‹ Les femmes et le progrès des sciences médicalesChapitre 30 sur 37 · SUÈDE — NORVÈGE — FINLANDE · texte numérisé non relu

SUÈDE — NORVÈGE — FINLANDE

La femme des pays du Nord est très indépendante, très libre dans ses allures. Encore étudiante, je suis allée à Stockholm, pour m’initier à la méthode de Thur-Brandt. A peine arrivée dans la ville, j’ai reçu une invitation de l’Association des Médecins. Le docteur Josefson m’attendait ; la séance fut ouverte par le Président; en me souhaitant la bienvenue, tous les médecins se sont levés en me saluant ; tout émue de cette bienveillance, je me sentais a l’aise.

Je n’ai jamais rencontré de difficulté pour visiter les hôpitaux de Stockholm, et même. M. le professeur Salin du service de gynécologie m’a envoyé plusieurs fois chercher en traîneau. M. le docteur Otto Wetterstrand me faisait examiner même ses malades privés. Mes recherches scientifiques en Suède ont été facilitées par la Faculté et par les docteurs des cliniques privées.

En Suède, l’admission des femmes à la carrière médicale est due à l’initiative d’un député, M. Svenssen. Les ordonnances royales de 1870 et 1873 leur accordèrent, outre le droit de passer le baccalauréat, celui de s’inscrire aux Facultés de médecine d’Upsal et de Lund. L’Institut Karolinéum de Stockholm organisa des cours spéciaux d’anatomie pour les étudiantes qui avaient fait les premières années de médecine à l’Université de Lund, d’Upsal, etc.

La première femme-médecin, Mlle Caroline Widerstrom, fut engagée par la Compagnie d’Assurances sur la vie pour l’examen médical des femmes (1888). En 1892, la Faculté de Lund décernait le diplôme de docteur en médecine à Mlle H. Anderson. Après elles, vinrent en 1896, Mlle Folkson (Université de Stockholm) ; en 1897, Stecksen, E. Sandelin et T. GranstrOm ; en 1899, quatre autres. L’Association des femmes, « Bureau Frederica Bremer », donnait des bourses aux étudiantes qui avaient terminé leurs études médicales pour des voyages scientifiques. Une des premières qui ait reçu ce prix fut Mlle Folkson que j’ai rencontrée en Suède. Quelques femmes-docteurs se distinguèrent,

par leur esprit scientifique ; ainsi, en 1897, la doctoresse Stecksen fut nommée assistante au Collège Royal médico-chirurgical de Stockholm (section d’anatomie pathologique). Puis elle se rendit à Munich, Tubingen et Paris où elle étudia l’hygiène, la bactériologie et la pathologie.

Le nombre des doctoresses s’accrut régulièrement. La confiance du public leur assurait une nombreuse clientèle. 14 exerçaient la médecine en 1900, dont 5 à Stockholm, 2 à Gofhemburg, et dans d’autres villes. Elles prenaient part aux discussions des sociétés médicales où elles étaient admises ainsi qu’aux Congrès. L’Association Suédoise des médecins et chirurgiens comptait, en 1900, six femmes. Quant au nombre des étudiantes en médecine dans les Universités de Suède, il y avait, en 1896, 27 femmes. Ce nombre augmente lés années suivantes et nous avons, en 1906, 57 étudiantes ; cet accroissement continue et, en 1915, nous avons 116 étudiantes. Ce chiffre s’élève et, en 1920, 134 étudiantes sont inscrites aux Facultés suédoises. En 1925, il y a 140 étudiantes, en 1926, 143 et en 1927 138 (1).

Parmis ces étudiantes, de 1900 à 1918, le nombre des doctoresses est passé de 14 à 53, pour atteindre 86 en 1924.

Pendant la guerre, elles se tinrent prêtes à répondre à l’appel de leur pays. Heureusement, la Suède put rester à l’écart du terrible conflit.

De nombreuses fondations sont destinées à faciliter aux femmes l’étude de la médecine.

En Norvège , les deux premiers diplômes de docteur en médecine décernés à des femmes le furent en 1900. Cinq étudiantes obtinrent ce titre en 1903. Dès lors, jusqu’à la guerre, leur nombre se maintint sensiblement au même niveau. De 1916 à 1923, il s’accrut lentement. On comptait alors 36 femmes-médecins en Norvège, dont 14 occupaient des postes publics dans les hôpitaux.

L’Association norvégienne des femmes-médecins se fonda en 1921. Actuellement, il y a 50 étudiantes en médecine, c’est-à-dire 10 pour 100 des étudiants.

(1) Le nombre est réparti entre Lund, Upsala, Gôtteborg et Stockholm. Nous relevons les chiffres de la capitale à l’Institut « Karolineum ». De 1896 à 1900, 17 étudiantes en médecine. De 1901 à 1905, il n’y en a que 14. De 1906 à 1910, le nombre se porte à 30. De 1911 à 1913, à 59. En 1914, le nombre des étudiantes se monte à 64 et les années suivantes augmente légèrement. Après la guerre,'ies conditions économiques obligeant les jeunes filles à gagner leur vie, plus que jamais, nous voyons le nombre des étudiantes diminuer, et en 1921, Stockholm ne compte que 59 étudiantes. Peu à peu les pays s’organisent et le nombre des étudiantes augmente à nouveau. En 1922,76 ; en 1923, ce nombre reste stationnaire. En 1924, 77. Les années suivantes, une légère diminution. En 1927, Stockholm ne compte plus que 60 étudiantes. Cette diminution s’explique facilement, les étrangères après la guerre peuvent étudier dans leur pays.

En Finlande , dès 1870, le sénat de l’Université était disposé à admettre sans restrictions les femmes. L’empereur Alexandre II limita cette autorisation aux cours de médecine. La première étudiante inscrite à la Faculté de Médecine d’Helsingfors fut Mme Schabanofï. Après deux années d’études sérieuses, elle se rendit en 1872 à Pétrograd (l’année de l’ouverture de secours d’obstétrique pour les femmes). En 1879, pour la première fois, des étudiantes obtinrent le diplôme de docteur. Dès 1882, une doctoresse, Mlle Rossing Pleike, fut nommée médecin municipal d’Helsingfors ; la pétition qui la proposait pour ce poste recueillit 700 signatures. Il n’y avait pourtant que 3 femmes-médecins enregistrées en Finlande, en 1900. Leur nombre s’accrut plus rapidement au xx e siècle, surtout quand le pays eut recouvré sa complète indépendance. En 1925, la statistique accusait 59 femmes-médecins dont 39 avaient une pratique indépendante, après avoir travaillé quelque temps comme médecins-assistants dans les hôpitaux.

Il y a actuellement 6 doctoresses au service de l’Etat dont deux sont professeurs à l’Université. 10 exercent pour le compte des municipalités. 4 sont attachées à des sociétés privées, spécialement dans les hôpitaux de tuberculeux. Les études médicales durent 9 ans à la Faculté de médecine pour obtenir le diplôme M. D.

La jeune république d’Esthonie (1919) favorise les études médicales féminines (1).

Jusqu’à présent, 76 étudiantes ont terminé leurs études et obtenu le diplôme de médecin,

Actuellement, avec les anciennes diplômées, 95 femmes-médecins exercent en Esthonie.

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