CHAPITRE III
Le mal de mer. — Les senhores brancos et la négresse. — Stances du Camôes. — Amour d'une esclave. — Histoire d'une duchesse bronzée. — La femme de couleur. — Son rôle sous les tropiques.
Connaissez -vous cette horrible maladie qui vous étreint l'estomac, vous décroche le cœur, vous fouaille les entrailles sans relâche, vous ôte l'appétit, la mémoire, le désir de vivre, et vous cloue, dégoûté de tout, entre les planches d'une cabine? Cet affreux supplice, auquel certaines organisations ne peuvent se soustraire et pour lequel il n'est point de remèdes, s'appelle le mal de mer. Il est des individus qui restent à l'abri de ses atteintes ; Fruchot appartenait à ces favoris du hasard. Quant à moi, je n'ai jamais pu mettre le pied sur un bâtiment, sans être terrassé aussitôt par d'intolérables souffrances. Le tangage, le roulis, le calme, la tempête, tout m'est indifférent, ou plutôt, rien ne parvient à faire diversion aux tortures qui me sont infligées.
On prétend que le corps s'habitue à ce balancement du navire, et que quelques jours de mer suffisent pour que les facultés, passagèrement troublées, retrouvent leur équilibre. J'ai entendu soutenir maintes fois que
chacun doit payer son tribut, mais qu'après une traversée, répreuve est finie et qu'on peut impunément affronter les flots de l'Océan.
Cette assertion est aussi fondée que celle qui affirme qu'après avoir été affligé de la petite vérole, on est pour toujours à l'abri de ses atteintes.
Je me suis embarqué dix fois; eh bien! le dixième voyage a ressemblé au premier. Depuis le moment où j'ai mis le pied à bord, jusqu'à celui où j'ai touché la terre, je suis demeuré soumis à ce mal indéfini, mais atroce. Il y a des alternatives de mieux et de pire, sans doute; l'estomac reste toujours embarrassé, et la fièvre ne me quitte jamais.
Fruchot me fut d'un utile secours. Nos cabines se touchaient et à chaque plainte qui partait de la mienne, mon ancien camarade accourait à mes côtés. Le premier jour je ressentis d'horribles tranchées; j'étais étendu dans mon cadre, faisant de vains efforts pour trouver une bonne position, lorsque des éclats de voix parvinrent jusqu'à moi ;
— Une négresse ! une esclave ! allons donc ! c'est de la dernière indécence! on n'a jamais rien vu de pareil, disaient les uns, avec un accent irrité.
— La senhora n'est pas une esclave; elle est libre comme nous, et, puisqu'elle paye son passage, elle se trouve ici aux mêmes conditions que vous et moi ; elle a droit aux mêmes privilèges que les autres passagers, répliquait une voix que je reconnus pour être celle de Fruchot.
Le vacarme allait croissant. Toujours les mots de
négresse, d'esclave, de prétentions honteuses, se croisaient avec des apostrophes méprisantes, fières, hautaines, lancées par mon ami,
— La senhora restera ici, reprit-il, et si son voisinage vous déplaît, allez manger plus loin.
Le mot cachorra (chienne) retentit alors.
Un timbre grave et doux, le timbre d'une femme, et une accentuation molle, - pâteuse, comme celle d'un Incroyable du Directoire, qui trahissait une Africaine et non pas une négresse créole, frappèrent mes oreilles pleines de bourdonnements étranges.
Voici les paroles que le mal de mer ne m'empêcha pas d'entendre :
— Ah ! ah ! le senhor Pé de chumbo 1 n'a pas craint de m'appeler cachorra. Je vais lui apprendre le respect qu'on doit aux personnes de mon sexe.
Le pont du navire fut un instant ébranlé par des piétinements pressés qui indiquaient une lutte.
Puis, des ricanements joyeux s'élevèrent, dominés parles sons aigus d'une clarinette; le virtuose jouait, sur un mouvement de marche, l'air du Royal-Tambour .
