‹ Les femmes philosophesChapitre 20 sur 24 · M. de Loménie, Madame de Roche fort, p. 265 à · texte numérisé non relu

M. de Loménie, Madame de Roche fort, p. 265 à

séance du 26 février 1789, n'hésitait pas à glorifier, en éloquence de boudoir, des triomphes de son libertinage au môme titre que de son administration de Gènes ou de sa victoire de Mahon, sous prétexte que tout se tenait dans l'existence de VAlcibiade français^ et qu'on ne pouvait séparer ses vices de ses exploits, sans nuire à la ressemblance de son portrait et à l'unité de son histoire. Nous sommes loin de ce Paris des salons où les princes étaient peuple, et que l'abbé Galiani appelait avec un ironique enthousiasme : « le Café de l'Europe i ». Nous arrivons à des femmes comme la marquise de Gréqui, qui ne fut philosophe que ce qu'il est permis de l'être sans cesser d'être une chrétienne irréprochable. L'esquisse de cette grave et noble iigure de matrone aristocratique, digne, par l'austérité et le bon sens, des jours de Port-Royal, est la transition indiquée pour passer au portrait de celles qui furent non seulement les héroïnes du devoir, mais des martyres de la foi , et donnèrent non seulement leur vie mais leur mort en témoignage à leur vertu.

Renée-Caroline de Froullay, née le 19 octobre 1714, an château de Monfleaux, dans le Bas-Maine, élevée orpheline auprès d'une grand'mère maternelle, veuve en 1741, à vingt-six ans, d'un mari plus estimable qu'aimable, auprès duquel elle n'avait goûté que le bonheur modeste du devoir accompli, voua sa vie à son affection pour son oncle, le bailli de Froullay, qui la méritait, et pour son fils qui n'en était guère digne, et dont le caractère bizarre et les procédés

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