LE CHAMPAGNE ET LE VOLCAN
J'ai assisté^ à Saiut- Vincent, aux constants et toujours gracieux efforts que faisait lady G***, la femme du gouverneur, pour ranimer le cadavre social de la colonie. Jeune^ aimant le plaisir, se sentant exilée d'un pays au milieu duquel elle volait de fête en fête, lady G*** s'était comme trouvée frappée d'un ennui qu'elle essayait d'étouffer. Hélas I ses efforts étaient vains. Mainte fois le chef de la colonie voulut, pendant mon séjour, rassembler du monde pour des bals, de simples soirées, il n'attrapa, dans le vaste coup de filet qu'il jeta sur le monde de la colonie, que quelques femmes et un nombre assez considérable d'hommes! Ses dîners étaient si splendides, sa cave si bien assortie, que l'affluence de ces derniers n'avait rien qui dût me surprendre.
Sir John C*** avait bonne envie de me faire fête pendant mon séjour auprès de lui; il ne se passait pas de jour qu'il ne fît un nouvel effort pour me procurer une nouvelle distraction. C'est en sa compagnie que je fis le tour de la colonie. Un jour lady C*** me dit :
— Puisque nous ne pouvons parvenir à réunir à mon hôtel dix femmes^ allons les chercher au milieu de leurs solitudes pour faire une ascension au cratère de Tile. Nous sommes sûrs de recruter toutes celles dont les habitations se trouveront sur notre route.
C^était là une partie qui me séduisait fort. Depuis le temps que je parcourais Tarchipel des Antilles, j'avais regardé toujours d\m œil d'envie ces immenses cratères, et il ne m'avait pas encore été permis de m'élever jusqu'à ces hauteurs. Splendide spectacle que celui-là, et qu'on ne peut oublier quand une fois on s'en est repu !
C'est là, en effet, un des côtés admirables de cette navigation dans la mer des Antilles : par quelque point que vous arriviez, vous apercevez du milieu de la mer, à douze et quelquefois à quinze lieues de distance, toutes les terres sur lesquelles vous courez. Comme de vastes coupoles voilées par la brume, se dessine toujours au large, au centre de chaque île, une formidable montagne, dont les flancs semblent gonflés par le souffle puissant des volcans qui bouillonnent dans ses entrailles. On dirait des fantômes géants dont le corps immense trempe jusqu'à la ceinture dans l'azur des flots, et dont la tète se perd dans les nuages qui lui servent de couronne. Puis, à mesure que le navire approche, les formes se révèlent plus distinctes, moins lourdes, plus belles, mais toujours grandioses et imposantes. L'œil perçant enfin la brume qui les enveloppait comme une gaze légère, se repaît du magique spectacle d'une nature luxuriante. Les versants de ces montagnes dont la cime est comme brûlée, tout chargés d'une splendide végétation ou de bois épais, descendent jusqu'à la mer, mais s'arrêtent à distance, pour ainsi dire, afin de ne point donner à celle-ci de trop grandes familiarités^ et lui offrant le bout des
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pieds seulement à caresser. Si bas qae le regard peut descendre^ il aperçoit encore une muraille de rochers contre laquelle viennent se briser les vagues^ et en s' élevant il voit la crête des montagnes inondée par des flots de In* mières. On pourrait les comparer à de gigantesques phares allumés en plein jour^ et qui auraient pour foyer de lumière le soleil tout entier l J'avoue que, plein de ce souvenir, je fus saisi d'un indicible sentiment de mélancolie quand, par exemple» après une traversée de quinze jours sans apercevoir le moindre coin de terre, je distinguai à peine les horizons plats et bornés et les bords inondés du Mississipi. Si imposant que soit» dans son genre, Taspect de ce grand fleuve, je ne fus pas maître d'une pénible émotion.
Chacune de ces hautes montagnes qui dominent les lies de l'archipel des Antilles renferme dans son sein m cratère, un de ces abîmes mystérieux dont l'œil humain n'a jamais cherché la profondeur et que la pensée ellemême ose à peine sonder. J'avais toujours, ai-je dit, regardé avec envie ces cratères, mais sans possibilité, sans espoir d'opérer une ascension.
La raison en est fort simple : il n'y en a pas un seul qui offre un chemin praticable. Pour y parvenir, i 1 faudrait escalader ces murailles de lianes qui forment des écheveaux si terribles dans les forêts du Nouveau-Monde; ce serait là un travail d'Hercule. En second lieu, on ne sau' rait dire, dans la plupart des îles, si l'on aurait plus de lianes à briser que de serpents à combattre. Lianes et serpents y sont en nombre égal et se confondent.