Cette gaieté, en augmentant ma souffrance, achevait de rendre mon état intolérable. Je cognai avec force contre la cloison pour protester contre le bruit.
1. Pe de chumbo, pied de plomb. Les Brésiliens appellent ainsi les Portugais qui, à leur tour, leur donnent le nom de Pé de cabra, pied de chèvre. Cabra sert aussi à désigner le produit d'un mulâtre et d'une négresse. Ce mot contient dès lors une allusion perfide à la couleur terreuse des Brésiliens. Dit dans ce sens, il équivaut à l'appellation de mulâtre.
Fruchot s'empressa de se rendre à mon appel.
— Quel malheur que tu sois couché sur le flanc, dit-il, en montrant son visage épanoui; cette scène t'aurait guéri; bien sûr, elle t'aurait guéri.
— Le repos seul peut me guérir; fais taire tous ces braillards, je t'en supplie, et cette clarinette, surtout!
— Ah! ah! ah! c'est d'un comique parfait! Veux-tu que je les fasse défiler devant toi? Veux-tu que je te porte sur le pont pour les voir?
— Je veux du repos et surtout du silence, dis-je, exaspéré.
— Si tu savais.
— Je ne veux rien savoir; qu'on me donne la paix. Fruchot, mon bon Fruchot, obtiens qu'on se taise; ce vacarme achèvera de me tuer.
— Calme-toi, calme-toi, mon ami ; on va se taire, on se taira. Ah! l'excellente farce! si tu avais pu voir, si...
— La paix! oh! cette clarinette maudite 1
Un moment après, tout bruit avait cessé : les couics de la clarinette et les éclats de rire.
J'ai su plus tard ce qui venait de se passer.
Parmi les passagers se trouvaient un cabelleireiro ou coiffeur, et un Portugais négociant en carne secca. Loin de ma pensée, à moi, modeste fabricant d'allumettes, de jeter le mépris sur l'industriel et le trafiquant. Je dirai seulement que le savoir-vivre et l'éducation de ces messieurs laissaient beaucoup à désirer.
Ces deux individus, Fruchot, une négresse libre et moi, formions le personnel payant du bord.
A peine étions-nous sortis de la rade qu'on sonna le dîner. Excepté moi, chacun se rendit à cet appel. A peine la négresse se fut-elle assise à table, que le marchand de carne secca et le cabelleireiro échangèrent un regard de stupéfaction. Une négresse prendre place à côté des blancs! C'était là un fait sans exemple dans les traditions coloniales. Ils protestèrent contre cette monstruosité, et le marchand apostropha vivement le capitaine à ce sujet.
Fruchot, intéressé au débat, prit parti pour la passagère bronzée.
Le marchand, indigné de l'affront fait aux senhores brancos, ne garda aucune mesure, et appliqua à la négresse l'épithète flétrissante de cachorra.
C'était là casser les vitres.
Fruchot se leva, dans l'intention de punir l'insulteur. La négresse, qui, jusqu'alors, n'avait pas desserré les dents, fit un signe à mon ami; puis elle se dirigea vers le marchand, en proférant les paroles que j'ai rapportées.
Le capitaine ne pouvait cacher son embarras. La négresse marcha donc gravement vers le négociant en carne secca, qui l'attendit de pied ferme.
C'était un homme de petite taille, maigre, flétri, mais, comme tous les colons, infatué de la supériorité que lui donnait, sur les gens de couleur, la blancheur contestable de sa peau.
La négresse s'avança vers lui avec des intentions non équivoques. Le Portugais jeta sur elle un regard dédaigneux qui ne produisit aucun effet.
— Allez apprendre à vivre avec les marsouins, pro féra la négresse.
Et saisissant le marchand, elle le souleva malgré se cris, et le balança, en l'approchant des bastingages.
C'est alors que le tumulte était devenu étourdis sant.
