CHRYSALE, MARTINE
MARTINE
Me voilà bien chanceuse. Hélas ! Tani dit bien vrai, Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ; Et service d'autrui n'est pas un héritage^.
CHRYSALE
Qu'est-ce donc? Qu'avez-vous, Martine?
MARTINE
Ce que j'ai?
CHRYSALE
Oui.
MARTINE
J'ai que l'on me donne aujourd'hui mon congé, Monsieur.
CHRYSALE
Votre congé ?
MARTINE
Oui. Madame me chasse.
CHRYSALE
.le n'entends pas cela. Comment?
MARTINE
On me menace.
Si je ne sors d'ici, de me bailler ^ cent coups.
1. i^rchaïsme de prononciation pour l'on. On écrivait autrefois I'eiî. « Mangiet cheit eu la mer et si se noya que l'en ne le peut sauver. » {ChrorJque de Aorriiandie.) Dans certaines provinces de l'Ouest, les nasales en et on se confondent dans la prononciation : les paysans disent un poissnn pour un poisson.
2. Lorsque Régnier revint de Rome, où il avait accompagné le cardinal de Jo"euse en qualité de « domestiqw. », il était gueux comme devant. Il se plaigudit « que la fidélité n'est pas grand revenu. » (Sat. II.)
3. Molière, qui se rantait de pouvoir faire jouer des fagots, avait confié C8
CHRYSALE
Non, vous demeurerez : je suis content de vous. Ma femme bien souvent a la tête un peu cliaude; Et je ne veux pas, moi