LA FEMME INDIENNE DES PROVINCES DE L'EST
La plupart des sauvages à l’est du Manitoba, dans les provinces de l'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle- Écosse et de l’Ile du Prince-Édouard, se divisent en deux catégories, les civilisés et les semi-civilisés. Ceux de la dernière catégorie se subdivisent en des groupes multiples, à partir de la sauvagerie presque pure jusqu’à l’état de quasi-civilisation, et cela va sans dire, la situation de la femme varie en conséquence. Sauf dans les parties les plus reculées des provinces de l'Ontario et de Québec, fort peu de sauvages vivent aujourd’hui dans l’ancien état nomade, la plupart d’entre eux étant cantonnés sur des ‘‘ réserves’’, dans toute l’étendue des provinces en question. Parmi les sauvages civilisés des tribus d’Iroquois et de Mississaugas, nombre de femmes sont tout aussi bien logées et vivent dans un état aussi confortable que leurs sœurs de race blanche. Différant en cela des sauvages moins civilisés elles parlent l'anglais facilement, s'entendent bien dans l’art culinaire, font d'excellentes femmes, tenant leurs maisons en bon ordre et avec propreté, s’habillant bien, elles et leurs enfants.
Dans l’état de semi-civilisation, les femmes sauvages travaillent fort et ferme ; car, outre le soin du ménage, elles doivent contribuer à la subsistance de la famille par l'exercice de quelquesunes des industries que nous avons énumérées dans un article précédent. Dans les produits de leur industrie, les femmes font preuve ‘ de beaucoup d’habileté et assez souvent d’un goût très prononcé. Si l’on excepte les Iroquoises, les femmes sauvages d'ordinaire ne réussissent guère dans l’art culinaire, et elles se contentent la plupart du temps des mets les plus simples. Quant à la toilette, elles se conforment dans une cértaine mesure aux idées de la femme de race blanche ; mais on trouverait difficilement en s’éloignant des réserves des Iroquois et des Mississaugas, une seule femme sauvage habillée entièrement à la mode moderne. Elles se couvrent d’ordinaire la tête d’un châle aux couleurs gaies, ce qui constitue un article indispensable de toilette, bien qu’en été le chapeau de paille à larges bords puisse remplacer le châle traditionnel.
Le lien matrimonial, si toutefois on peut lui donner cette appellation, n’est pas toujours indissoluble, car les époux se séparent pour les causes les plus insignifiantes et contractent facilement de nouvelles