‹ Les femmes du diableChapitre 56 sur 59 · MADEMOISELLE VIOLETTE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE VIOLETTE

Quand on rencontrait mademoiselle Violette hors du théâtre, elle se faisait appeler la signora Rusca. C’était Suzanne tranchant de la grande dame à la -ville. La grande dame, en effet, avait toute la légèreté de Rosine : elle aurait écouté le Barbier, faute d’Almaviva; elle eût souri au Docteur, faute de Chérubin, tant elle élait bonne fille au fond ! Son talent n'élait guère que beaucoup de vivacité ; mais au théâtre, la vivacité l’entrain , l'emporte-pièce, c’est ce que Voltaire appelait le diable au corps.

Violette était bien le plus malin diable rose de la Comédie-Italienne à sa résurrection.

On dit que les diables et les monstres n’ont pas de postérité: cependant Violette eut une enfant charmante, du nom mystérieux de Sidonie. Cette Sidonie, quand elle eut vingt ans, se fit applaudir assez follement dans la Folle raisonnable. Violette^ ce soir-là, se dit qu’elle avait eu raison d’être folle, puisque c’était la folie qui lui avait donné sa fille.

Page 1