II
femmes d’exercer la chirurgie à Paris sans avoir été examinées par un jury compétent. D’ailleurs, les statuts de l’Université de Paris nous fournissent une preuve de cet exercice de la chirurgie par les femmes. Un de leurs articles, daté de la fin du xm e siècle, dit : « Tout chirurgien ou chirurgienne, Cyrurgiens ou Cyrurgica, apothicaire ou apothicaresse, herbier ou herbière ne passer ront pas les bornes de leur métier >> (1).
Après les femmes-médecins et les chirurgiennes, mentionnons aussi les « ventouseuses >>. Comme nous l’avons vu, au talent d’étancher une plaie, de l’entourer de bandelettes, de réduire une fracture, les femmes du Moyen-Age, en France, joignaient celui de saigner, de composer des élixirs et des potions, d’oindre les parties ^malades du suc de bonnes herbes et de les désenfiévrer. C’est à ce groupe secondaire qu’appartenaient les Bloctlatersen d.e Bruxelles de 1360, qui faisaient les saignées (2).
En résumé, ce sont les soins aux blessés qui constituaient, en France comme en Allemagne, l’essentiel de l’activité médicale féminine à l’époque de la chevalerie. Puis, vers le déclin de la féodalité, cette activité se généralise ; aux guérisseuses succèdent les femmes-médecins que nous voyons pratiquer en grand nombre dès le xiv e siècle. Mais au lieu de faciliter cette évolution en leur ouvrant leurs portes comme en Italie, les Facultés de médecine, celle de Paris en tête, déclarent la guerre aux femmes-médecins. Cette hostilité va entraver l’essor de la médecine féminine au début des temps modernes, et il faudra des siècles pour qu’elle désarme, comme nous le verrons dans les chapitres suivants.
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