On raconte qu'à Sainte-Lucie, deux marins anglais, accompagnés d'une femme du pays, avalent eu la fantaisie d'aller planter, au sommet le plus élevé des pitons, le drapeau de la Grande-Bretagne. Les deux marins n'arri-
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vèreiit pas à moitié chemin ; la femme toucha presque au terme de cette ascension^ dont elle avait voulu partager les périls; mais quand tout à coup on l'aperçut sor~ tant du milieu d'une toufiTe d'arbres, tenant d'une main son drapeau, elle s'efforçait d'arracher de son corps les milliers de serpents qui l'avaient enveloppée dans leurs replis horribles et gluants. L'épisode de Laocoon n'était qu'une plaisanterie à côté des tortures de cette malheureuse. Du pont du bâtiment on assistait à l'épouvantable spectacle de cette lutte acharnée. Avant d'avoir pu faire un pas de plus, elle succomba victime des reptiles, et la main qui, après avoir si longtemps défendu le drapeau, l'avait enfin abandonné pour s'accrocher aux racines d'un arbre, s'en détacha subitement, et l'infortunée roula quelque temps sur le versant de la montagne pour disparaître dans quelque abîme, emportant dans sa chute douloureuse les redoutables serpents qui n'avaient point lâché leur proie.
A Sainte-Lucie, à la Martinique, oii les serpents fourmillent, il n'est pas possible d'entreprendre de pareils voyages; j'avoue que l'intrépidité de quelques femmes créoles n'a pas reculé devant le danger, et que plusieurs d'entre elles, à la Martinique, ont, à ma connaissance^ tenté de frayer la route. Ainsi que je l'ai déjà dit, leur courage est extraordinaire, ce qui contraste singulièrement avec la nonchalance habituelle de leur caractère ; mais elles ont dû renoncer bientôt à une pareille entreprise^ vaincues par la fatigue et l'imminence du péril.
Ce fut donc avec une véritable joie que j'accueillis la proposition de lady C*** de monter au cratère de Saint- Vinœnt. Là, il est vrai, la chose est plus aisée; il n'y a pas de serpents dans le pays, et il n'arrive pas dans l'île un seul étranger qu'on ne le conduise à ce spectacle
étrange. Il 7 â^ par conséquent^ une espèce de route. Ces sortes d'entreprises sont toujours du goût des Anglaises, et^ plus que dans aucune partie de T Amérique^ les créoles anglaises ont conservé beaucoup de l'allure et du caractère de leurs sœurs de la mère patrie. Aussi fîmesnous sur notre passage^ grâce surtout à l'intervention de lady C**% une forte recrue de jeunes et intrépides amazones. Nous arrivâmes au nombre de trente-deux personnes à Gbâteaubellaire^ et nous allâmes prendre gite sur les différentes habitations qui avoisinent ce bourg. Le lendemain^ à cinq heures^ nous nous trouvâmes tous réunis au lieu du rendez-vous et nous partîmes à cheval pour notre ascension. J'ai dit plus haut qu'il existait une espèce de route ; l'expression est bien choisie. Après huit heures de marche à travers des bois épais, autour et au-dessus de précipices sans fond, noyés quelquefois dans des océans d'herbes qui nous dépassaient la tète d'un mètre au moins, obligés de nous en rapporter entièrement à la prudence et à l'instinct de nos chevaux, nous arrivâmes au premier cratère.
Les rires^eLles conversations qui avaient égayé notre pénible voyage cessèrent tout à coup quand nous nous trouvâmes rangés autour du bassin géant, dont le gouffre s'ouvrait sous nos pieds. Un même sentiment de respect, d'admiration, de terreur peut-être, avait pénétré à la fois dans tous les cœurs. Nos chevaux eux-mêmes, le col tendu, les narines ouvertes, les oreilles dressées, semblaient frappés comme nous d'un même étonnement. Tous les yeux plongèrent à la fois dans cet abîme de trois cents pieds, dont les bords étaient tapissés d'un fin gazon, parsemé de fleurs aux éclatantes couleurs, et au fond duquel un lac immense de soufre liquide bouillonnait, en certains endroits, comme une eau en ébuUition ; et de ces
énormes boursouflures qui se formaient à la surface, s'élevaient des colonnes d'une épaisse fumée.
