‹ Les femmes et le progrès des sciences médicalesChapitre 28 sur 37 · BELGIQUE —HOLLANDE ETATS SCANDINAVES — FINLANDE — ESTONIE · texte numérisé non relu

BELGIQUE —HOLLANDE ETATS SCANDINAVES — FINLANDE — ESTONIE

Admission des femmes à l’étude de la médecine en Belgique, en Hollande et dans les pays Scandinaves, etc. — Les femmes-médecins de ces pays et la grande guerre. —- Essais de statistiques.

La question de l’admission des femmes aux études fut posée officiellement en Belgique en 1875. S’adressant aux Universités de Liège et de Gand, le Ministre de l’Intérieur, Delcour, demandait s’il serait avantageux d’autoriser les femmes à pratiquer la médecine, et surtout à soigner les maladies des femmes et des enfants.

Par 14 voix contre 10 et 3 abstentions le Conseil académique de Liège répondit affirmativement. Il émit le vœu que l’enseignement secondaire fût organisé en conséquence. Le Conseil académique de Ga'n'd se montra plus réservé : mieux valait, disait-il, « attendre le résultat de l’expérience qui se fait en d’autres pays ».

Le 20 mai 1876, un article de la loi sur les examens stipulait que : « le gouvernement était autorisé à fixer les conditions selon lesquelles les femmes pouvaient être admises à l’exercice de certaines branches de l’art de guérir ». Le gouvernement n’en fit rien. Il fallut cependant prendre une décision car une institutrice demanda à suivre les cours de sciences naturelles à l’Uni-, versité de Bruxelles. L’autorisation, d’abord refusée, fut accordée 2 ans après (1880). Bientôt Bruxelles compta 7 étudiantes dont une en médecine, la première en Belgique (1882). A Liège, une jeune fille se présenta pour étudier la pharmacie. Elle voulait succéder à son père et assurer ainsi le gagne-pain de sa famille, à la place de son frère emporté pendant les inondations de la Meuse. Elle fut accueillie avec beaucoup d’égards par les professeurs et les étudiants. L’Université de Gand ouvrit à son tour ses portes aux femmes. On constata que l’admission des étudiantes influençait favorablement le développement de la jeunesse des écoles supérieures. Aussi la Chambre des représentants a-t-elle consacré en février 1890 « le droit pour les femmes d’exercer la médecine et la pharmacie d’une façon générale et sans distinguer entre les diverses branches de l’art de guérir (1) ».

(1) Semaine médicale, 1890, p. 48.

En 1893, le doctorat en médecine fut conféré à trois jeunes filles belges. Deux autres obtinrent ce grade peu après ; il y eut ainsi cinq doctoresses qui pratiquaient à Bruxelles (1895). Cette annéelà, pour la première fois, une femme-docteur fut reçue dans le corps médical des hôpitaux bruxellois. C’était Mlle M~ Derscheid (Mme Delcourt), nommée médecin-adjoint des Enfants assistés dans le service du docteur Max (1).

Année par année, de nouvelles doctoresses vinrent rejoindre leurs aînées dans la carrière médicale. Elles purent pratiquer librement sans jamais rencontrer d’obstacles. Les sociétés savantes leur ouvrirent largement leurs portes. En 1905, le docteur M. Lipinska, lauréate de l’Académie de médecine de Paris, fut invitée par la Société,de Neurologie de Belgique, à faire une démonstration clinique sur une malade atteinte du « sommeil spontané », qu’elle soignait par la psychotérapie dans le service du docteur Glorieux.

L’Académie Royale de médecine de Belgique décerna le prix (1905), pour les recherches électro-physiologiques, à Mlle Joséphine Joteyko, présidente de la Section de Neurologie.

Tout d’abord elle travailla à l’Institut Solvay pendant plusieurs années ainsi qu’au laboratoire Kasimir de psychologië dont elle devint chef de travaux depuis 1903 (voir chap. XVII : Pologne). En outre, elle fut professeur au « Séminaire pour instituteurs » à Charleroi, et au « Séminaire pour institutrices » à Mons. En 1912, elle fonda à Bruxelles une « Faculté internationale de Pédologie » avec un organe périodique le « Pœdologiüm ».

Quand l’invasion allemande s’abattit sur le Belgique, les femmes-médecins se consacrèrent aux soins des blessés ou remplacèrent des docteurs mobilisés.

Sitôt la Belgique restaurée, les études médicales féminines prirent un nouvel essor. Comme dans les autres pays, les doctoresses sont inspectrices d’écoles, d’assurances, de prisons, quand il s’agit d’examiner des femmes (2).

(1) Progrès médical, 1895, p. 288.

(2) Le nombre des étudiantes à Bruxelles continuait à croître : en 1901, 11 étudiantes ont obtenu le doctorat. Les années suivantes (d’après la statistique du Ministère de l’Instruction publique) le nombre des étudiantes subit des oscillations.

Quant à la Faculté de Liège\ on y observe aussi un fléchissement après 1895, jusqu’en 1900 où nous ne trouvons que 3 étudiantes ; les deux années suivantes, même nombre d’élèves et après légère augmentation jusqu’en 1914 où nous en trouvons 18.

Nous passons la période de guerre, où il n’y eut aucune étudiante jusqu’en 1919. L’année après l’armistice, 5 étudiantes se sont inscrites ; en 1920, 3 étudiantes ; en 1921, 9 ; en 1922, 24 : en 1923, il y eut une légère augmentation ; en 1924, 28 étudiantes dont 10 belges. (Communiqué du Ministère de l’Instruction publique de Belgique.)

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