‹ Les femmes, le jeu et le vin (volume 2)Chapitre 2 sur 17 · LA FAMILLE MON LAURENT · texte numérisé non relu

LA FAMILLE MON LAURENT

les ivrognes. Celui-là est employé dans une maison de commerce.

Enfin le troisième fils, qui n'a que vingt ans, se nomme Victorin : c'est une nature maigre et frêle comme son père, mais il y a dans ses yeux quelque chose qui annonce des passions vives, une organisation nerveuse, qui parfois souffre de la contraints qu'il s'impose. Celui-là est chez un banquier. Il parle quelquefois avec feu des gains considérables que des clients ont faits à la bourse. Il ne cache pas son désir de faire aussi une grande fortune. Mais alors son père lui dit d un ton sévère :

— Travaillez beaucoup, a\ez de l'ordre, ne donnez rien au hasard, et alors vous prospérerez. Les grandes fortunes qui se gagnent si vite à la bourse ne durent jamais plus de temps qu'elles n'en ont mis à s'acquérir. Il n'y a de solide que ce qui a coûté du travail et de la peine. Surtout ne jouez jamais! les fortunes les plus belles peuvent s'engloutir au jeu, et on ne plaint jamais celui qui est devenu misérable par ce vice.

A cela le jeune Victorin répondait :

— Je ne joue jamais, mon père, je ne sais même pas tenir une queue de billard.

— Tant mieux, mon fils, le billard est un jeu dangereux qui entraine les jeunes gens à de folles dépenses; il a pris depuis quelque temps une extension

Page 1