Le calme imposant de la nature^ que n'interrompait plus même le chant des oiseaux n'ayant pas là un arbre pour se poser, rendait plus solennel encore le solennel silence qui régnait au milieu de nous. On ne se fût pas douté que^ sur les trente-deux spectateurs assistant à cette scène grandiose , il y eût vingt-deux femmes i Jamais aussi aucun de nous n'avait osé rêver une solitude aussi complète^ une séparation aussi entière d'avec le reste du monde. Tout ce qui révèle la vie ou la végétation, sauf le gazon des bords du cratère, semble expirer à cinq cents pieds au-dessous, et ne pouvoir atteindre au point où nous nous trouvions. Ce silence, qui durait depuis dix minutes environ, fut interrompu par un grand cri que poussa l'un de nous; ce cri s'engouffra dans l'immensité du cratère et se répéta dans un écho formidable qui avait décuplé au moins la force de la voix. Un frissonnement nous saisit tous. On eût dit que le génie infernal qui réside au fond de l'abîme, éclatant dans sa puissante colère, nous lançait quelque menace. Un de mes voisins fit rouler ensuite dans le lac une grosse pierre qui s'y enfonça péniblement. Il en résulta un bruit assez pareil à celui du grondement du tonnerre; les flots de soufre se mirent en ébullition, et la fumée, qui d'habitude monte lentement, jaillit pour ainsi dire et s'élança d'un jet. /
— Ne réveillez donc pas le lion qui dort, murmura une jeune miss, et ne l'excitez pas; vous savez qu'il n'épai^ne pas quand il rugit.
— En attendant que le second cratère soit complètement dégagé des nuages qui le couronnent, et que nous puissions y monter, dit lady C***, permettez-moi de vous
inviter à nn lunch que je yous ai fait préparer. Dam une heure, les vapeurs auront entièrement disparu.
En effet, les brouiljapds qui nous enveloppaient au point où nous étions parvenus s'étaient peu à peu dissipés, et les rayons du soleil, qui arrivaient jusqu'à nous, commençaient à éclairer vaguement un horizon immense, mais terne encore. Il ne nous était pas possible, en ce moment, de jouir du spectacle sublime que notre voyage nous promettait. Nous n'avions d'ailleurs atteint encore qu'au niveau des épaules du géant, il noua fallait grimper jusqu'à sa tète, et nous asseoir sur son crâne, pour dominer l'étendue du ciel et de la mer qui devait se développer à nos yeux.
En attendant donc le bon plaisir des nuages, nous descendîmes le long du corps du géant jusqu'à un bouquet de bois qui nous offrit son ombre, et un beau tapis de verdure sur lequel une dizaine de domestiques, partis le matin, avaient préparé un splendide service. Une heure après, nous étions de nouveau à cheval, et nous recommencions notre ascension. Si, pour arriver au premier cratère, nous avions trouvé une route à peu près praticable, il n'en fut pas de même pour parvenir au point culminant de nos désirs. Le chemin est à pic, et le terrain, crevassé en mille endroits, n'est plus qu'un amas de roches noires et brûlées. Les chevaux, las et inquiets même, refusaient par moments de marcher, ou s'enfonçaient dans les crevasses jusqu'à mi-jambes. Enfin, ce ne fut qu'après deux heures d'efforts que nous atteignîmes le plateau étroit qui forme le tour du gouffre. Ce second bassin est plus resserré que le premier, et pour oser plonger le regard au fond, il faut se mettre à plat ventre et ramper avec précaution jusqu'au bord, en avançant la tète peu à peu.
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Si pénible que soit le trajet, on ne saurait payer par trop de peines et de fatigues la magnificence du spectacle qui se déroule devant les yeux du voyageur^ et emplit rame d'émotions jusqu'alors inconnues. La poitrine haletante, le cœur comprimé, je m'abîmai dans une contemplation religieuse. Rien ne gênait le regard à l'horizon, l'atmosphèref était pure et limpide, et de cet observatoire placé à plus de quatre mille pieds au-dessus du niveau de la mer, je plongeai la vue dans une immensité incommensurable. Tout l'archipel des Antilles se déroulait à mes pieds, et comme autant d'anneaux d'une même chaîne, cette multitude d'iles décrivait un cercle magique.
Ce n'est pas que d'une telle hauteur la vue puisse varier ses panoramas, mais l'unique objet qui la frappe est tellement multiple dans sa simplicité, que l'àme et le regard se trouvent complètement absorbés. Quant au pays qui se développait sous moi, il me parut si petit à côté de l'immensité qui m'entourait, que j'en éprouvai un sentiment de pitié. C'était un tort que je me reproche, car l'île Saint-Vincent est une des plus jolies de l'archipel. La végétation y est luxuriante; la nature, si prodigue en ce climat, l'a traitée en enfant gâté. J'eus besoin de faire un effort vigoureux peur détacher ma pensée de la mer et pour la reporter sur les scènes qui m'environnaient. Peu à peu, en oubliant la comparaison, je trouvai un attrait irrésistible à contempler les formes pittoresques de cette immense chaîne de montagnes qui coupe l'île en deux parties, et dont le dôme du cratère est le point culminant. Mes yeux plongeaient avec délices dans ces océans de végétation, avec terreur dans les abîmes qui s'ouvraient aux flancs des montagnes, au pied desquelles > dans la partie ûord> se développaient les
plaines si belles qu'où appelle le pays des Caraïbes; et^ comme des points noirs à peine perceptibles^ apparaissaient les trois ou quatre petites villes qui sont les centres des populations de l'île.
