‹ Les femmes et le progrès des sciences médicalesChapitre 29 sur 37 · PAYS-BAS — DANEMARK · texte numérisé non relu

PAYS-BAS — DANEMARK

En Hollande , les femmes furent admises dans les Facultés de médecine dès le mois d’août 1870. La première femme-médecin, hollandaise fut Mme Aletta Henriette Jacobs. Il lui fallut s’assurer l’autorisation du premier Ministre Thorbecke, qu’elle obtint à titre d’essai. Elle commença ses études à l’Université de Groningue en 1871. Cinq ans après, elle subit avec succès ses examens, puis se rendit à Amsterdam pour l’enseignement clinique (1876). Dans cette ville, elle obtint le diplôme lui donnant le droit d’exercer. De retour à Groningue, elle présenta une thèse sur la localisation des symptômes physiologiques et pathologiques dans le cerveau. Après avoir visité à Londres les hôpitaux, elle s’établit à Amsterdam (1879) comme spécialiste des maladies des femmes et des enfants. Elle fut reçue membre à l’Association corporative de médecins.

Encouragée par cet exemple, Mlle G. A. Fussenbrœk fit ses études de médecine à Utrecht et obtint le diplôme en 1887.

Les Hollandaises ayant pleine liberté d’étudier à toutes les Universités, le nombre des doctoresses ne tarda pas à s'accroître; passant de 2 en 1890, à 10 en 1900 et 12 en 1902. Quelques-unes s’étaient spécialisées dans l’obstétrique, la gynécologie, l’oculistique, les maladies des enfants. Elles eurent vite conquis l’estime et la confiance générales ; les Sociétés médicales les accueillirent et la Société Gynécologique choisit une femme comme secrétaire (en 1913).

A cette époque la Municipalité d’Amsterdam créa des postes de médecins pour le service de son personnel. Parmi les trois médecins nommés à cette emploi se trouvait une doctoresse. Elle jouissait des mêmes prérogatives que ses collègues. Ces circonstances favorables engagèrent de plus en plus les jeunes filles à embrasser la profession médicale.

En 1925, il y a 2 étudiantes, 5 diplômées ; en 1926, 5 étudiantes, 5 diplômées ; en 1927, 3 étudiantes, 3 diplômées ; en 1928.6 étudiantes,6 diplômées ; en 1929, 3 étudiantes, 4 diplômées.

A Gand, en 1900, il y a 3 étudiantes ; légère augmentation dans les années suivantes.

A Bruxelles, nous avons : en 1925, 11 candidates, 14 diplômées; en 1926, 14 candidates, 11 diplômées ; en 1927, 10 candidates, 15 diplômées ; en 1928, 9 candidates, 16 diplômées ; en 1929, 13 candidates, 16 diplômées.

A Louvain, nous trouvons : en 1925, 7 candidates, 6 diplômées ; en 1926, 4 candidates, 4 diplômées ; en 1927, 1 candidate, 7 diplômées ; en 1928, 1 candidate, 4 diplômées ; en 1929, 9 candidates, 3 diplômées

A Gand, nous avons : en 1925, 3 candidates, 3 diplômées ; en 1926, 5 candidates, 3 diplômées ; en 1927, 1 candidate, 5 diplômées : en 1928, 1 candidate, 4 diplômées; en 1929, 1 candidate, 3 diplômées'

. Les chiffres suivants sont éloquents :

En 1901, 39 étudiantes ; en 1906, 97 ; en 1911,127; en 1916, 227. Sur ce nombre d’étudiantes,en 1917,il y avait 180,doctoresses en Hollande. Plusieurs occupaient des emplois publics au service des Municipalités. D’autres allèrent exercer dans les colonies hollandaises.

Nombre d’infirmières ont été en Serbie travailler dans les ambulances, pendant la grande guerre.

La Hollande étant restée neutre, ses Universités bénéficièrent de la venue d’étudiantes étrangères. En 1921, nous y trouvons 236 élèves et en 1926, 286 (1).

Au Danemark , une femme demanda en 1875 l’autorisation de passer son baccalauréat et d’étudier la médecine. Dix-huit mois après, la réponse arrivait ; le principe de l’admission des femmes à l’Université était accepté avec toutes ses conséquences. Deux jeunes filles, Mlles Nielsine Nielsen et Marie Gleerup, se firent inscrire à la Faculté de médecine de Copenhague. L’attitude courtoise des étudiants et la sympathie de l’opinion publique permirent à d’autres femmes de se joindre à elles. En 1890, le Danemark comptait & doctoresses, 24, en 1901 (2). Toutes étaient Danoises.

La statistique montre l’accroissement régulier des étudiantes à la Faculté de médecine de Copenhague (3).

Le chiffre d’étudiantes inscrites ne correspond pas aux diplômes. A peine 1/20 terminent-elles leurs études (4).

Beaucoup changent de profession. D’autres se marient et laissent leurs études pour leurs devoirs de mères de famille. Ce fait n’est pas isolé. Nous le retrouvons dans les divers autres pays.

(1) Dans la période comprise entre 1900 et 1925, le nombre des étudiantes se répartit de la façon suivante entre les diverses Universités :

En 1900 : 13 à Leyde, 7 à Utrecht, 5 à Groningue, 16 à Amsterdam.

Leur nombre augmente régulièrement, et en 1905, nous en trouvons : 19 à Levde, 31 à Utrecht, 5 à Groningue et 57 à Amsterdam.

En 1910 : 30 à Leyde, 58 à Utrecht, 14 à Groningue, 58 à Amsterdam.

En pleine guerre (1916), nous en trouvons: 35 à Leyde, 117 à Utrecht, 13 à Groningue, et 63 à Amsterdam.

Cette augmentation continue avec quelque irrégularité dans les années suivantes et en 1926 nous trouvons : 62 étudiantes à Leyde, 125 à Utrecht, 33 à Groningue et 68 à Amsterdam.

(2) Helcne Lange : op. cit., p. 295.

(3) En 1914, il y avait 70 étudiantes à l’Université ; les années suivantes l’augmentation est régulière, et en 1920, nous trouvons 122 étudiantes, puis en 1924, 139 ; en 1925, 138 ; en 1926, 139 ; en 1927, 147 ; en 1928, 163.

(1° Rapport universitaire : 2° communiqué du Ministère de l’Instruction publique du Danemark par Èstrid Hein au docteur Tùmanek, de la Société des Nations.)

(4) En 1910, la Faculté de médecine délivra 6 diplômes à des femmes ; en 1911, 1 ; en 1912, 4 ; en 1913, 3 ; en 1914, 5 ; en 1915, 6 ; en 1916, 2 ; en 1917, 2 ; en 1918, 4 ; en 1919, 9 : en 1920, 12 ; en 1921, 4 ; en 1922, 6 ; en 1923, 14 ; en 1924, 9 ; en 1925, 11 ; en 1926, 12 ; en 1927, 6 ; en 1928, 12 ; et en 1929, on a délivré 9 diplômes à des femmes.

lipinska

Cependant, aucun obstacle n’est pjamais venu entraver l’activité des femmes-médecins. Peu à peu, des postes importants leur furent confiés. Cinq enseignèrent à l’Université (comme « privât docent »). Actuellement, une dizaine de femmes-médecins sont attachées aux services gouvernementaux et communaux (médecin des chemins de fer, médecin des écoles communales). Une doctoresse est médecin cantonal, une autre dirige un asile d’aliénés des deux sexes.

Page 1