‹ Les femmes en OrientChapitre 22 sur 27 · LE SOURIRE · texte numérisé non relu

LE SOURIRE

Savez-voas, savez-vous ce que c'est qu^an sourire?

Cest le masque de la douleur; Cest le brillant décor d'un courageux martyre.

C'est régide d'un triste cœur.

C'est la fausse-monnaie et l'orgueilleux mensonge

De ceux qui souffrent ici-bas.

Qui se laissent tuer par le souci qui ronge.

Et ne se rendent pas.

Croyez-y au sourire! et que fait une femme Quand on l'offense ou la trahit?

1 La comtesse vivait encore.

2 Le Sourire est adressé à une personne qui reprochait à la comtesse Bostopschine d'être trop gaie.

LES FINNO-SÂMOIËDES. 439

QuaDd Tenfer tout entier gronde et brûle en son àme?

Que son cœur saigne? Elle sourit.

Elle sourit aussi quand tremblante et pâle

De la fièvre et de son courroux, Elle serre dans ses bras sa perfide rivale,

Lui cachant ses transports jaloux. ,

Elle sourit encore quand pensive et calmée

Au sortir d'un combat secret , Elle s*avoue qu'elle n*est pas aimée

Et fait taire un trop vain regret.

Elle sourit enfin lorsque le Ciel Tinspire

Et lui apprend à oublier ....

Oh ! vous ne savez pas ce que c'est qu'un sourire,

Vous, qui pouvez le calomnier!!!

m"* Bremer et la comtesse Rostopschine m'ont transportée bien loin des temps oii les filles de la Finlande offraient leurs vœux aux divinités du Kaleu>ala. Dans une cité aussi civilisée que Helsingfors, dans ces réunions où l'on entend retentir à chaque instant- mêlés aux noms de Runeberg , de Tegner , de Pouchkine les noms de Lamartine, de Victor Hugo, de Manzoni et de Longfellow, il n'est pas surprenant qu'on oublie sans peine lés traditions des temps barbares. La simplicité traditionnelle des habitudes finlandaises s'efface avec les vieux souvenirs. Le luxe de Pétersbourg sert de modèle aux fonctionnaires et à la noblesse. Dans la capitale de « la douce Suomi » les salons sont aussi élégants que dans les grandes villes de l'Occident, et cette société

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aristocratique ^ spirituelle et réellement éclairée, ne rappelle nullement les mœurs rudes décrites avec un certain charme dans les curieuses légendes du Kalewala. Je dois même ajouter que l'Université de Helsingfors est devenue le centre d'une vie intellectuelle très-active. Le grand-duc héritier 2, nommé en 1826 par l'empereur Nicolas chancelier de cette Université, a beaucoup contribué à la renaissance de la vieille littérature nationale. C'est à lui qu'on doit la création d'une chaire de langue et de littérature finnoises; c'est lui qui a protégé l'Académie de littérature indigène et qui a fourni aux frais des expéditions scientifiques, entreprises par des savants finnois, les Cygnseus, les Wallin et les Castrèn. Ce dernier a surtout rendu d'immenses services à la science, en approfondissant les idiomes finno-mongols. La Finlande n'a pas été ingrate. Aussi a-t-elle célébré avec enthousiasme, le 18 janvier 1851, la vingt-cinquième année de la nomination du grandduc Alexandre au poste de chancelier de l'Université de Helsingfors.

1 La société se divise en denz fractions, société bourgeoise et société aristocratique. Comme dans tous les pays dont Torganisation rappelle le moyen-âge , ces deux sociétés ne se mêlent point.

2 Aujourd'hui Alexandre IL

LETTRE m.

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