Vers cinq heures de l'après-midi, nous songeâmes à redescendre; le voyage, pendant quelques instants, fut plus pénible encore que pour monter, car il fallait, littéralement, rouler sur les pierres du chemin qui conduit du second au premier cratère. Nous arrivâmes à Châteaubellaire à neuf heures du soir environ. Cette journée avait été une véritable fête pour les jeunes femmes qui faisaient partie de notre cavalcade. L'une d'elles m^avoua que c'était pour la première fois que, depuis onze ans, elle s'était trouvée réunie â un cercle d'étrangers.
En 4812, la soufrière, en faisant une éruption, jeta la désolation dans l'Ile; toutes les habitations un peu proches du volcan subirent des pertes considérables, et pluMeurs d'entre elles furent complètement enterrées sous les couches de soufre que le gouffre avait vomies.
Une particularité assez bizarre, c'est qu'une rivière qui porte aujourd'hui le nom de rivière Sèche {Dry-Hiver), fut complètement tarie au moment de Téruption. Ce n'est guère, depuis cette époque, que par rares intervalles que l'eau y coule par un petit filet mince et jaune, ce qui contraste singulièrement avec les autres rivières de l'ile, dont Tonde est limpide et transparente. Le lit du Dry- River est large d'environ 400 pieds ; on dirait un vaste désert noir et dévasté comme si le feu y avait passé, etl'on peut en suivre les contours à une distance très-considérable; il finit par se perdre au milieu des bois qui font ceinture aux flancs de la montagne. L'on a vainement essayé de labourer ce terrain, c'est du soufre que la charrue remue; il n'y a pas là un pouce de terre végétale.
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Kingstown^ la capitale de l'île, est bien la plus triste ville de toutes les Antilles. L'aspect de la rade, au moment où Ton y arrive, a quelque chose de pittoresque, et séduit au premier abord; mais à peine a-t-on fait quelques pas sur le rivage que Tillusion disparaît complètement. Pour ne pas y mourir d'ennui, il faut absolument se résoudre à courir la campagne. Les environs de Kingstown sont très-beaux ; je n'ai cessé de porter bien souvent mes pas vers Calliaque, magniâque baie qui se trouve au sud de la ville. A quelque distance de là se trouve une charmante crique qu'on nomme le carénage. C'est un véritable lac entouré d'une double rangée de cocotiers. La mer y est fort calme; c'est un rendez-vous fort recherché des baigneurs.
Ce qui me frappa beaucoup à Saint- Vincent, c'est l'habitude qu'ont prise les négresses, depuis l'abolition de l'esclavage, de se rendre au travail des champs en grande toilette. Rien n'est bizarre à voir comme ces figures noires, ornées de capotes de gaze ou de chapeaux à fleurs avec des robes à volants, en mousseline blanche brodée, et les mains gantées. Ce qui rend ce costume plus pittoresque, c'est que les jambes et les pieds sont nus. A cela près, on dirait voir quelques-unes des bergères de M. de Florian, jouant des idylles en action. C'est une façon de constater qu'elles sont libres et ont le droit, aussi bien que leurs anciennes maîtresses, de s'habiller avec luxe, même pour aller labourer des champs de cannes en plein soleil.
Les propriétaires ont un intérêt très-grand à entretenir chez les femmes ce goût du luxe ou plutôt du clinquant. C'est le stimulant le plus sûr qu'ils aient trouvé pour les maintenir au travail, par cette raison que dépensant un argent considérable en toilettes, pour avoir
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cet argent^ elles sont obligées de se condamner au travail. Jusqu'au moment de Tabolition de l'esclavage^ les femmes allaient aux champs à peu près nues^ ou ne conservaient de vêtements que ce qui était strictement nécessaire pour ne point effaroucher la pudeur. Leur gorge et leurs épaules étaient complètement privées de la moindre chemise, et elles ramassaient leurs jupes en manière de caleçons^ de façon qu'elles avaient la jambe et la cuisse également nues.
Toutes les négresses et un grand nombre de filles de couleur fument dans toutes les colonies anglaises, françaises et espagnoles; cela est général. Elles fument ou la pipe ou des cigares longs d'un pied et très-minces ; c'est ce que l'on nomme dans le pays des bouts. Ce cigare, dans les colonies françaises seulement, est adopté par presque tous les colons de toute nuance. Le tabac en est très-fort, mais pur de mélange. 11 faut une grande habitude pour en adopter définitivement l'usage. Quelqu'un disait avec raison un jour :
— On naît fumeur de cigares, on devient fumeur de boiUs,
A la Havane, à Porto-Rico, et un peu dans la Louisiane, les femmes de toutes conditions fument, niais elles auraient horreur du bout. Dans les colonies françaises et anglaises, les femmes blanches s'abstiennent complètement de l'usage du tabac.
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