‹ Les femmes du diableChapitre 28 sur 59 · MADAME DESBROSSES · texte numérisé non relu

MADAME DESBROSSES

Modeste et savante, dit la chronique. Mais il ne faut pas trop croire les chroniques, lorsqu'elles disent que les jolies actrices sont modestes. La science a aussi le droit d’être orgueilleuse. Si madame Desbrosses fut une savante au théâtre, c’est qu’elle voulut se montrer la digne héritière de son père, qui était un auteur du Théâtre italien. Cet excellent père lui donna tous les excellents professeurs. A sept ans, elle débuta devant Sa Majesté le roi Louis XY. C’est par ce royal chemin

qu’elle arriva aux royaux emplois, — après avoir passé par la Servante maîtresse , par Colinette dans la Clochette , — puis dans Jeannette, l’amante de Jeannot.

La jolie Jeannette devint la brillante Justine, dans Alexis et Justine. — Justine était ambitieuse; elle captiva Alexis sous les yeux même de madame Dugazon, — qu’elle remplaça finalement à l’Opéra- Comique.

Mais la svelte amoureuse prit l’embonpoint de la duègne, et elle dut s’emboîter dans des emplois plus graves, — s’il est quelque chose de plus grave que l’amour!

Ainsi qu’elle avait succédé à madame Dugazon, si célèbre amoureuse, elle succéda à madame Gauthier, si célèbre duègne. On voit que l’heureuse madame Desbrosses était née pour vaincre.

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