‹ Les femmes philosophesChapitre 7 sur 24 · îbid., p · texte numérisé non relu

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LA MAROUISE DU DRFFAND 155

comprendre au lecteur comment un tel humoriste ne put être d'une entière consolation à M"^ du Deffand, mais exerça sur elle une salutaire influence, l'empocha de tomber du côté où elle penchait, et sans pouvoir lui communiquer la foi qu'il n'avait pas, lui rendit du moins le service d'achever de la dégoûter, en s'en moquant avec elle, de la panacée philosophique. Il la trouvait d'ailleurs sur ce point assez détachée des vanités et des illusions de l'orgueil d'autrefois. L'ennui l'avait rendue plus difficile, et la réflexion l'avait rendue plus modeste. FAlo ne se vantait plus de ses doutes, elle en souflrait; et on ne plaisante pas de ce qui fait soufl^rir. C'est même incontestablement cette bonne foi, ce tact et cotte réserve dans l'incrédulité qui attirèrent la sympathie de Walpole, écœuré de déclamations et d'exagérations, et le rapprochèrent par degrés d'une femme qui jugeait les philosophes, en l'éloignant proportionnellement do M°^<^ Geoff'rin, incapable de les contredire, et bornant toute sa critique à les faire taire quand ils parlaient trop haut. Celle-ci avait eu d'abord toutes ses préférences. Il l'avait connue la première. Elle lui avait plu par son bon sens, et installée à son chevet comme garde-malade, pendant qu'un accès de goutte le clouait au lit, le grondant et le dorlottant à la fois, suivant sa manière de bourrue bienfaisante, elle avait su mériter sa reconnaissance K Pourtant, à mesure qu'il avance dans l'intimité de ^1™*= du Defland, il fait la différence des deux femmes, en etTet si dissemblables ; il a commencé par parler avec assez peu

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