Pâle de peur, le Portugais avait senti son audac faiblir devant le danger qui le menaçait. Sa résistan désespérée n'avait pu prévaloir contre la vigueur d la négresse. Celle-ci, grande, fortement constituée semblait tenir un enfant dans ses bras. Le marchan penché sur la rampe du bâtiment, demanda grâce s'humilia.
La négresse l'approcha de sa figure, comme ell l'eût fait d'un bonhomme de Nuremberg, et parcourut toute sa chétive personne d'un regard calme qui lui donna le frisson. Puis, elle le déposa sur le pont.
— Votre bras ! dit-elle lentement.
Il n'y avait pas à hésiter.
Le marchand réparait le désordre de sa toilette, tout en essuyant les' grosses gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Il s'efforça de sourire, et, arrondissant son bras, il l'offrit à sa redoutable ennemie.
La négresse daigna le prendre. Elle se dirigea vers la table avec Sa Seigneurie le marchand de carne secca.
Pendant la conclusion de la paix, le cabelleireiro, musicien comme tous ses confrères, avait couru chercher sa clarinette pour célébrer le vainqueur. La force musculaire de la négresse venait d'imposer silence chez lui à la voix grognonne du préjugé. Devenu aussi
souple qu'il était arrogant naguère, il emboucha son instrument ; suivant alors le couple réconcilié, il entonna la contredanse du Roy al- Tambour,
Rien ne manquait au triomphe de la négresse. Le Portugais se mit à table, et, à partir de ce moment, il n'eut plus que des attentions, à défaut d'un respect véritable, pour la valeureuse senhora negra.
Fruchot me donna tous ces détails, le premier jour où mon état de santé me permit d'aller respirer l'air sur le pont.
Sur un signe de lui, Manoëla s'approcha.
— Je te présente, dit-il, ma duchesse bronzée, la senhora Manoëla Do-Bom-Jesus.
Il me suffit de contempler un instant la négresse pour me rappeler, ainsi que l'avait prédit le courtier, les endechas du Camôes.
— C'est la belle Barbara, l'esclave chérie du poëte, lui dis-je.
Et malgré moi, en présence de la tête superbe de Manoëla, je me mis à réciter les premières stances de cette touchante élégie :
« Cette captive qui me tient dans les fers, puisque je vis en elle, ne veut plus que je vive. Je n'ai jamais aperçu, dans un bouquet, de rose qui me charmât davantage ; je n'ai jamais aperçu de fleurs dans la campagne, ni d'étoiles dans les cieux, qui puissent rivaliser d'éclat avec l'objet de mes amours. Elle possède, avec un visage charmant, des yeux doux, noirs, languissants, et cependant assassins.
» Je trouve en elle la fin de tous mes maux, acheva
le courtier. Elle est la captive qui me lient captif, et puisque je vis en elle, il faut bien que je vive1. »
1. Cette pièce qui se trouve daus le volume des Redondilhas, m'a paru être, taut par le sentiment exquis qu'elle exhale, que par l'harmonie de la forme, la fleur la plus belle et la plus parfumée de ce recueil.
C'est pourquoi je cède volontiers au désir de placer sous les yeux des lecteurs le texte portugais, si facile à comprendre, du reste. Ceux d'entre eux qui ne possèdent des œuvres du CamSes, que les Luziadas, apprécieront mieux ainsi l'opinion que j'émets timidement dans la note delà page 60.
ENDECHAS A BARBARA ESCRAVA.
Aquella captiva Que me têe captivo, Porque nella vivo.
Ja nâo quer que viva.
Eu nunca vi rosa Era suaves môlhos, Que para meus olhos Fosse mais formosa.
Nem no campo flores, Nem no ceo estrellas, Me parecem bellas Como os meus amores.
Rosto singular Olhos socegados Pretos e cansados Mas nâo de matar.
Huma graça viva, Que nelles lhe mora , Para ser senhora De quem he captiva.
