriotes ; autant peut-être que leurs sœurs de France, elles possèdent l’intuition du beau, un goût délicat pour les lettres et leur culture intellectuelle, de tout temps, ne fut pas négligée, Dès l'origine de la colonie, on rencontre à Québec deux institutions vraiment remarquables où se sont formées la plupart des femmes de la société canadienne Ce sont les religieuses Hospitalières et surtout les Ursulines, qui donnèrent l'instruction, entre autres élèves distinguées, à une sous-gouvernante des rois de France : Mlle de Joybert-Marson, épouse du marquis de Vaudreuil.

Ces deux communautés religieuses se fixèrent au Canada sous le second gouverneur francais, M. de Montmagny, en 1639, c’est à dire, environ vingt-neuf ans après que M. de Champlain eut fondé sa colonie. Ces deux maisons ont survécu à la chute de la domination française et elles n’ont cessC de procurer aux jeunes filles du pays une solide et brillante éducation. Leur enseignement, paraîtil, ne laissait rien à désirer, si l’on s’en rapporte à la renommée d'intelligence et de savoir qu'ont laissée après elles plusieurs générations de nos aïeuies

Un savant antiquaire, avec lequel je causais un jour de ce sujet, n’a dit, avec plus de franchise peut-être que de galanterie, que nos mères, dont plusieurs connaissaient le latin et diverses langues vivantes, en savait au demeurant plus que nous, en dépit de nos prétentions et d’un certain vernis d'éducation moderne.

Puisque nous ne devons attribuer le rôle effacé de la Cauadiennefrançaise dans le domaine des lettres, ni au défaut de talent, ni au manque de culture, quelles causes faudra-t-il donc lui assigner ? Ne serait-ce pas surtout le fait d’un état d’esprit social hostile auxtravaux littéraires de la femme, qui ne lui permettait de s'exercer ou de s’habituer à la pratique de l'art d'écrire? Une extrême

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