‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 27 sur 99 · CHRYSALE, MARTINE · texte numérisé non relu

CHRYSALE, MARTINE

MARTINE

Me voilà bien chanceuse. Hélas ! Tani dit bien vrai, Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ; Et service d'autrui n'est pas un héritage^.

CHRYSALE

Qu'est-ce donc? Qu'avez-vous, Martine?

MARTINE

Ce que j'ai?

CHRYSALE

Oui.

MARTINE

J'ai que l'on me donne aujourd'hui mon congé, Monsieur.

CHRYSALE

Votre congé ?

MARTINE

Oui. Madame me chasse.

CHRYSALE

.le n'entends pas cela. Comment?

MARTINE

On me menace.

Si je ne sors d'ici, de me bailler ^ cent coups.

1. i^rchaïsme de prononciation pour l'on. On écrivait autrefois I'eiî. « Mangiet cheit eu la mer et si se noya que l'en ne le peut sauver. » {ChrorJque de Aorriiandie.) Dans certaines provinces de l'Ouest, les nasales en et on se confondent dans la prononciation : les paysans disent un poissnn pour un poisson.

2. Lorsque Régnier revint de Rome, où il avait accompagné le cardinal de Jo"euse en qualité de « domestiqw. », il était gueux comme devant. Il se plaigudit « que la fidélité n'est pas grand revenu. » (Sat. II.)

3. Molière, qui se rantait de pouvoir faire jouer des fagots, avait confié C8

CHRYSALE

Non, vous demeurerez : je suis content de vous. Ma femme bien souvent a la tête un peu cliaude; Et je ne veux pas, moi

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