Pretos os cabellos, Onde o povo vâo Perde opiniâo Que os louros sâo bellos.
Pretidâo de amor, Tâo doce a figura Que a neve lhe jura Que trocara a cor.
Leda mansidâo Que o siso accompanha,
— Mon excuse est dans ces vers, reprit-il, si toutefois mon attachement a besoin d'excuse. Aussi je ne saurais comprendre qu'un écrivain, après avoir lu le portrait de Barbara tracé par l'amoureux poëte, — je parle du senhor Manoël de Faria e Souza, — ait prétendu que le Camôes a fini par rougir de son indigne passion pour une esclave, même noire, qui était ainsi douée.
Manoëla était dans tout l'épanouissement de la jeunesse. Je lui donnai vingt-cinq ans. C'était une créature haute de taille, majestueuse, dont les formes splendides et correctes paraissaient avoir été coulées dans le bronze. Elle aurait pu faire le pendant harmonieux du magnifique noir que Girodet a placé dans son tableau de la Révolte du Caire. Sa figure était sillonnée de hachures perpendiculaires, comme tous ceux de sa nation, car elle était Mina. Son œil clair et profond reflétait en même temps l'intelligence et l'énergie. Son col, ses poignets, ornés de colliers et de bracelets en or et en corail, sa chemise brodée, sa robe à quadruple rangée de volants, ses cheveux, coquettement retroussés sur le sommet de la tête et voûtés près des tempes,
Rem parece estranha Mas barbara nâo.
Presença serena, Que a tormenta amansa :
Nella emfim descanca Toda minha pena.
Esta he a captiva Que me têe captivo; E pois nella vivo, He força que viva.
un châle de couleur éclatante jeté négligemment sur son cou et dont les extrémités flottaient derrière ses épaules, composaient, dans un ensemble pittoresque une physionomie tout à la fois grave et remplie de piquantes séductions. Je la trouvai belle, d'une beauté non convenue, mais réelle. Mes compliments la firent sourire.
— Je savais bien que Manoëla te plairait, dit Fruchot. La beauté n'est pas une chose de convention; elle est là où elle est, et en dépit de la couleur. Les Portugais sont assez stupides pour ne point être sensibles à cette vérité éternelle; tant pis pour eux. Quant à moi je déclare n'avoir pas vu à Rio une femme digne d'être comparée à Manoëla; elle est aussi bonne, aussi dé vouée que belle, et je l'aime de toutes mes forces.
— Le senhor n'est que juste ! observa la négresse Mina, avec un accent plein de franchise et de dignité tempérée, qui me donna d'elle la meilleure opinion.
A dater de ce jour, je fus soigné par Fruchot et par Manoëla, comme je l'aurais été par un frère et une sœur dévoués.
Voici, du même coup, l'histoire de la négresse et celle de mon ancien camarade de Charlemagne :
Introduite à l'âge de quatorze ans dans l'Empire, Manoëla fut vendue à un riche propriétaire de Mataporco qui la donna à sa femme. Celle-ci voulut en faire sa mucama.
J'ai signalé ailleurs l'esprit rebelle et le caractère indépendant des noirs de la nation Mina. J'ai dit que leur nature superbe ne saurait s'assouplir assez pour les
exigences du service intérieur. 11 fallut donc renoncer à employer la jeune esclave dans la maison.
La quinta du senhor MadrinMo possédait un verger où bananes, oranges, cajas, pitangas, ananas, figues, etc., croissaient en abondance. On confia un taboleiro à Manoëla, et, chaque matin, elle se rendit à la ville avec ce taboleiro chargé des fruits de la quinta. Le feitor fixait un prix à la marchandise parfumée. Pourvu que la somme indiquée fût versée régulièrement tous les soirs en rentrant, Manoëla était libre de l'emploi de ses journées, et de plus, elle gardait pour elle l'excédant des recettes.
Bientôt, la bonne mine et la gentillesse de la nouvelle quitandeira furent remarquées par les habitués de la rue Direita. Le contenu du taboleiro disparaissait comme par enchantement et de nombreux fregaezes (habitués, pratiques) murmuraient de douces paroles à l'oreille de la négresse.
C'est à partir de ce moment que son cou, ses oreilles, ses doigts se couvrirent de colliers, de pendants et de bagues. C'était à qui chercherait à plaire à la belle esclave.
Le senhor Madrinhao, vieux Portugais avare et quinteux, ne fut pas le dernier à être touché des grâces de la jeune fille. Il lui adressa quelques compliments et essaya de la disposer en sa faveur.
— Donnez-moi la liberté et vous pourrez compter sur ma reconnaissance, répondait invariablement Manoëla, à chaque tentative de son senhor.
Celui-ci trouvait son esclave bien séduisante, sans
doute; mais elle lui rapportait gros, et sa générosité n'était pas à la hauteur de son amour.
Depuis quelque temps, Manoëla paraissait préoccupée. Le frais sourire qui naguère s'étalait si volontiers sur ses lèvres avait disparu. A ces manières engageantes, à ces regards caressants et hardis tout à la fois, dont elle accueillait les freguezes, avait succédé un air de mélancolie, je pourrais dire, de tristesse. Accroupie sur les dalles de la rue, en face de son tabo- ♦leiro, elle ne daignait plus converser bruyamment avec ses compagnes, ni coqueter sous les yeux des senhores charmés. Sa marchandise s'écoulait, il est vrai, mais sans qu'elle se mît en frais d'amabilité et de provocations.
Parfois, cependant, le nuage qui assombrissait son front s'évanouissait tout à coup. Son œil s'illuminait vivement et sa bouche s'épanouissait comme la rose matinale. Un homme venait de s'approcher d'elle pour acheter quelques-uns de ses fruits. Cet homme, dont la figure était trouée comme un crible, opérait subitement, par l'effet de sa présence, une transformation complète dans les traits de la quitandeira. La prunelle de la rapariga ne cessait de se promener sur l'abondante chevelure dorée de l'étranger. Sa voix avait repris, en lui parlant, son timbre caressant et doux. Elle lui présentait les pitangas les plus vermeilles, les frute do conde les plus appétissants. Un charme tout particulier se dégageait de cet homme, et'ses boucles frisées, d'un blond ardent, rouge, — pourquoi reculer devant le mot? — renfermaient pour la négresse un attrait
puissant, irrésistible. Était-ce l'effet du contraste? étaitce la nouveauté, l'étrangeté de cette couleur, inconnue en Afrique et même à Rio?
Qui pourra jamais expliquer raisonnablement les capricieuses évolutions de la passion?
Un jour, le rougeaud s'approcha du taboleiro de Manoëla ; celle-ci lui présenta deux figues précieusement empaquetées dans une demi-feuille de bananier, et les lui laissa pour six vintems K Elle se garda bien de lui avouer qu'elle venait d'en refuser une pataca K
Un autre jour, une jolie pêche, elles sont si rares, les pêches, à Rio ! attirait le regard, au milieu des produits colorés de la quinta. Bien des promeneurs, alléchés par les agaceries du fruit européen, firent des offres pour se l'approprier. Manoëla repoussa toutes les propositions avantageuses qui lui furent adressées.
— Elle est vendue, répondait-elle aux gourmets de la Bourse et de PAlfandega.
Le rougeaud passa devant elle sans s'arrêter. L'air distrait, affairé de cet homme, sa démarche précipitée, frappèrent la quitandeira. Elle l'appela de son timbre le plus harmonieux; mais il poursuivit son chemin, sans répondre à cet appel.
Obéissant à un sentiment invincible, Manoëla prit la pêche dans sa main et se précipita sur les traces du dédaigneux personnage. Elle le rejoignit au moment où il s'engageait dans la petite rue qui conduit à la Douane.